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Comment la COVID-19 s’attaque aux poumons

Illustration du système respiratoire humain.

Illustration du système respiratoire humain.

Photo : iStock

Les personnes ayant une fragilité pulmonaire, dont les fumeurs et les vapoteurs, sont parmi les plus à risque de développer des symptômes sévères de la COVID-19.

La raison en est fort simple : la COVID-19 est une maladie qui s’attaque particulièrement au système respiratoire, dont les poumons.

Le SRAS-CoV-2, le virus qui provoque la COVID-19, s’introduit dans le corps en entrant en contact avec les cellules des membranes muqueuses qui tapissent le nez, la bouche et les yeux.

C’est une protéine nommée protéine S pour spicule (spike en anglais), située à la surface du virus, qui faciliterait sa transmission entre les cellules chez l’humain. Le virus se sert de cette protéine pour pénétrer dans les cellules en interagissant avec les protéines appelées ACE2 à la surface des cellules.

La structure moléculaire de la protéine S.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La structure moléculaire de la protéine S.

Photo : Univ. du Texas à Austin/Jason McLellan

Le coronavirus pénètre donc dans les cellules saines et utilise cet environnement pour se multiplier et infecter les cellules voisines. Le SRAS-CoV-2 se propage ensuite le long des voies respiratoires supérieures (nez, fosses nasales, bouche, pharynx, et larynx) et inférieures (trachée, bronches, bronchioles).

Comme un arbre à l’envers

Le système respiratoire peut se visualiser en imaginant un arbre à l’envers.

Visualisation montrant le système respiratoire comme un arbre inversé.

Le système respiratoire peut être comparé à un arbre inversé.

Photo : iStock

Le tronc correspond à la trachée, ce conduit musculo-cartilagineux lié à la bouche qui permet à l’air de rejoindre les poumons.

Le tronc se divise ensuite en deux grands groupes de branches, les bronches gauche et droite. Comme les branches, chaque bronche se divise encore et encore pour devenir de plus en plus étroite.

À l'extrémité des plus petites branches, les bronchioles, se trouvent de minuscules sacs d'air appelés alvéoles. En gros, c’est à partir des alvéoles que s’effectuent les échanges gazeux avec le sang, que l’oxygène entre dans le corps et que le gaz carbonique en sort.

Les poumons frappés de plein fouet

Le corps sonne l’alarme et le système immunitaire intervient lorsque le virus prolifère dans les voies respiratoires et gagne certaines zones des poumons. La paroi de l'arbre respiratoire est alors enflammée, la personne atteinte présente un mal de gorge, et une simple poussière peut provoquer une toux sèche.

Une tomodensitométrie des poumons d'un homme atteint de COVID-19.

Une tomodensitométrie des poumons d'un homme atteint de COVID-19.

Photo : Journal Radiology

Pour la vaste majorité des gens atteints de COVID-19, les symptômes seront légers ou modérés.

L’inflammation peut ensuite gagner un poumon pour s’y répandre et même gagner l’autre.

Des symptômes plus sévères, dont une pneumonie dans laquelle les alvéoles sont enflammées et obstruées, sont observés chez près de 14 % des personnes qui développent la COVID-19.

À mesure que la situation s'aggrave, les poumons fonctionnent de moins en moins bien. Ils finissent par se remplir de liquide et de mucus.

À ce stade, les patients doivent recevoir des traitements et sont pour la plupart hospitalisés. Les cas très critiques pouvant entraîner la mort représentent environ 4,7 % des personnes. Ceux-ci doivent être placés aux soins intensifs souvent sous respirateur. Les poumons ne peuvent plus remplir leur travail, c’est-à-dire faire parvenir l’oxygène au sang et en retirer le gaz carbonique.

Ces personnes présentent un syndrome de détresse respiratoire aiguë qui est facilement observable sur une radiographie thoracique ou une tomodensitométrie.

C’est à ce stade que la plupart des personnes atteintes perdent la vie.

Celles qui survivent, c'est grâce à la respiration artificielle qui a permis de maintenir des niveaux d'oxygène adéquats jusqu'à ce que leurs poumons soient capables de fonctionner à nouveau normalement.

Habituellement, la plupart des cas des pneumonies qui se présentent aux urgences des hôpitaux sont d’origine bactérienne et répondent aux antibiotiques.

Dans le cas des pneumonies associées à la COVID-19, ce sont souvent les deux poumons en entier qui sont atteints, et les antibiotiques ne sont d’aucune utilité.

Il faut également avoir en tête que même si une personne est en bonne santé et active, son risque de contracter une pneumonie augmente avec l'âge puisque le système immunitaire s'affaiblit naturellement en vieillissant.

Des poumons affaiblis?

Il est trop tôt pour le moment d’établir si les poumons des personnes qui survivent après avoir gravement été frappées par la COVID-19 se remettront complètement du traumatisme qu'ils ont subi.

Des études devront être réalisées afin d’établir si elles pourraient souffrir à long terme d’une fibrose pulmonaire, une lésion des poumons liée à la présence d'un excès de tissu conjonctif fibreux.

C’est que la rigidité des tissus cicatrisés pourrait empêcher les poumons de travailler normalement en empêchant l'oxygène de pénétrer dans le sang. Un faible taux d'oxygène pourrait provoquer un essoufflement, particulièrement lors d'un effort physique.

Si la fibrose pulmonaire ne peut être guérie, elle peut cependant être traitée si elle est détectée à temps.

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