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Vendre ou acheter une propriété au temps de la COVID-19

Pascale Sirard vit depuis de très nombreuses années dans un appartement du Plateau-Mont-Royal.

Pascale Sirard

Photo : Radio-Canada

Même en temps de confinement et de pandémie, certaines personnes doivent malgré tout vendre ou acheter une propriété. Mais les règles ont changé, rappelle La facture, et les professionnels doivent ajuster leur façon de fonctionner, pour autant qu’ils puissent travailler.

Pascale Sirard vit depuis de très nombreuses années dans un appartement du Plateau-Mont-Royal, un quartier central et recherché de Montréal. Le triplex en briques rouges qu’elle habite est plus qu’un immeuble : c’est une histoire de famille.

Elle y a élevé au rez-de-chaussée ses deux enfants, maintenant de jeunes adultes, alors que l’appartement du haut a été un temps occupé par sa sœur et ses enfants, et celui du milieu par ses parents.

Selon moi, notre triplex fut l'un des premiers immeubles intergénérationnels du Plateau : on l'habite depuis 2003! On s'est bien épaulés, tous, à travers ces années. Mes parents ont été très présents pour les petits. Et maintenant, c’est nous qui prenons soin d’eux.

Pascale Sirard

En janvier, elle met en vente l'appartement de sa mère qui est entrée en résidence après que son père a été placé en CHSLD. Il se vend aussitôt.

Pascale Sirard se dit alors que c’est le moment pour elle et ses jeunes de déménager dans un autre appartement qu’elle possède. Elle avise son locataire, qui se trouve un nouveau lieu d’habitation.

Son courtier lui suggère cependant d’attendre le printemps pour mettre en vente son appartement qu’elle veut quitter.

Elle fait donc sa déclaration de vendeur le 12 mars. Le lendemain, un certain vendredi 13, elle officialise sa mise en vente. Cette même journée, les écoles ferment et la crise débute.

Pour vendre l’appartement de sa mère, une visite libre avait été organisée et, le lendemain, il était vendu. Elle et son agent pensaient procéder de la même façon.

Mais quelques jours plus tard, les rassemblements de plus de dix personnes sont interdits. Il leur faut maintenant oublier les visites libres où les gens se bousculent au portillon.

Jusqu’au 23 mars, les visites d’appartements sont cependant demeurées permises, mais suivant des règles rigoureuses. Ainsi, chaque visiteur devait signer un document attestant de sa condition de santé et son intention de respecter la distanciation sociale.

Mais finalement, le premier ministre du Québec, appuyé par la Direction de la santé publique, recommande aux propriétaires de ne plus faire de visites de logements.

Cette directive s’applique aussi aux propriétaires qui veulent vendre.

L’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ) est catégorique : les visites ne sont plus possibles.

Par conséquent, un courtier n’a plus le droit d’en proposer avant au moins le 4 mai, une date qui pourrait d’ailleurs changer. L’organisme met sa page à jour régulièrement et exhorte ses courtiers à suivre les directives.

Mme Sirard, qui fait affaire avec un courtier, ne reçoit donc plus de visiteurs.

Par contre, elle considère qu’elle a été chanceuse malgré tout, car un caméraman professionnel est venu chez elle le 19 mars filmer son appartement.

Elle a donc de belles images à montrer pour les visites virtuelles. Ceux qui ont mis leur demeure en vente après le 23 mars doivent filmer et photographier eux-mêmes leur propriété.

Mme Sirard a eu plus de 1275 visites virtuelles.

Ceux qui vendent sans courtier

Il semble y avoir parfois une confusion chez certaines personnes qui vendent sans courtier.

La facture a reçu des courriels dénonçant le fait que des particuliers organiseraient des visites en ce moment, malgré l’interdit.

Chez Duproprio, on nous assure que les 19 000 clients qui font affaire avec eux ont été contactés, et qu’on leur demande de s’en tenir aux directives de la Santé publique et du gouvernement.

Nous recommandons à nos clients d’entreprendre les discussions avec les acheteurs par courriel, téléphone ou appel vidéo et de respecter les consignes de la santé publique et de ne pas faire de visite avant la fin du confinement (actuellement le 4 mai)

Frédéric Auger, directeur principal, Ventes et Marketing

Un propos qui va dans le sens des recommandations de la Société d’habitation du Québec (SHQ), qui appelle tous les acteurs du milieu, jusqu’à nouvel ordre, à reporter toutes les visites physiques.

Ainsi, les visites de maisons et de logements, de même que les entrevues de sélection des locataires, devraient se faire de façon virtuelle. Le contexte que nous vivons présentement nous oblige à repenser nos façons de faire, nous explique pour sa part André Ménard, directeur des communications de la SHQ.

Images génériques de condos à Montréal.

Images génériques de condos à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’enjeu des inspections

Si les visites de maisons peuvent être virtuelles, il est impossible de faire des inspections sans toucher la plomberie, ouvrir les armoires ou encore les fenêtres.

Or, pour l’instant, les inspecteurs ne sont pas considérés par Québec comme offrant un service essentiel. Ils pourront reprendre le travail à partir du 20 avril, mais strictement pour inspecter des unités résidentielles en construction qui doivent être livrées à leur acheteur.

À l’Association des inspecteurs en bâtiments du Québec, on travaille fort en ce moment pour être prêts quand le gouvernement leur donnera la permission de recommencer à travailler.

Nous recevrons très bientôt une formation donnée par L’École polytechnique de Montréal, qui sera suivie d’un examen. Seuls les inspecteurs qui auront eu cette formation et qui auront passé avec succès l'examen seront en mesure de reprendre du service quand le gouvernement nous en donnera l’autorisation.

Pierre Bérard, vice-président de l’Association des inspecteurs en bâtiments du Québec

Ainsi, les inspecteurs en bâtiment auront alors tout l’équipement requis pour faire leurs inspections en tout respect des règles sanitaires, qu’on parle de la préparation des lieux, des mesures d’éloignement à respecter ou encore du nombre de personnes admises en même temps dans une propriété.

En attendant la levée de l’interdiction de pratiquer cette profession, ou l’assouplissement du confinement, il est possible, quoique vraiment peu recommandé, d’acheter sans faire d’inspection. Mais l’OACIQ recommande plutôt de reporter l’inspection à une date ultérieure, après le confinement, et de l’inscrire.

Acheter ou vendre malgré tout

Il est par ailleurs toujours possible de faire des transactions immobilières, car les notaires font partie des services essentiels. Ils ont même le droit, en respectant la distanciation sociale, de recevoir en cabinet.

Mais il ne faut pas imaginer plusieurs personnes dans la pièce comme avant. Le courtier n'accompagnera pas son client, par exemple.

Il y a aussi, et surtout, depuis le 1er avril, la possibilité de faire toutes les transactions en ligne, jusqu’à la signature finale qui peut s’effectuer de manière électronique.

Une manière inédite et novatrice de procéder que plusieurs notaires ont déjà intégrée à leur pratique.

Les notaires se doivent de respecter leurs obligations déontologiques et doivent recommander leurs clients à d’autres notaires s’ils ne peuvent pas travailler pour des raisons de santé par exemple, souligne par ailleurs François Bibeau, qui préside la Chambre des notaires.

Il faut toutefois savoir que les notaires peuvent rencontrer certains obstacles dans leur pratique actuellement.

Ainsi, il peut parfois être difficile, dans le cadre de nouvelles transactions, de trouver les certificats de localisation parce que certaines municipalités ont fermé leurs services et que les arpenteurs ne sont pas dans la liste des services essentiels, sauf pour ce qui est des constructions qui reprennent le 20 avril.

Bref, acheter ou vendre actuellement, c’est devoir s’adapter continuellement.

Pascale Sirard, elle, essaie de ne pas trop s’inquiéter.

Le printemps arrive, je crois qu’actuellement le réflexe de nidification est très fort, on se dit qu’on a envie d’être bien chez nous, la maison, symboliquement, ça donne un sentiment de sécurité et de bien-être.

Pascale Sirard

Et quand elle sent l’anxiété monter, elle pense à ceux qui ont perdu leur emploi et elle se dit que, finalement, elle est bien chanceuse de n’avoir que ce problème-là.

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