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Soixante morts sur un bateau de Rohingyas dérivant dans le golfe du Bengale

De nombreuses personnes entassées à bord d'un bateau.

Un bateau transportant des migrants présumés de l'ethnie rohingya dans les eaux territoriales malaisiennes, à Langkawi, en Malaisie, le 5 avril 2020.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Une soixantaine de Rohingyas sont morts sur un bateau transportant des centaines de réfugiés affamés, refoulés dans le golfe du Bengale où ils ont dérivé pendant deux mois, ont rapporté jeudi à l'AFP deux rescapés.

L'errance en mer d'un chalutier surchargé s'est transformée en enfer au milieu de l'eau, selon le récit de deux Rohingyas survivants. L'embarcation tentait de faire passer des membres de cette communauté paria en Thaïlande et en Malaisie, mais elle a été repoussée. Elle a finalement été secourue mercredi soir par les gardes-côtes bangladais.

Il y avait plus de 500 personnes à bord, serrées les unes contre les autres. Au moins 60 d'entre nous sont morts sur le bateau. Nous avons dit des prières funéraires pour elles et avons mis leurs corps à la mer, a raconté à l'AFP Anwarul Islam, un rescapé.

Nous n'avions presque pas de nourriture, d'eau potable et de médicaments, a-t-il ajouté. Le capitaine a tenté de violer l'une de nos femmes et une rixe a éclaté. Nous l'avons tué dans la bagarre et l'avons jeté à la mer.

Misère et exil

Près d'un million de Rohingyas vivent dans une misère noire dans d'immenses camps de réfugiés du sud du Bangladesh, après avoir fui des violences en Birmanie voisine, pays à majorité bouddhiste où cette minorité musulmane est persécutée depuis des décennies.

Chaque année, des milliers de Rohingyas tentent, depuis le Bangladesh ou la Birmanie, de fuir par la mer vers des pays d'Asie du Sud-Est à bord d'embarcations précaires et bondées, dans l'espoir d'une vie meilleure. Beaucoup d'entre eux souhaitent rejoindre la Malaisie, nation à majorité musulmane où se trouve une importante diaspora rohingya.

Selon un autre survivant, Anwar Alam, le calvaire à bord du bateau a duré deux mois et 18 jours : Nous sommes entrés trois fois [dans les eaux de] Malaisie, mais ils ne nous ont pas laissé passer. Beaucoup d'entre nous sont morts dans la chaleur. Il y avait trop de personnes à bord, principalement des femmes et enfants, a-t-il dit à l'AFP.

Contactée, l'agence maritime malaisienne n'a pas souhaité faire de commentaire.

Le Bangladesh a secouru mercredi soir le chalutier au large de ses côtes. Près de 400 passagers émaciés se trouvaient à bord, dont 250 femmes et enfants. Ils étaient affamés, a déclaré à l'AFP Shah Zia Rahman, lieutenant des gardes-côtes.

Se basant sur le récit d'autres survivants, les autorités bangladaises avancent pour leur part le chiffre de 32 morts lors de ce périple. Seule une petite partie des passagers détenait une carte de réfugié du Bangladesh, la majorité des personnes à bord avaient embarqué depuis l'État de Rakhine de Birmanie, a précisé Shah Zia Rahman.

Les rescapés ont été pris en charge par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU. Amnistie internationale a dénoncé l'indifférence cruelle des autres gouvernements quant au sort des Rohingyas fuyant les persécutions en Birmanie.

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