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Une vue de l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après l'incendie de l'an dernier.

Le reportage de Jean-Michel Leprince

Photo : Reuters

Jean-Michel Leprince

Un an après l’incendie, Notre-Dame est encore en « urgence absolue », l’enquête sur les causes de l’incendie piétine et les travaux précédant la restauration sont immobilisés pour cause de pandémie.

Au Moyen-Âge, une telle malédiction aurait eu des effets majeurs. La foule des chrétiens aurait supplié la Vierge Marie, sainte Patronne de la cathédrale, de faire des miracles. Les fidèles, l’Église et la royauté auraient vu dans cet incendie majeur et dans l’épidémie de coronavirus un châtiment de Dieu.

Selon Claude Gauvard, historienne spécialiste du Moyen Âge, on prie la Vierge, car comme ces maladies sont liées aux péchés des hommes, elle doit intercéder auprès de Dieu pour qu’ils soient sauvés d’une part dans l’au-delà, mais aussi pour qu’ils soient guéris.

L’évêque de Notre-Dame aurait, depuis longtemps, sorti les précieuses reliques : la couronne d’épines du Christ, donnée par le roi saint Louis; les cheveux de la Vierge, donnés par le roi Philippe Auguste. Et dans les cas majeurs, les reliques de sainte Geneviève, la patronne de Paris, réputée pour avoir sauvé la ville d’une invasion des Huns.

L'évêque aurait aussi organisé une procession.

La procession, c’est une union devant le péril parce que toute la société a péché. Parce que la première réaction est de dire quel crime nous avons commis. Et par conséquent, c’est pour ça qu’on fait appel à la Vierge; car si on a commis un crime, il faut quelqu’un pour vous racheter, explique Mme Gauvard.

Des miracles à Notre-Dame, voilà ce qu’en dit la légende : déjà, au 5e siècle, saint Marcel, neuvième évêque de Paris, a guéri la population entière de la ville d’un mal des marais en terrassant un dragon. Il repose dans la cathédrale.

De la fin de la guerre et de la peste, délivre-nous, Seigneur : c’est ce que dit la grande prière à l’issue de la procession dans la cathédrale.

Messe de Pâques à Notre-Dame de Paris.

Pâques a été célébré à Notre-Dame de Paris, cette année, mais la population n'a pu y assister.

Photo : Reuters

Des « miracles »?

En 1129, les gens meurent dans d’atroces souffrances, empoisonnés par l’ergot du seigle. C’est le mal des ardents. Étienne de Senlis est évêque de Paris. On lui amène 103 malades; 100 sont guéris à l’occasion de la grande procession des reliques de sainte Geneviève.

En 1190, le roi Philippe Auguste est malade en Terre sainte et à Paris, son fils l'est aussi. Une procession produit le miracle : les deux, le père et le fils, sont guéris en même temps de la dysenterie. Cela ne fonctionne pas toujours : Charles VI le Fou est bien mort… de folie.

Notre-Dame de Paris organise des processions contre les inondations, la sécheresse, toutes sortes de catastrophes. Sans oublier les hérésies, les invasions et les guerres.

On a tout une série de processions qui sont répétées à propos de ces épidémies et, en général, elles s’accompagnent de processions pour la guerre et pour la famine, assure l'historienne. Car toute cette période du 14e siècle est bien sûr celle de la guerre de Cent Ans, sans oublier beaucoup de famines et d’épidémies qu’on appelle pestes, sans savoir s’il s’agit de la peste noire en résurgence ou d’autres formes de pestes, comme la variole par exemple.

Une procession, d’ailleurs, en cas de peste, c’est une source de contamination formidable.

Claude Gauvard, historienne spécialiste du Moyen Âge

La science a eu raison de ces processions, au 20e siècle. On a quand même fêté Pâques à Notre-Dame, cette année. Dans la cathédrale, il y avait, en tout et pour tout, sept personnes.

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