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COVID-19 : des avocats manitobains s'indignent de l'isolement en cellule de mineurs

Un détenu regarde par une fenêtre avec des barreaux dans une prison.

Hillarie Tasche soutient que cet isolement en cellule viole la section 12 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Photo : Getty Images / Peter Macdiarmid

Radio-Canada

Des avocats tirent la sonnette d’alarme sur les 14 jours d’isolement dans des cellules de détention auxquels doivent se soumettre les jeunes impliqués dans des affaires criminelles, en attendant de savoir s'ils obtiendront la liberté sous caution.

Depuis le 2 avril, le ministère de la Justice du Manitoba garde en isolement ces jeunes dans les cellules pour adultes du Centre de détention provisoire de Winnipeg. Il soutient que cet isolement a pour but de garder la COVID-19 en dehors des prisons manitobaines.

Hillarie Tasche, qui est avocate de la défense au Regency Community Law Center, une branche de l’aide juridique du Manitoba, voudrait que les jeunes soient placés au Centre manitobain pour la jeunesse pendant cette période.

Les jeunes passent 23 heures par jour enfermés dans une chambre. Ils peuvent sortir seulement une heure par jour, raconte Hillarie Tasche, qui s’est occupée jusqu’à présent de trois mineurs en isolement au Centre de détention provisoire.

Ces jeunes sont présumés innocents jusqu’à preuve du contraire, ajoute-t-elle. Si, pendant ce temps, ils sont détenus en attendant de passer devant un juge, leur liberté sous caution ne devrait pas être utilisée comme mesure punitive. L’isolement non plus, affirme Hillarie Tasche.

Même son de cloche pour l’avocat de la défense Saul Simmonds, qui travaille avec des jeunes faisant face à des accusations graves. S’il reconnaît que les mesures actuelles sont inhabituelles, il pense que les jeunes ne devraient pas être détenus au Centre de détention provisoire de Winnipeg.

Si le gouvernement trouve des hôtels pour loger des gens qui arrivent au pays [en raison de la crise de la COVID-19] à ce point-ci, ils devraient pouvoir trouver d’autres endroits [pour les jeunes accusés], dit-il.

Pourquoi ne pourrait-on pas créer des unités d’isolement pour les jeunes? Je ne comprends pas.

Saul Simmonds, avocat de la défense

Un porte-parole du ministère de la Justice a indiqué que tous les jeunes avaient accès à du soutien psychologique. Deux employés du Centre manitobain pour la jeunesse sont également présents et à leur disposition 24 heures sur 24, selon Saul Simmonds.

Violation de la loi internationale

L’isolement et la ségrégation des jeunes sont interdits par de nombreux accords internationaux dont le Canada est signataire, notamment la Convention internationale des droits de l'enfant des Nations unies.

Lundi, la directrice administrative de l’UNICEF, Henrietta Fore, a lancé un appel partout dans le monde au sujet des jeunes détenus. Placer un enfant en isolement cellulaire, quelle qu'en soit la raison, est interdit par la loi internationale, a-t-elle rappelé.

Selon le rapporteur spécial chargé d'examiner la question de la torture pour les Nations unies, Juan E. Méndez, l'isolement cellulaire se définit comme étant toute façon d'isoler un détenu des autres personnes, à l'exception des gardiens, pendant au moins 22 heures par jour.

Avec les informations d'Austin Grabish

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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