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Le recours aux proches aidants dans les CHSLD repoussé à Montréal

Valérie Plante assise à bonne distance de Mylène Drouin.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, en compagnie de la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, lors de leur conférence de presse jeudi après-midi au sujet de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Le recours aux proches aidants dans les CHSLD de Montréal afin de prodiguer des soins aux résidents ne s’effectuera pas avant quelques jours.

Le premier ministre François Legault a autorisé mardi certains proches aidants à revenir dans les CHSLD pour s'occuper d'une personne avec laquelle ils ont un lien. Cette mesure devait débuter jeudi, mais la directrice régionale de santé publique de Montréal a annoncé que cette aide devra attendre.

La Dre Mylène Drouin a affirmé en conférence de presse que les autorités sanitaires ont d’autres priorités en ce moment, comme l'intégration du nouveau personnel provenant d’autres établissements du réseau de la santé, notamment des médecins, infirmières et préposés aux bénéficiaires.

Ceux-ci doivent d'abord être formés avant d'être en mesure de donner des soins, a-t-elle expliqué. Et cette opération exige une logistique très importante aux établissements.

Une fois cette première intégration réussie, la Dre Drouin assure que les CHSLD auront recours aux proches aidants. Elle mentionne qu’un horaire sera mis en place et comprendra des séances de formation afin de « coordonner minutieusement » leur arrivée.

La directrice régionale de santé publique rappelle que Montréal demeure l’épicentre de la pandémie au pays : 75 % des CHSLD de Montréal et 23 % des résidences pour personnes âgées (RPA) sont touchés par la COVID-19. Cette situation requiert des précautions particulières pour mener l'opération de manière sécuritaire.

Dans cette préparation, cela nécessite que ces gens soient formés, qu’on ait le matériel [de protection], que le consentement soit bien éclairé [...] et qu’on fasse une analyse de risque de chaque établissement pour voir si les conditions permettent une intégration sécuritaire, et toute cette préparation peut expliquer le délai supplémentaire, a-t-elle précisé.

Toutefois, la Dre Drouin a prévenu qu’il existe beaucoup de « zones chaudes », où il y a des éclosions de COVID-19, dans les établissements à Montréal, ce qui signifie que l'accès des proches aidants y sera limité.

Par contre, les CHSLD où la situation est contrôlée, c'est-à-dire où il y a des « zones froides », seront en mesure d’intégrer progressivement les aidants naturels, a-t-elle spécifié.

Le plus récent bilan

Selon la Dre Drouin, le plus récent bilan de l’épidémie sur l’île de Montréal dénombre 332 décès et 7281 cas confirmés. On compte 451 nouveaux cas déclarés, y compris plus de 200 cas dits de « rattrapage ».

Ce sont des cas par lien qu’on appelle épidémiologique, a-t-elle expliqué. Ces personnes ont été en contact étroit avec des gens qui avaient développé des symptômes de la COVID-19 et avaient été testés. Elles ont donc été isolées de manière préventive, mais n’ont pas eu à être testées à leur tour. Elles n’avaient donc pas été intégrées dans les bilans initiaux.

À l'avenir, ces cas seront comptablisés : On en a plus de 600. Donc, c’est clair que la courbe va sembler augmenter beaucoup, mais les nouveaux cas quotidiens vraiment récents, on demeure dans un plateau. On continue à être très confiants que nous avons atteint le sommet de la courbe épidémique.

À propos des 332 décès enregistrés au total, 90 morts se sont ajoutés au cours de la dernière journée. La directrice de santé publique signale qu’il s’agit d’une correction, puisque plusieurs résidences pour personnes âgées et CHSLD ne transmettaient pas de façon régulière le nombre de personnes décédées.

Aussi, on dénombre 76 nouvelles admissions à l’urgence hier, dont 6 aux soins intensifs. On ne peut pas dire encore qu’on a une baisse au niveau des hospitalisations, soutient-elle.

La Dre Drouin mentionne au passage que 25 % des cas se retrouvent dans la tranche d’âge de 70 ans et plus, et que 82 CHSLD et RPA sont touchés par le nouveau coronavirus.

La Dre Drouin a indiqué que la Direction de la santé publique et la Ville de Montréal ont mis en place un système d’appels automatisés pour rejoindre les aînés qui seraient plus vulnérables afin de les soutenir et de les orienter vers les ressources appropriées.

Ils sont invités à faire part de leurs besoins en médicaments, nourriture, ou encore d’un problème de santé particulier. Pour ce faire, il leur suffit de composer le 211. Jusqu’à maintenant, 5000 personnes âgées ont été contactées et l’opération a « bien fonctionné », selon la Dre Drouin.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a voulu rassurer les personnes âgées en confirmant que cela constitue des appels sécuritaires et que ce n’est « pas de la fraude ».

L’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (717 cas) est l’endroit où l'on dénombre le plus de personnes infectées sur l’île, suivi par Ahuntsic–Cartierville (481 cas), Montréal-Nord (443 cas) et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (429 cas).

De l'aide pour les taxis

Mme Plante a aussi annoncé le versement d’une enveloppe de 260 000 $ au Bureau du taxi de Montréal afin de donner à l’industrie la possibilité de s’adapter à la nouvelle conjoncture.

Cette somme permettra notamment l’installation de cloisons protectrices entre le chauffeur et le client, tout comme l’achat de produits sanitaires pour le conducteur et les passagers.

Mme Plante appuie également l’idée du Bureau du taxi visant à installer un lave-auto écologique mobile à vapeur sèche qui pourra être utilisé par tous les véhicules de taxi pour garantir une décontamination.

C’est important pour nous de soutenir l’industrie du taxi, parce que parmi les différents moyens de mobilité qui sont à la disposition de la population, bien sûr on parle du transport collectif, ça peut être également les BIXI, mais il y a les taxis et on veut s’assurer qu’autant au niveau des travailleurs que de la population, cela soit sécuritaire, affirme-t-elle.

Concernant les parcs de la ville, la mairesse Plante a dit que la situation est somme toute sous contrôle. Toutefois, elle encourage les gens à se rendre dans leur parc local pour prendre un bol d’air frais afin de restreindre les déplacements non essentiels et de réduire la contagion potentielle.

Par ailleurs, les jardins communautaires feront l’objet sous peu d’une annonce à propos de leur réouverture, mais avec des mises en garde. On juge que c’est quand même un service qui touche la sécurité alimentaire, a déclaré la Dre Drouin.

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