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COVID-19 : Le gouvernement albertain appelle à la solidarité économique des Canadiens

Plan épaules de Jason Kenney en conférence de presse.

Jason Kenney espère que les gestes de solidarité de sa province pendant la pandémie lui vaudront un retour de balancier pendant la crise économique qui ne manquera pas de suivre.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Dons d’équipement médical, entrevues à la chaîne nationale : le gouvernement albertain tend la main aux autres provinces canadiennes en ces temps de crise sanitaire. Des experts y voient une façon de préparer le terrain pour la crise économique qui perdurera bien après la pandémie.

En entrevue au Téléjournal national, le premier ministre albertain a déclaré lundi qu’il ne voulait « rien » en retour des masques et ventilateurs qu’il offre à la Colombie-Britannique, à l’Ontario et au Québec. « Ce n’est pas un marché, c’est un geste de solidarité », a assuré Jason Kenney.

Dans la même journée, au Téléjournal Alberta, il a quand même souligné qu’il espérait voir un retour du balancier.

Cette semaine nous envoyons l’équipement médical au reste du pays, j’espère que nous aurons une solidarité économique pour les Albertains dans un temps de crise économique.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

La banque RBC prédit que l’Alberta connaîtra une contraction économique de plus de 8 % cette année. Jason Kenney lui-même estime probable que le taux de chômage de la province dépasse les 20 %. Il ne cache pas qu’il compte sur l’aide d’Ottawa pour passer au travers de cette épreuve.

L’analyste politique de la firme-conseil Cambridge stratégies Satya Das félicite Jason Kenney d'envoyer un message clair et efficace dans ces circonstances : le Canada doit s’unir pendant la crise, et « nos petites chicanes de famille ont moins d’importance dans ces moments-là ».

Le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily y lit également un deuxième message : si l’économie albertaine va bien, c’est tout le pays qui en profite. « Je pense que [le premier ministre] a marqué des points en fin de semaine avec ce message », dit-il.

Il ajoute cependant : « reste à savoir comment ça va être interprété [...]. Bon il a été remercié, mais est-ce que ça va vraiment faire changer l’opinion publique? »

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Un tournant dans les relations avec Ottawa?

Il observe par ailleurs que le gouvernement albertain semble enclin à essayer une approche plus conciliante que celle dont il a fait preuve jusqu’ici avec son homologue fédéral.

Il « met un peu de côté les critiques trop virulentes » à son égard, dit Frédéric Boily, et cela même si l’aide promise par le ministre des Finances pour l’industrie pétrolière tarde à venir.

Une détente fragile que Jason Kenney doit gérer adroitement s’il ne veut pas décevoir sa base.

« Il ne peut pas non plus, en raison de tout ce qui s’est passé dans les deux dernières années sur la scène politique albertaine, apparaître à genoux devant le gouvernement fédéral pour quêter de l’aide financière », dit le politologue.

Le premier ministre albertain ne s’empêche d’ailleurs pas de marteler que le Canada aurait dû fermer ses frontières plus tôt ou de menacer d’introduire de nouveaux tests de dépistages et de nouveaux médicaments sans attendre l’approbation de Santé Canada.

Lundi, il a critiqué l’administratrice de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, à ce propos, l’accusant de répéter les propos du gouvernement dictatorial de la Chine.

« C’est très confondant », croit le Ricardo Acuna, directeur de l’Institut Parkland, un groupe de l’Université de l’Alberta qui critique fréquemment la dépendance de l’Alberta aux forces du marché.

Plutôt que d’atteindre un précaire équilibre entre l’hostilité et la coopération, il accuse le premier ministre « de dire une chose au reste du Canada et une autre chose aux Albertains ».

Avec ou sans l’aide d’Ottawa, le gouvernement albertain s’attend à finir l’année financière avec un déficit de 20 milliards de dollars.

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