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Les restaurants cherchent des solutions pour réduire leurs pertes 

Une affiche devant le restaurant Provence Marinaside qui indique qu'il est possible de commander des plats à emporter.

Le restaurant Provence Marinaside a fait le pari de rester ouvert et d'offrir des plats à emporter malgré les pertes de revenus qui sont inévitables en cette période de pandémie.

Photo : Radio-Canada / Christophe Barachet

L’Association des restaurants et de l’alimentation de la Colombie-Britannique (BCRFA) estime que la majorité des restaurants de la province ne survivront pas à la crise de la COVID-19, malgré la tendance des plats à emporter et à livrer qui contribue à sauver les meubles.

Ian Tostenson, PDG de l''association, croit que seuls 10 à 25 % des 15 000 restaurants se relèveront du ralentissement provoqué par la pandémie du coronavirus.

Le plus gros problème que nous ayons en ce moment, c'est juste l'argent et les coûts d'exploitation pour garder un local vide et ensuite payer les impôts fonciers, le loyer et les coûts fixes, explique Ian Tostenson. Il suggère que Victoria s’inspire de la Finlande qui a éliminé ces coûts. En effet, en Colombie-Britannique, une grande partie des coûts est reportée ainsi que le remboursement des prêts.

Par ailleurs, l’industrie perçoit de manière favorable l’aide du gouvernement fédéral d'un prêt de 40 000 $ accordé à certaines PME. Cependant, elle constitue une dette supplémentaire aux restaurants, déplore M. Tostenson, du moins pour ceux qui rouvriront. Et des entreprises qui n'y ont pas droit espèrent qu'Ottawa modifiera les critères pour les inclure.

Un sac en papier qui contient des plats à emporter.

Les clients du restaurant Provence Marinaside peuvent commander un kit repas qu'ils pourront concocter chez eux.

Photo : Restaurant Provence Marinaside

Seule option : plats à emporter

La livraison était une tendance avant la crise, souligne le patron de la BCRFA. Elle représentait jusqu'à 20 % des revenus d'un restaurant. Aujourd’hui, elle est la seule option avec les plats à emporter. Mais Ian Tostenson déplore que les commissions d’environ 25 % perçues par les sociétés de livraison soient trop élevées pour certains restaurateurs qui ont déjà du mal à équilibrer leurs chiffres d'affaires.

Nous demandons à ces sociétés de réduire leurs frais à 15 %, à l’instar de ce que la Californie a fait la semaine dernière.

Ian Tostenson, PDG de la BCRFA

Le restaurant Provence Marinaside de Vancouver ne livre pas, mais continue à servir des plats à emporter à ses clients. Son propriétaire et chef, Jean-Francis Quaglia, reconnaît que la première semaine a été difficile.

Jean-Francis Quaglia

Jean-Francis Quaglia, chef et propriétaire du restaurant Provence Marinaside, est reconnaissant d'avoir une clientèle fidèle à ses mets, car elle est indispensable à la survie de son établissement.

Photo : Radio-Canada / Christophe Barachet

La première semaine a été un peu dure, pas trop de monde. Mais on y est depuis quatre semaines maintenant et petit à petit on voit la progression. Les gens commencent à savoir qu'on est ouvert et qu'on fait du take out.

Jean-Francis Quaglia, propriétaire et chef du restaurant Provence Marinaside

Varier les plaisirs

Afin de s’assurer d’un minimum de revenus, le restaurant propose une plus large gamme de produits. Le chef Quaglia a multiplié les ingrédients : une présence plus accrue sur les médias sociaux pour promouvoir ses plats, une épicerie en ligne et des kits à emporter.

Des contenants avec crevettes, courgettes, riz, sauce et condiments disposés sur une table.

Les ingrédients et instructions pour un repas de crevettes à la provençale pour deux.

Photo : Restaurant Provence Marinaside

C'est un peu préparé, mais [la cuisson n'est pas] finie. On donne une recette aussi et, sur le site Internet, on a une vidéo pour expliquer comment préparer le plat.

Jean-Francis-Quaglia, propriétaire et chef du restaurant Provence Marinaside

Ces initiatives portent des fruits. Le restaurateur affirme que sa clientèle soutient son entreprise. Et le fait d’être dans un quartier qui a le sens de la communauté y contribue certainement, pense-t-il. On a beaucoup de clients réguliers. Ils veulent qu’on soit là quand la pandémie sera finie.

Des pertes inévitables

Avant qu’on ne parle de pandémie de la COVID-19, l’industrie de la restauration employait 190 000 personnes environ en Colombie-Britannique. Aujourd’hui, Ian Tostenson estime que 170 000 d’entre eux ont perdu leur travail dans le secteur, dont 40 % sont des jeunes de 15 à 24 ans.

« Sur les 15 000 restaurants de la province, il est difficile d’estimer combien demeurent ouverts, mais nous pensons des milliers  », ajoute le PDG de l’Association des restaurants et de l’alimentation.

On va perdre. Après, c’est perdre le moins, c’est comme ça que je l’ai vu. Je fais le choix de continuer [...] pour limiter mes pertes.

Jean-Francis Quaglia, propriétaire et chef du restaurant Provence Marinaside

Jean-Francis Quaglia disposait d’un personnel d’un peu moins d'une centaine de personnes. Depuis le 17 mars, il a dû beaucoup réduire ses effectifs en ayant fait le choix de rouvrir son établissement. Son équipe ne compte que 10 employés, un chiffre proportionnel à ses recettes qui oscillent autour de 10 % de ce que l’entreprise enregistrait auparavant.

L'entrée du restaurant bloquée par une table.

Le restaurant Provence Marinaside à Vancouver possède deux entrées qui lui permettent de gérer plus facilement les commandes de ses clients en respectant encore mieux les mesures de sécurité.

Photo : Radio-Canada / Christophe Barachet

Pour que sa décision de continuer à servir ses clients ne lui laisse pas un goût amer, il espère que la subvention pour les salaires d'Ottawa se poursuivra au-delà du 15 juin. Même s’il n’entrevoit pas l’avenir à long terme et qu’il fonctionne à la semaine, Jean-Francis Quaglia sait que si ce coup de pouce s’arrête et qu’il est dans l’impossibilité de payer ses employés, il devra alors arrêter.

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