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La COVID-19 malmène les relations de travail à la STM

Le président du syndicat des employés d'entretien écope d'une suspension de 25 jours, sa deuxième en 2020.

Une pancarte sur la porte avant d'un autobus demande aux usagers d'« utiliser les portes arrière ».

Les chauffeurs d'autobus de Montréal ne permettent plus depuis un bon moment aux usagers de monter par la porte de devant. De fait, le titre de transport de ceux-ci n'est plus systématiquement contrôlé.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

La pandémie de coronavirus fait grimper la tension dans les garages et les ateliers de la Société de transport de Montréal (STM).

Le président du syndicat des 2500 employés d'entretien Gleason Frenette, qui militait pour que la direction mette en place des mesures plus fortes pour protéger son personnel, vient d'être suspendu pour insubordination, a confirmé la STM jeudi.

Dans son communiqué, la direction reconnaît le droit [de M. Frenette] d’exercer ses activités syndicales dans le respect de la convention collective en vigueur et des encadrements existants, mais elle précise qu'elle a une politique de tolérance zéro en ce qui concerne l’intimidation ou la violence verbale envers ses employés.

Gleason Frenette écope d'une suspension de 25 jours, sa deuxième en quatre mois.

Ce n'est pas la première fois que le syndicaliste est puni de la sorte. Il avait déjà reçu des avertissements écrits et une suspension de 10 jours en janvier dernier.

M. Frenette en entrevue par vidéoconférence

Gleason Frenette estime que la STM n'en fait pas assez pour protéger ses employés du nouveau coronavirus.

Photo : Radio-Canada

Le transport collectif, un vecteur de transmission?

Sur le fond, Gleason Frenette reproche à la STM de manquer à ses devoirs en ne protégeant pas adéquatement ses employés contre la COVID-19, car elle n’applique pas suffisamment de mesures de distanciation sociale sur les lieux de travail.

Il signale que la STM fait face à un fort absentéisme : Il y a des places où il manque au-dessus de 40 % du personnel. On a du monde qui a été retiré pour maladies chroniques, maladies auto-immunes, du monde qui est en quarantaine parce que les gens ont été testés, d'autres qui sont déclarés positifs, dit-il.

M. Frenette soutient par exemple que le manque d’entretien dans les autobus représente un danger potentiel pour les chauffeurs. Jusqu'à la semaine passée, les sièges des chauffeurs, même lorsque c'était un chauffeur contaminé diagnostiqué avec la COVID-19, ils n’étaient même pas nettoyés parce qu'on n'avait pas de procédure pour cela, ajoute-t-il.

Le leader syndical soutient que la STM ne procède pas au nettoyage de ses véhicules comme il le faudrait en pleine pandémie du nouveau coronavirus. À plusieurs endroits, les fins de semaine, on n'a même pas le personnel pour nettoyer. Dans la semaine, on a beaucoup de personnel manquant. Une entente est en train d'être signée avec les employés de bureau qui sont à la maison et rémunérés. Ils [les patrons] voudraient les emmener sur des équipes de désinfection, déclare-t-il.

La STM dit suivre les recommandations

La direction rejette ces allégations et assure qu’elle suit la majorité des recommandations de l’Institut national de santé publique du Québec. Les rares exceptions s’expliquent par la nature même du travail des employés ou alors l’organisation de leur milieu de travail, affirme Philippe Déry, conseiller corporatif aux Affaires publiques de la STM.

Le porte-parole mentionne que l’ensemble du parc de bus est nettoyé en une journée et demie depuis le début de cette crise sanitaire.

Nous prenons chaque cas d’employé atteint de la COVID-19 très au sérieux et nous suivons les recommandations de la santé publique pour la gestion de chaque cas confirmé [désinfection, isolement préventif, communication avec employés en contact, etc.], précise-t-il.

Le porte-parole reconnaît toutefois que la STM fait face à un taux d’absentéisme plus élevé en raison du contexte actuel. C’est une situation complexe et des solutions sont déjà en place ou le seront bientôt : nous avons notamment rappelé des étudiants pour venir nous prêter main-forte et nous sommes en négociation avec d’autres groupes d’employés également, dit-il.

La direction admet toutefois qu'en date de mercredi, 37 de ses 11 000 employés avaient été infectés par la COVID-19. Environ 20 % de son personnel est absent, alors que ce taux oscille autour de 8 % en temps normal.

La STM insiste : si vous présentez des symptômes de COVID-19, évitez de prendre les transports en commun.

Les membres du syndicat présidé par M. Frenette ont réagi fortement, jeudi, à l'annonce de sa suspension. Elle a été suivie d'une série de grèves spontanées dans les neuf garages d'autobus de la STM et dans ses deux ateliers d'entretien du métro.

Les rares Montréalais à encore sortir de chez eux n'en ont toutefois pas eu vent. Les débrayages, que la STM a qualifiés d'illégaux, n'ont pas été suivis par les chauffeurs d'autobus et par les opérateurs du métro, même si le président de leur syndicat réclamait lui aussi des mesures plus strictes, la semaine dernière, pour faire respecter la distanciation sociale.

Avec la collaboration de Jean-Sébastien Cloutier

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