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L'économie canadienne se contracte comme jamais en 50 ans

La Banque du Canada maintient tout de même son taux directeur à 0,25 %, mais annonce de nouvelles mesures pour injecter davantage de liquidités dans l'économie.

Un homme traverse une rue largement désertée de Toronto.

L'économie canadienne est embourbée par les mesures de protection de la santé publique mises en oeuvre depuis la mi-mars.

Photo : Getty Images / Cole Burston

L'économie canadienne se contracte comme jamais elle ne l'a fait depuis près d'un demi-siècle, indiquent les plus récentes données sur le produit intérieur brut (PIB) publiées mercredi par Statistique Canada.

Une estimation rapide et préliminaire faite par l'agence fédérale conclut que le PIB a chuté d'environ 9 % en mars, ce qui constituerait la diminution mensuelle la plus importante depuis 1961, année où elle a commencé à publier cette donnée.

Cela laisse croire que le PIB pour le premier trimestre de 2020 sera en baisse d'environ 2,6 %, ajoute-t-elle, en précisant que des chiffres plus précis seront diffusés ultérieurement.

Le PIB est une mesure clé de l’activité économique d’un pays. Elle est fondée sur la valeur marchande totale de tous les biens et services produits dans une période de temps donné.

Statistique Canada aurait normalement attendu la fin du mois de mai pour publier ces chiffres, après avoir comparé toutes les données réelles pour mars 2020 avec celles de mars 2019.

Elle dit le faire aujourd'hui de façon exceptionnelle compte tenu de la situation unique à laquelle est confrontée l'économie canadienne dans le contexte de la pandémie de la COVID-19.

Cette mesure est une estimation de l'ampleur de la perturbation économique découlant des mesures délibérées prises pour protéger la santé des citoyens canadiens.

Extrait du communiqué de Statistique Canada

L'agence précise avoir utilisé toutes les données à sa disposition, mais prévient que son estimation ne peut être de la même qualité que [ses] estimations officielles, qui seront publiées dans environ six semaines.

Les perturbations économiques attribuables aux mesures de distanciation sociale et aux restrictions gouvernementales, comme la fermeture des commerces non essentiels, ont été majeures et généralisées, note Statistique Canada.

Sans surprise, les entreprises liées aux voyages et au tourisme, comme le transport personnel, les restaurants et l'hébergement, sont les plus touchées par la crise actuelle.

Des baisses prononcées sont aussi observées au chapitre des services personnels, de la vente au détail (autre que la vente d'aliments), des spectacles, des événements sportifs et de l'exploitation cinématographique.

Tous les secteurs de l'économie ne sont cependant pas en recul pour autant. L'activité dans les secteurs de la santé, de la distribution alimentaire, de la vente au détail en ligne et de la diffusion en continu sur Internet a augmenté.

Malgré la baisse des prix du pétrole et la réduction des investissements dans le secteur, il n'y avait cependant pas encore eu en mars de forte incidence sur les volumes de pétrole et de gaz extraits et transportés, note Statistique Canada.

Le taux directeur demeure inchangé

Quelques heures après la diffusion de ces données, la Banque du Canada a annoncé le maintien de son taux directeur à 0,25 %, qu'elle considère comme sa valeur plancher. Cette décision était attendue par les économistes.

Depuis le début du mois de mars, la banque centrale du pays a abaissé son taux directeur à trois reprises. Il est à 0,25 % depuis le 27 mars, mais il était de 1,75 % au début du mois.

La Banque du Canada a cependant annoncé que deux nouveaux programmes destinés à injecter encore plus de liquidités dans l'économie du pays seront mis en oeuvre dans les semaines à venir.

Il s'agit d'un Programme d’achat d’obligations provinciales pouvant atteindre 50 milliards de dollars et d'un Programme d’achat d’obligations de sociétés de 10 milliards.

La Banque continue par ailleurs d’acheter au moins 5 milliards de titres du gouvernement du Canada par semaine dans le cadre d'un programme annoncé précédemment.

Depuis le début de la crise, la Banque dit avoir effectué des opérations de prêt destinées aux institutions financières et des achats d’actifs sur les marchés de financement essentiels totalisant environ 200 milliards de dollars.

Ces actions ont eu pour effet d’atténuer le dysfonctionnement des marchés et de contribuer à maintenir les canaux du crédit ouverts, bien que ceux-ci restent tendus.

Extrait du communiqué de la Banque centrale

Le prochain défi pour les marchés sera de gérer la demande accrue de financement à court terme provenant des gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que des entreprises et des ménages, ajoute-t-elle.

Faisant écho à Statistique Canada, la Banque du Canada estime de façon préliminaire que le niveau de l’activité économique réelle a diminué de 1 % à 3 % au pays au premier trimestre de 2020.

Elle anticipe en outre que ce niveau sera de 15 % à 30 % plus bas au deuxième trimestre qu’au quatrième trimestre de 2019.

Selon elle, l'indice des prix à la consommation devrait avoisiner 0 % au deuxième trimestre de 2020, une situation qu'elle explique par les effets transitoires de la baisse des prix de l’essence.

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