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L'idée de rouvrir les écoles bientôt suscite des inquiétudes dans la région

Une salle de classe vide

Les réactions sont tranchées de la part des experts en santé, mais aussi parmi les parents et les enseignants de la région (archives).

Photo : Getty Images/iStock/DONGSEON KIM

Radio-Canada

Au Québec et en Ontario, les gouvernements ont ouvert la porte à une réouverture possible des écoles dans les prochaines semaines. Mais l'idée de reprendre les classes dans le contexte de la pandémie de COVID-19 soulève beaucoup de réactions.

Au Québec, le premier ministre François Legault a évoqué, la semaine dernière, la possibilité de rouvrir les écoles et les garderies avant le 4 mai. Cette semaine, il a été plus flou quant à une éventuelle date, disant que des discussions seront menées avec la Direction de la santé publique.

En Ontario, le premier ministre Doug Ford a indiqué que les écoles n'allaient pas rouvrir le 4 mai, mais que ça ne voulait pas nécessairement dire que le reste de l'année scolaire est annulé.

Les réactions à ces affirmations sont tranchées de la part des experts en santé, mais aussi parmi les parents et les enseignants de la région.

La présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais, Suzanne Tremblay, dit qu’à l’école, la distanciation physique serait pratiquement impossible.

C’est une difficulté et ça fait partie des questions qui seront posées au ministre [de la Santé]. On sait que notre fédération participe à des comités pour penser à cette réouverture-là, dit-elle.

Dans les écoles, c'est impossible par les espaces restreints et le nombre d’élèves.

Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l'enseignement de l'Outaouais

Mme Tremblay s’inquiète surtout pour la sécurité des enseignants. On le sait, les élèves seraient moins vulnérables, par contre notre personnel enseignant est plus vulnérable, ajoute-t-elle.

Pour sa part, l'Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) préfère attendre d'avoir plus de détails de la province avant de se prononcer sur la question.

Un enjeu de santé pour les parents

Des parents, de leur côté, s'inquiètent surtout des risques possibles au niveau de la santé, bien plus que des retards subis au niveau scolaire.

Jonathan Brulotte, père de trois enfants du primaire à Gatineau, préférerait que l’école recommence en septembre, pour protéger les personnes âgées de son entourage.

Ce qui nous inquiète c’est de le transmettre [le virus] aux grands-parents. Comment on fait pour les protéger eux?

Jonathan Brulotte, père de Gatineau

Sinon, on serait à l'aise de retourner à l’école. Selon l'information qu'on reçoit de la santé publique, les enfants et les parents en santé ne semblent pas vraiment avoir de problème, ajoute M. Brulotte.

D’autres parents sont plus réticents, comme Anne Lévesque d’Ottawa, mère de deux enfants d'âge préscolaire et primaire.

La sécurité de mes enfants et de la société collective est ma priorité et je ne peux penser à peu d'endroits où les enfants sont si proches que dans une école, où c’est très difficile d'insister sur la distanciation sociale.

Anne Lévesque, mère d'Ottawa

Tant que les cas [de contamination à la COVID-19] ne sont pas en baisse importante, je ne peux pas concevoir une situation ou on pourrait envisager un retour sécuritaire à l’école, poursuit-elle.

Mme Lévesque serait plus ouverte à l'idée si des modèles différents étaient proposés, comme des classes plus petites ou qu’on divise les élèves en plus petits groupes.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Le coronavirus ne s'en va nulle part

Selon Patrick Fillion, microbiologiste et enseignant au Cégep de l'Outaouais, le coronavirus ne s’en va nulle part, que la rentrée soit en mai ou en septembre, le virus va encore circuler dans la population.

Dans un sens on voudrait que les enfants soient exposés de façon graduelle et développent une immunité, mais en ouvrant les écoles dès maintenant, le risque c’est que les enfants vont ramener le virus à la maison s'ils sont contaminés, explique M. Fillion.

Donc, le risque de propagation va être plus élevé. Le danger de contagion vers des personnes âgées serait plus grand, ajoute-t-il. Selon lui, les enfants sont moins portés à avoir des symptômes graves.

Dans un sens, c’est peut-être logique que les enfants reprennent une vie normale tant et aussi longtemps qu’ils ne sont pas en contact avec des gens plus âgés qui sont plus vulnérables.

Patrick Fillion, microbiologiste et enseignant au Cégep de l'Outaouais

Nos enfants vont être exposés un jour ou l'autre, conclut-il. C’est peut-être le pas logique à faire au niveau de l'immunité de masse pour qu’on retrouve éventuellement une vie normale.

Avec les informations de Josée Guérin et Kim Vallière

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