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Une saison de pêche perturbée, le ministre André Lamontagne fait le point

Une corde d'amarrage autour d'une borne de quai

Le quai de Baie-Trinité

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Le ministre de l’Agriculture des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne surveille de près l’évolution de la situation dans le secteur des pêches.

Chaque semaine depuis le début de la crise qui perturbe un grand nombre d’entreprises, de commerces et des restaurants du pays, le ministre Lamontagne tient une téléconférence avec divers représentants de la filière. Tout le monde y est : pêcheurs, transformateurs, aquaculteurs, mariculteurs.

Débuts de saison incertains, marchés d’exportation vacillants, prix à la baisse, inquiétudes sanitaires dans les usines et sur les bateaux, les sujets de discussions ne manquent pas.

Le ministre indique qu’il s’entretient aussi hebdomadairement avec ses homologues des autres provinces ainsi qu’avec la ministre fédérale des Pêches et des Océans, Bernadette Jordan.

Le coronavirus est venu bouleverser une industrie dont l’horizon s’annonçait en janvier presque sans nuages.

André Lamontagne parle devant les caméras

Le ministre de l'Agriculture, André Lamontagne.

Photo : Radio-Canada

Lors de la réunion de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, à la fin janvier, les mesures de protection de la baleine noire de l’Atlantique étaient le sujet de préoccupation le plus important. Rien n’indiquait que ce serait une créature microscopique qui provoquerait des bouleversements comme l’industrie n’en avait pas connu depuis l’imposition du moratoire sur la pêche au poisson de fond.

La reprise des activités de pêche dans les régions de l’Est-du-Québec est devenue un parcours parsemé d’embûches et d’incertitudes semées par le coronavirus.

Pêche au crabe

Si la pêche au crabe a pu être lancée dans la zone 17 le 26 mars dernier, la pêche dans la zone 12, la plus importante du golfe a été retardée au 24 avril.

Tiraillée entre les provinces de l’Atlantique, dont le Nouveau-Brunswick, qui souhaitaient un début de saison aux premiers jours de mai, et le Québec où les pêcheurs s’étaient préparés à une ouverture aux premiers jours d’avril, la ministre Jordan a tranché.

Le ministre Lamontagne s’est dit déçu que la ministre ait fait si peu de cas des revendications du Québec, dans le cadre d’une situation qu’il juge exceptionnelle. Avec tout l’enjeu de la baleine noire, on avait une demande de partir plus tôt. Cette année, on anticipait cette possibilité, les gens étaient prêts , souligne André Lamontagne.

Ottawa aussi reporté jusqu’au 1er mai l'ouverture de la saison sur la Côte-Nord pour les zones de pêche du crabe des neiges 12c, 15, 16 et 16a dans le golfe du Saint-Laurent.

Pêche au homard

Les homardiers ne souhaitent pas partir en mer alors que les marchés d’exportation sont aux abonnés absents, que le homard pêché cet hiver à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse, qui n’a pas trouvé preneurs sur le marché asiatique, est encore dans les viviers des poissonneries. Le prix est à l’avenant et loin de celui escompté par les pêcheurs.

Les homardiers ont demandé un report.

Il s’agit d’un véritable casse-tête, commente le ministre. Il ajoute que plusieurs, notamment aux Îles, s’inquiètent pour la santé des travailleurs de l’industrie. C’est ce qui devrait primé, mais en même temps les gens sont bien conscients à quel point c’est le moteur économique. Il y a cette espèce d’ambiguïté liée à la situation exceptionnelle que nous vivons.

Des pêcheurs qui rangent des casiers à homard

Un travailleur prépare des casiers pour la pêche au homard.

Photo : Radio-Canada

Pour le moment, la date de départ prévue pour les zones 19 et 21 est le 6 mai. Les 325 homardiers des Îles, dans la zone 22, pourraient partir le 9 mai plutôt que le 6 mai indique le ministre Lamontagne. Si ces dates étaient confirmées, le début de la pêche au homard serait comparable aux dernières saisons.

Toutefois, les revendications des homardiers des Îles et de la Gaspésie trouvent un écho auprès des transformateurs de homard des provinces maritimes qui s’inquiètent pour la sécurité de leur main-d’oeuvre. Ces derniers demandaient un report de deux semaines.

Il n’y a encore aucune date fixée pour les zones de pêche 15, 16,17 et 18 de la Côte-Nord et la Basse-Côte-Nord.

Pêche à la crevette

Théoriquement la pêche à la crevette est commencée. Par contre, les dernières nouvelles que j’ai, c’est que les gens n’ont pas encore décidé d’envoyer des bateaux pêcher. Ils veulent attendre pour des questions de prix, question de savoir où ils s’en vont.

Contrairement à la pêche au crabe ou à la pêche au homard qui durent une dizaine de semaines par saison, la pêche à la crevette s’étend jusqu’en novembre.

Les pêcheurs peuvent donc attendre des conditions plus favorables et la réouverture des marchés, notamment européens. On espère, dit le ministre, avoir des signaux. On espère aussi que d’un point de vue de la santé que cela va évoluer favorablement au cours des prochaines semaines. Mais là, il y a plusieurs variables qui font en sorte que les gens ne partent pas pêcher.

Marché local

Environ 80 % des produits de la pêche sont destinés au marché d’exportation.

L’initiative du Panier bleu pourra aider, croit le ministre, de même qu’un projet de commercialisation des produits marins piloté par l’AQIP. Il y a beaucoup d’initiatives à venir qui visent à conscientiser et à sensibiliser davantage tous les consommateurs à l’importance d’acheter québécois. Les produits de la mer font partie de cette chaîne-là, ajoute M. Lamontagne.

Prévention contre la COVID-19

Par ailleurs, le ministre assure que l’industrie est capable de fonctionner tout en évitant la propagation du coronavirus. Il y a, dit-il, des protocoles clairs tant dans les usines que sur les bateaux qui ont été développés avec la santé publique et la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).

Malgré ces mesures, l’usine de transformation de produits marins E. Gagnon et fils a fermé temporairement ses portes la semaine à la suite de la contamination de quatre employés.

Travailleurs de l'usine de transformation du crabe des neiges

Usine de transformation du crabe des neiges de E. Gagnon

Photo : Radio-Canada

L’usine aurait pu demeurer ouverte, selon les recommandations de la Santé publique. Ce que je dis aux industriels, explique le ministre, c’est que je vous encourage à laver plus blanc que blanc. C’est ce qui se passe chez E. Gagnon, c’est ce qui se passe partout sur le territoire. Il faut tout faire pour qu’il y en ait le moins possible de ces cas-là.

Sur les bateaux, le nombre de personnes à bord a été limité. Les observateurs en mer, notamment, ne seront pas de la partie cette saison.

Les rotations des équipages seront limitées. Les interactions sur le quai devront aussi être réduites. Il y a un ensemble de directives pour amenuiser au maximum les possibilités de propagation du virus dans un contexte de service essentiel et dans un contexte de la réalité d’un bateau et d’arriver à quai, assure le ministre.

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