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Les seuils d'immigration pourraient être revus à la baisse, annonce François Legault

En raison notamment du bond prévu du taux de chômage, Québec envisage de réduire le nombre d'immigrants admis sur son territoire.

Le ministère de l'Immigration à Montréal.

Le gouvernement du Québec avait prévu, d'ici 2022, de revenir à un seuil d'environ 50 000 immigrants admis. Un chiffre qui pourrait être revu à la baisse, selon François Legault.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« C'est quelque chose qu'on va regarder », a admis François Legault, mardi, en conférence de presse.

Selon le premier ministre du Québec, cette décision pourrait être prise, en raison, notamment, du taux de chômage élevé qu'on va avoir dans les prochains mois.

On n'est pas rendu là, mais effectivement, c'est quelque chose qu'on va regarder. Je pense qu'il faut tout revoir, entre autres le nombre d'immigrants, a-t-il précisé.

On pourrait effectivement réduire le nombre.

François Legault, premier ministre du Québec

En mars, le taux de chômage a grimpé à 8,1 % dans la province, contre 4,5 % le mois précédent.

Une hausse initialement prévue

Ces derniers mois, le gouvernement Legault se dirigeait pourtant vers une augmentation du nombre d'immigrants, particulièrement dans la catégorie des immigrants économiques.

Les besoins étaient alors importants, avec des dizaines de milliers de postes vacants. Le milieu des affaires avait d'ailleurs réclamé une forte hausse de ces cibles, en évoquant le chiffre de 60 000 immigrants admis par an.

Au cours de sa campagne électorale victorieuse, François Legault avait dans un premier temps promis de réduire d'environ 20 % les différents seuils d'immigration.

Au printemps dernier, Québec avait revu cette décision, en planifiant de revenir aux cibles du gouvernement de Philippe Couillard, soit d'admettre de 49 500 à 52 500 nouveaux arrivants d'ici 2022.

Nombre d'immigrants admis au Québec, toutes catégories confondues

  • 2018 : 51 118
  • 2019 : 40 546
  • 2020 : 41 500 à 44 500
  • 2021 : 44 500 à 47 500
  • 2022 : 49 500 à 52 500

Le milieu des affaires d'accord avec François Legault

Alors qu'il s'est souvent montré opposé au premier ministre sur ce sujet au cours des derniers mois, le milieu des affaires accueille avec compréhension l'éventualité qu'envisage François Legault.

Les cibles prévues sont complètement bouleversées, chamboulées par la situation actuelle, admet Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec.

Dans un tel contexte, avec beaucoup de pertes d'emploi, la priorité va être de réintégrer tous ceux qui ont perdu leur travail.

Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat du Québec

À moyen terme, cependant, il faut rester prudent, affirme de son côté Véronique Proulx, présidente de Manufacturiers et Exportateurs du Québec.

On avait quand même une pénurie de main-d'oeuvre importante. Tout dépendant de quand l'économie va repartir, il pourrait à nouveau y avoir des demandes, souligne-t-elle.

Avec le resserrement démographique et les départs à la retraite, le Québec fait face à un besoin structurel de main-d’œuvre. Le Québec n’a pas abandonné ses grands projets d’infrastructures et voudra maintenir le dynamisme de ses secteurs clés tels que le manufacturier et l’intelligence artificielle, soutient quant à lui Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Malgré une baisse de l’immigration à prévoir au cours des prochains mois, l’accueil de nouveaux arrivants demeurera une solution incontournable pour combler les besoins de main-d’œuvre de nos entreprises.

Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Yves-Thomas Dorval abonde dans le même sens. Ce serait absurde de déjà donner des cibles pour les prochaines années. On ne connaît absolument pas les besoins pour l'année prochaine et il ne faut pas oublier qu'il y aura beaucoup de départs à la retraite et donc, de postes à combler. Il ne faudra pas se limiter à un chiffre, confie-t-il.

À ses yeux, les gouvernements du Québec et du Canada devraient aussi trouver une solution pour maintenir en emploi les travailleurs temporaires. Il faudrait prolonger leurs permis pour les garder ici, indique Yves-Thomas Dorval.

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