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Certains États peuvent relancer leur économie dès vendredi, dit Trump

Donald Trump parle en conférence de presse.

Le président Donald Trump lors de la conférence de presse du 16 avril 2020 au sujet du coronavirus.

Photo : Reuters / Leah Millis

Radio-Canada

Les États américains où la propagation du coronavirus est maîtrisée depuis au moins 14 jours peuvent relancer leurs activités économiques dès vendredi, a dit Donald Trump au moment de présenter l'approche de son administration pour rouvrir l'économie.

Estimant que les États-Unis ont passé le pic des nouveaux cas recensés de coronavirus, le président a présenté jeudi un plan en trois phases que les gouverneurs sont invités à suivre pour relancer leur économie.

Quand vous regardez le Montana, le Wyoming, le Dakota du Nord, des États relativement épargnés par la pandémie, c'est très différent de New York, c'est très différent du New Jersey, les plus touchés, a relevé le président lors de la conférence de presse quotidienne de la Maison-Blanche.

Certains États pourront rouvrir littéralement dès demain, selon nos critères.

Une citation de :Donald Trump, président des États-Unis

Pour enclencher la réouverture, les États doivent d'abord enregistrer une diminution du nombre de nouveaux cas de COVID-19 depuis 14 jours. Ils devront aussi réaliser des tests à grande échelle et retracer les contacts des gens déclarés positifs. Il faudra également qu'ils s'assurent de protéger les plus vulnérables, qui devront demeurer confinés.

Le président américain a ainsi spécifié que malgré le plan de réouverture, la population était toujours appelée à respecter les mesures de distanciation sociale et à ne pas se rendre au travail en cas de symptômes de la COVID-19.

Quelles sont les trois phases de réouverture?

Au cours de la première phase, les rassemblements de plus de 10 personnes devront être évités si le respect des mesures de distanciation sociale est impossible. Les déplacements non essentiels doivent aussi être limités, et le télétravail encouragé. Les écoles resteront fermées, mais d'autres lieux comme les restaurants, les cinémas et les stades pourront ouvrir en respectant des « protocoles de stricte distanciation physique ». Les bars devront rester fermés.

Durant la deuxième phase, que pourront engager les États ou régions qui ne présentent pas de rebond du nombre de cas, les déplacements non essentiels seront autorisés et les établissements scolaires pourront rouvrir. Les rassemblements de plus de 50 personnes devront être évités si le respect des mesures de distanciation sociale est impossible.

Enfin, la troisième phase prévoit la levée des restrictions concernant les lieux de travail.

Dans le Midwest, les gouverneurs du Michigan (29 263 cas), de l'Ohio (8414 cas), du Wisconsin (3875 cas), du Minnesota (1912 cas), de l'Illinois (25 733 cas), de l'Indiana (9542 cas) et du Kentucky (2429 cas) ont annoncé jeudi qu'ils allaient, dans un effort de coordination bipartite, travailler ensemble pour rouvrir l'économie de la région. Aucune date de réouverture n'a toutefois été spécifiée.

Nos décisions seront basées sur les faits, la science et les recommandations des experts du milieu de la santé, des affaires, du travail et de l'éducation, a affirmé la gouverneure démocrate du Michigan, Gretchen Whitmer, dans un communiqué conjoint avec les autres gouverneurs.

Plus tôt cette semaine, d'autres États avaient déjà annoncé la mise sur pied de tels groupes de concertation régionaux.

Plusieurs États ont pour leur part signalé jeudi qu'ils reconduisaient les restrictions actuelles au moins jusqu'au 15 mai. C'est le cas de l'État de New York.

Des lits d'hôpital se trouvent sur un trottoir, des patients s'y font traiter par du personnel en habit de protection.

Des médecins soignent des patients à l'extérieur d'un hôpital, à Brooklyn, en raison d'un trop grand afflux de personnes infectées par la COVID-19.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Ce dernier, qui est le plus durement touché par la crise jusqu'à présent, cumule près du tiers des 677 000 cas recensés dans tout le pays. On y dénombrait plus de 16 000 morts en fin de journée jeudi.

Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé de la planète par la COVID-19. Ils enregistraient plus de 34 580 morts jeudi. Il s'agit de 2137 décès de plus que la veille.

Mercredi, les autorités recensaient 2618 décès en 24 heures seulement. Ces derniers jours ont donné lieu aux bilans quotidiens les plus lourds depuis le début de la crise.

Changement de ton

Donald Trump a assuré qu'il reviendra aux gouverneurs de chaque État de décider quand et comment la reprise économique se concrétisera. Ce sera votre propre décision.

Nous serons à vos côtés, et nous allons rouvrir le pays et le remettre au travail. Les gens veulent travailler, a-t-il notamment dit lors d'une réunion téléphonique au cours de l'après-midi.

La première économie mondiale est paralysée par la COVID-19 depuis environ un mois. Jusqu'à maintenant, plus de 22 millions de personnes ont fait une demande de prestations d'assurance-emploi après avoir perdu leur travail ou subi une baisse radicale de leurs activités en raison de la pandémie.

Donald Trump, qui brigue un second mandat à la Maison-Blanche et a fait de la bonne santé de l'économie l'un de ses principaux arguments de campagne, n'a jamais caché son intention de redémarrer sans tarder les entreprises du pays.

Mais le ton qu'il a employé jeudi tranche avec celui des derniers jours. Donald Trump affirmait alors que le président des États-Unis dispose d'une autorité totale sur les États afin de décider du moment opportun pour rouvrir l'économie.

Des milliers d'Américains ont par ailleurs manifesté contre les mesures de restrictions ces derniers jours, à plusieurs endroits du pays. Ils demandent aux gouverneurs la réouverture des commerces. Cela a notamment été le cas au Michigan, en Ohio, en Caroline du Nord et au Kentucky.

D'autres manifestations sont prévues au Texas, en Oregon et en Californie, par exemple.

Des gens manifestent.

À Lansing, au Michigan, des milliers de manifestants, dont plusieurs en voiture, ont bloqué les rues entourant le Capitole de l'État. Certains étaient armés, d'autres brandissaient des affiches favorables à Donald Trump, lui enjoignant de rouvrir l'économie au plus vite.

Photo : afp via getty images / Jeff Kowalsky

Vers une réouverture de la frontière canado-américaine?

Le président a soutenu mercredi que la frontière entre les États-Unis et le Canada pourrait être rouverte à la circulation dans un avenir rapproché, un discours qui ne s'accorde pas avec celui des autorités canadiennes.

Le Canada s'en tire bien, nous nous en tirons bien, donc on verra, mais à un moment donné, c'est ce que nous allons faire, a indiqué Donald Trump.

Pendant son point de presse quotidien, jeudi, le premier ministre Justin Trudeau a plutôt soutenu qu'il faudrait attendre encore bien des semaines avant la réouverture complète de la frontière, qui est fermée aux déplacements non essentiels depuis plus de trois semaines.

La plupart des pays dans le monde ont restreint les voyages, et le Canada et les États-Unis ne font pas exception.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

La vice-première ministre Chrystia Freeland s'est pour sa part montrée plus directe en affirmant que la réouverture des frontières du Canada serait une décision prise par les Canadiens.

Les États-Unis et le Canada partagent la plus longue frontière terrestre du monde. L'entente qui encadre sa fermeture arrive à échéance d'ici cinq jours, soit le 21 avril.

Fonds d'urgence pour les PME épuisé

Pour continuer à payer leurs employés malgré une activité en forte baisse, voire désormais inexistante, les petites et moyennes entreprises du pays peuvent, depuis deux semaines, emprunter de l'argent, dans le cadre du gigantesque plan de soutien américain à l'économie.

Or, les 349 milliards de dollars américains que contient le fonds d'urgence sont déjà épuisés, selon l'agence chargée des PME.

L'administration Trump négocie actuellement une extension de ce financement d'urgence avec le Congrès, mais les démocrates bloquent le processus dans l'espoir d'y inclure des aides pour les hôpitaux. Aucune entente n'a pu être conclue jeudi.

Plusieurs grandes banques ont annoncé qu'elles continueraient à enregistrer les demandes des PME en attendant que le Congrès aboutisse à un accord.

La Réserve fédérale américaine (Fed) a pour sa part annoncé jeudi qu'elle était désormais prête à fournir des liquidités aux banques afin de renforcer leur capacité à prêter aux PME.

Avec les informations de Agence France-Presse, CNN, New York Times, et Reuters

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