•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Canadiens se sont déplacés beaucoup moins depuis le début de la pandémie

Des données de géolocalisation montrent les endroits où la moyenne de distance de déplacement a diminué depuis janvier.

Carte du Canada

En vert, on voit les régions où la distance moyenne de déplacement a diminué en mars. En rouge et en rose, on voit les endroits où la distance moyenne a augmenté.

Photo : Drako Media

Les Canadiens ont diminué de façon significative leurs déplacements depuis le début du mois de mars, montrent des données géolocalisées obtenues par Radio-Canada. Voyez à quels endroits les Canadiens ont réduit leurs mouvements depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Les données proviennent de Drako Media, une entreprise montréalaise spécialisée dans le marketing mobile. Celle-ci a accès aux données de 4,5 millions utilisateurs de téléphones cellulaires à travers le pays. Elle a choisi de les rendre publiques dans l'espoir d'aider les autorités à voir si les Canadiens respectent ou non les consignes de rester le plus possible à la maison afin de réduire les risques de propager le virus.

L’entreprise a comparé la distance moyenne parcourue (en auto, vélo ou à pied) par ces millions d’utilisateurs de téléphone mobile à différentes dates en janvier, février, mars et en avril.

Afin de comparer la situation dans différentes villes canadiennes, la variation entre la distance moyenne de déplacement avant et après le début de la pandémie a été calculée. Les données ont été géolocalisées en fonction du code postal de l'utilisateur du téléphone.

D’où viennent ces données et quel risque pour la vie privée?

Les données de géolocalisation sont récoltées à partir d’applications (jeux, météo, etc.) et seulement si un utilisateur autorise la géolocalisation.

Le président de l'entreprise, Laurent Elkaim, précise qu’il est impossible de retracer le numéro de téléphone ou le nom de l’utilisateur. « On sait qu’un téléphone s’est déplacé d’un endroit à l’autre, mais les données sont anonymes. »

« Nous sommes très loin des applications utilisées en Europe et en Asie qui peuvent tracer tous les mouvements d’un individu », explique Laurent Elkaim.

Les distances moyennes de déplacement des utilisateurs de téléphones mobiles au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, au Yukon et en Alberta ont été réduites de plus de 50 % depuis le mois de janvier. Dans les autres provinces, les déplacements ont diminué d'au moins 25 %.

Comme on peut le voir dans les graphiques plus bas, toutes les provinces, à l’exception des Territoires-du-Nord-Ouest et du Yukon, ont connu une hausse de la distance moyenne de déplacement au début du mois de mars. C’était alors la semaine de relâche et plusieurs provinces ne faisaient que commencer à imposer des restrictions de déplacements et des mesures de distanciation physique.

Mais dès la semaine suivante, la distance des déplacements a diminué, parfois de façon importante. C’est le cas notamment au Québec et en Ontario, où le nombre de cas de COVID-19 commence à inquiéter les autorités.

Les distances de déplacement dans les Territoires-du-Nord-Ouest ont commencé à baisser seulement vers la mi-mars. Le premier cas dans cette province a d’ailleurs été annoncé le 21 mars et c’est à ce moment que la province a interdit l’entrée dans la province de tous non-résidents. 

Dans toutes les grandes villes du pays – Ottawa, Montréal, Toronto, Calgary, Vancouver – les gens ont réduit de 30, de 40, et voire de 70 % leur distance moyenne de déplacement. Et on peut également observer ce phénomène dans les banlieues avoisinantes.

Parmi les autres grandes villes où la distance moyenne de déplacement a diminué de plus de 60 % entre janvier et mars, on trouve notamment, Boisbriand, Brossard, Kitchener, Markham, Mississauga, Surrey et Hamilton.

À l’opposé, à quelques endroits, la distance moyenne de déplacement en mars était plus élevée qu’en janvier. Parmi les endroits où la distance a augmenté de plus de 10 %, on compte : Perth, Jonquière, Cornwall, Drummondville, Mont-Laurier, Cape Breton, Portage-La Prairie, Moose Jaw et la région du Kootenay.

Au Québec, il y a eu une forte augmentation des distances parcourues dans le coin de Mont-Laurier et de la Réserve faunique La Vérendrye, ainsi qu'à Alma et à Jonquière. À Montréal, la distance moyenne de déplacement a seulement augmenté dans l'arrondissement Ville-Marie et dans la ville de Westmount. Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) est situé à proximité de Westmount.

Carte de la Ville de Montréal

Ville-Marie et de Westmount à Montréal sont les seuls arrondissements de la Ville de Montréal à avoir connu une augmentation de la distance moyenne de déplacement entre janvier et mars.

Photo : Drako Media

C’est aux Îles-de-la-Madeleine, dans le secteur Saint-Louis à Québec, à Boisbriand, à Brossard et à Sainte-Thérèse où les distances moyennes de déplacement ont diminué le plus au Québec (-60 %). Dans l'Ouest-de-l'Île de Montréal, la ville de Dollard-des-Ormeaux et l'arrondissement de Pierrefonds-Roxboro ont également connu des diminutions de plus de 50 % en mars.

En Ontario, la très vaste majorité de la province a vu une diminution d’au moins 10 % des distances moyennes de déplacement en mars. Cette réduction dépasse toutefois les 50 % dans plusieurs quartiers de la grande région de Toronto et d’Ottawa.

En Alberta, on observe des diminutions d'au moins 40 % des distances de déplacement dans la plupart des régions, incluant à Calgary, à Edmonton et à Banff. Seuls quelques endroits ont vu la distance moyenne augmenter, notamment à Athabasca, à Vegreville, à Drayton Valley et à Fort Mackay.

En Saskatchewan, c’est à Regina où la distance moyenne a diminué le plus. En fait, c’est dans le secteur comprenant l’aéroport que la distance moyenne a le plus baissé. À Saskatoon, c’est à Yorktown que la distance moyenne de déplacement a diminué le plus.

Au Manitoba, la grande majorité de la province a vu des diminutions de 30 % des déplacements, à l’exception de quelques villes, comme Thompson, Morden et Portage-La Prairie, où la distance moyenne de déplacement a augmenté de 10 % et plus.

Carte de la région de Vancouver

Toute la grande région de Vancouver a connu une réduction de la distance moyenne de déplacement entre janvier et mars. (Plus le vert est foncé, plus la réduction a été importante.)

Photo : Drako Media

En Colombie-Britannique, presque toute la région du Lower Mainland (Fraser Valley, Vancouver et le Sunshine Coast) a vu la distance moyenne de déplacement diminuer de plus de 35 %, et dans plusieurs cas, plus de 50 %. En fait, c'est seulement à Kitimak, à Nelson, et près de l'aéroport de Vancouver que les distances de déplacement ont légèrement augmenté.

Carte des Maritimes

En vert, on voit les régions des Maritimes où la distance moyenne de déplacement a diminué en mars. En rouge et en rose, on voit les endroits où la distance moyenne a augmenté.

Photo : Drako Media

Dans les Maritimes, la distance moyenne a diminué de façon moins importante qu’ailleurs au pays.

En Nouvelle-Écosse, c’est à Halifax où l’on observe les plus grandes réductions des distances entre janvier et avril (entre 20 et 30 %).

Les données de Drako Media viennent appuyer les données récemment dévoilées par Google, qui montrent un net recul des déplacements des Canadiens dans les commerces, dans le transport en commun et au travail.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !