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Écogène 21 collabore à une étude sur la colchicine

Diane Brisson dans un corridor.

Diane Brisson est la directrice de la plateforme d’essais cliniques pour Ecogène 21.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Radio-Canada

Des personnes atteintes de la COVID-19 dans la région participent actuellement à un essai clinique sur un médicament anti-inflammatoire qui pourrait permettre de limiter les complications liées au coronavirus.

Le groupe Écogène 21 collabore avec l'Institut de cardiologie de Montréal pour recruter 6000 personnes au Québec dans le but de déterminer l'efficacité du traitement d'ici à l'automne. La directrice de la plateforme clinique d'Écogène 21, Diane Brisson, explique le rôle de son équipe.


Écogène travaille sur quels genres d’essais cliniques à ce moment-ci concernant la COVID-19?

Actuellement, on travaille sur l’essai COLCORONA qui est dirigé par le Dr Tardif de l’Institut de cardiologie de Montréal (ICM). Ce projet vise à vérifier si l’administration de colchicine va réduire les complications liées à l’infection par la COVID-19. Nous, on n’est pas le site qui dirige l’étude, on est un site qui distribue la médication. Le site principal qui dirige l’étude est à Montréal, à l’ICM ou au Centre de coordination des essais cliniques de Montréal (MHICC), qui sont affiliés à l’Université de Montréal. Le recrutement se fait là par une centrale téléphonique. Nous, on est un site de randomisation et de distribution de la médication des produits de recherche et on dessert la région de la Capitale-Nationale, jusqu’à près de la Beauce, le nord du Lac, La Tuque, une partie de la Côte-Nord, Charlevoix et, évidemment, le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans les faits, que fait votre équipe ici à Chicoutimi?

L’équipe de Chicoutimi reçoit les demandes, les prescriptions de Montréal au moment où les sujets sont entrés dans l’étude. Donc, le recrutement se fait via une centrale à Montréal. Les patients, peu importe où ils sont au Québec, téléphonent à ce numéro unique, parlent avec une personne qui va vérifier s’ils rencontrent les critères d’inclusion et d’exclusion de l’étude et lorsqu’une personne est entrée dans l’étude, si c’est une personne qui demeure sur le territoire desservi par Écogène 21, ils nous envoient la prescription. Nous, on la reçoit et à ce moment-là, on a quatre heures pour aller porter l’ensemble nécessaire pour participer au projet de recherche.

C’est nouveau pour vous d’agir aussi rapidement. Normalement, ce que vous faites, c’est sur une plus longue période, non?

Oui, mais nous on travaille principalement sur des maladies qui sont chroniques. Donc le laps de temps pour agir est beaucoup plus long. Quand on pense à des études sur l’obésité, sur l’hypercholestérolémie, on n’a pas une fenêtre qui est aussi courte que ça pour être capable d’entrer un patient dans l’étude. Ça demande un certain défi. C’est 24 heures sur 24 qu’on doit être disponible. On a établi des cédules de garde pour qu’il y ait toujours quelqu’un de disponible pour répondre à l’arrivée de demandes de la centrale de recrutement. On a aussi, en parallèle, établi une liste d’une quinzaine de personnes qui sont disponibles, qui nous aident et qui vont livrer un peu partout sur la Côte-Nord, à Québec, au nord du Lac. Pour ça, on a fait preuve d’imagination. On est allés recruter nos adolescents qui sont à la maison et qui sont très fiers d’ailleurs de nous aider dans ce projet-là!

Si vous participez à un projet comme celui-là, c’est parce qu’on a l’expertise dans la région? Comment cette expertise s’est-elle développée en termes d’essais cliniques ici à Chicoutimi?

Écogène 21 fait des études cliniques depuis plus de 20 ans, environ 35 simultanément par année et on a fait des études déjà sur la colchicine avec le Dr Tardif. On a aussi une renommée qui est internationale. En plus de ces études-là, on fait des études avec une quarantaine de partenaires pharmaceutiques à travers le monde, on publie dans des revues prestigieuses. On ne nous connaît pas beaucoup dans la région, pas encore à tout le moins, mais au niveau international, au niveau du domaine des études cliniques, de la science, on a une renommée qui est bien solide depuis plusieurs années.

Vous parlez de la colchicine, que vous connaissez bien. C’est un anti-inflammatoire. Certains médecins ne sont pas convaincus de son efficacité contre la COVID-19. Quel éclairage, ce que vous faites en ce moment, pourrait apporter sur l’efficacité de la colchicine?

Avant de dire que ça ne fonctionne pas, il faut faire une étude clinique randomisée aléatoire. C’est justement ce que le Dr Tardif est en train de faire, justement de jeter les bases scientifiques pour démontrer que ça fonctionne ou que ça ne fonctionne pas. Il y a différentes opinions et avant d’avoir une réponse à ça, ça prend une étude clinique et c’est ce qui est en train de se faire.

D’après l’entrevue réalisée par Catherine Paradis

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