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Des Premières Nations satisfaites des interdictions de déplacement dans le nord du Manitoba

Une voiture est arrêtée à un barrage routier.

Depuis de nombreuses semaines, la Nation crie de Norway House, dans le nord du Manitoba, impose un isolement de 14 jours à ceux qui reviennent de l'extérieur.

Photo : Soumise par Ryan Queskekapow

Radio-Canada

Les Premières Nations du nord du Manitoba accueillent favorablement les interdictions de déplacements au-delà du 53e parallèle pour limiter la transmission de la COVID-19 dans cette région.

Cette mesure, en vigueur jusqu’au 1er mai, a été annoncée jeudi par le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin.

Il existe cependant des exceptions pour les personnes qui retournent chez elles et pour la livraison de biens et services.

Le grand chef du regroupement Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO) Garrison Settee.

Garrisson Settee fait partie des premiers leaders de Premières Nations à avoir lancé un appel à des règles strictes de déplacements.

Photo : Radio-Canada

Je suis très content [de ce règlement], dit le grand chef du regroupement de Premières Nations Manitoba Keewatinowi Okimakanak (MKO), Garrison Settee. Cela va minimiser la possibilité que le virus se déplace jusque dans les Premières Nations.

Le MKO représente 26 Premières Nations du nord du Manitoba, dont plusieurs ont déclaré l’état d’urgence au cours des dernières semaines.

Je pense que c’est une très bonne idée, renchérit le chef de la Nation crie de Nisichawayasihk, Marcel Moody. Je faisais justement du lobbying pour cela auprès du MKO.

Le surpeuplement et les problèmes de santé sous-jacents dans les Premières Nations reculées les rendent particulièrement vulnérables à une éclosion de COVID-19, selon lui.

Le chef de la Nation crie de Norway House, Larson Anderson, accueille également positivement cette mesure, même s’il aurait aimé la voir mise en place plus tôt.

Depuis beaucoup de semaines dans sa communauté, les visiteurs sont déjà interdits d’entrée et un isolement de 14 jours est imposé à ceux qui reviennent de l’extérieur. Il n’y a encore aucun cas de COVID-19 au nord du 53e parallèle, dit-il, et cela doit demeurer ainsi.

Des communautés déjà affectées

Avant même les consignes du gouvernement provincial, le MKO avait déjà imposé d'importantes restrictions aux Premières Nations, notamment la fermeture des écoles et l'interdiction de rassemblements de plus de 10 personnes, quand la province les limitait encore à 50 personnes.

Un mois plus tard, Marcel Moody témoigne que, dans sa communauté de 3000 personnes, à 660 km au nord de Winnipeg, l’inquiétude se fait ressentir, à cause du confinement. Les autres leaders et lui tentent, du mieux qu’ils peuvent, de soutenir ceux dont la santé mentale est touchée par la situation.

Malgré tout, il soutient que la plupart des habitants approuvent ces mesures parce qu’elles visent à assurer leur propre sécurité.

L’impact des mesures est considérable pour nos communautés, que ce soit du point de vue culturel, économique et émotionnel.

Marcel Moody, chef de la Nation crie de Nisichawayasihk

Marcel Moody explique qu’à Thompson, à environ 80 km de la Nation Nisichawayasikh, la plupart des petites entreprises des membres de sa communauté, comme les cafés, hôtels, restaurants, sont fermés.

On a perdu des millions et des millions de dollars. Si la situation continue comme ça, on va mettre nos entreprises en danger, affirme Marcel Moody.

Ce serait bien d’avoir un peu plus de financement de la province.

Larson Anderson, chef de la Nation crie de Norway House

Nous faisons tout à partir de l’argent du fédéral, mais nous offrons des services également aux gens qui ne font pas partie de la réserve, qui vivent près de nos communautés, ajoute Larson Anderson.

Avec les informations de Bryce Hoye

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