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Certains proches aidants seront de nouveau les bienvenus dans les CHSLD

« On a besoin de bras », admet le premier ministre François Legault.

Le « trio gouvernemental » en conférence de presse.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda (gauche), le premier ministre, François Legault (centre), et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann (droite), reconnaissent que le manque de personnel dans les CHSLD est un énorme défi à l'heure actuelle.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le personnel des foyers pour aînés les plus durement touchés par la pandémie de COVID-19 pourra compter sur un précieux coup de main à compter de jeudi.

Certains proches aidants pourront revenir dans les CHSLD pour s'occuper des résidents, ont annoncé mardi après-midi le premier ministre du Québec, François Legault, et le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, lors de leur conférence de presse quotidienne.

On pense que, compte tenu du manque de personnel dans les CHSLD, ça vaut la peine de demander à certains proches aidants de venir nous donner un coup de main, a expliqué M. Legault, disant avoir tenu compte de la balance des inconvénients.

Cela dit, l'interdiction des visites sera maintenue pour éviter la propagation du coronavirus.

Seuls les proches connus des directions des CHSLD pourront revenir pour prendre soin des aînés. Et encore, cette permission ne sera accordée qu'aux proches aidants soignants qui se rendaient déjà régulièrement voir des résidents et qui auront été déclarés négatifs à la suite d'un test de dépistage.

Ce sont les directions d'établissements qui identifieront les proches aidants qui pourront revenir donner des soins. Ceux-ci devront toutefois se plier à de très nombreuses consignes lors de leurs interventions (alimentation, hydratation, hygiène). Et ce sera une personne par patient, a prévenu le Dr Arruda.

Ce dernier a d'ailleurs demandé la collaboration de tous pour respecter à la lettre ses consignes relatives au retour progressif des proches aidants dans les CHSLD, conscient que plusieurs personnes ne répondant pas à cette définition pourraient être tentées de profiter de cette exception pour entrer dans les résidences.

C'est triste, ça va être difficile pour les enfants qui allaient voir leurs parents la fin de semaine parce qu'ils travaillaient et qu'ils n'avaient pas la capacité d'être un proche aidant, mais je tiens à vous dire qu'on ne peut pas ouvrir la machine, ou la porte, de façon intensive dans le contexte actuel, a expliqué le grand patron de la santé publique du Québec.

Selon lui, son approche pourrait permettre à environ 10 % des résidents des CHSLD de recevoir des soins de la part de leur proche aidant, puisque, dans la grande majorité des cas, les aînés qui vivent dans ces lieux d'hébergement ne disposent pas d'une telle ressource dans leur entourage.

Des besoins criants

À l'heure actuelle, pas moins de 1250 employés des CHSLD du Québec sont absents, a révélé le premier ministre, soit parce qu'ils ont été déclarés positifs au test de dépistage de la COVID-19, soit parce qu'ils ont peur d'attraper la maladie en venant travailler.

C'est notamment ce manque de personnel qui a fait en sorte que certains établissements, comme le CHLSD Herron, ont perdu le contrôle de la situation entre leurs murs.

Pour combler ce manque de personnel, le gouvernement du Québec a déjà commencé à transférer du personnel des hôpitaux vers les CHSLD, a rappelé le premier ministre, mardi.

En plus de donner son aval au retour de certains proches aidants, M. Legault a aussi encouragé les omnipraticiens et les médecins spécialistes à venir prêter main-forte dans ces établissements.

De par sa formation, a-t-il illustré, un médecin spécialiste pourrait très bien faire le travail d'un préposé aux bénéficiaires.

On a besoin de bras.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre a également fait appel au sens du devoir des quelque 2000 enseignants spécialisés dans les sciences de la santé pour qu'ils se joignent eux aussi à l'effort collectif dans les CHSLD, malgré les appréhensions des syndicats.

En vertu d'un arrêté ministériel signé la semaine dernière, ces enseignants pourraient théoriquement être conscrits pour aider les patients en CHSLD, mais M. Legault a déclaré mardi que son gouvernement ne forcera personne à aller travailler sur la ligne de front.

Malgré tout, l'appui des enseignants serait super, a-t-il mentionné.

À court de ressources, M. Legault a admis avoir demandé à Ottawa la permission de recourir aux services du personnel médical des Forces armées canadiennes, mais il n'a pas spécifié si sa requête avait trouvé écho auprès du gouvernement fédéral.

Présente à ses côtés après s'être absentée lundi, la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a également fait savoir qu'elle avait demandé l'appui des entreprises d'économie sociale.

Un effort de transparence

Par ailleurs, le gouvernement Legault a rendu publique en soirée la liste des habitations pour aînés « sous surveillance » (Nouvelle fenêtre). Sur les 2600, 41 résidences sont plus critiques, où on doit suivre la situation d'un peu plus proche, a signifié le premier ministre.

Cette liste sera mise à jour quotidiennement, a-t-il ajouté.

Au moment où le Québec s'approche du pic de contamination – toujours prévu le 18 avril – le Dr Arruda a indiqué mardi que la courbe avait bel et bien été aplatie.

Vous savez, pour brimer les droits de la personne, il faut avoir de bonnes raisons. Ici, c'était pour sauver des vies et je demeure convaincu qu'on en a sauvé plusieurs.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Avec 75 nouveaux décès, le Québec compte maintenant un total de 435 morts de la COVID-19. À ce jour, 14 248 cas ont été confirmés, soit 691 de plus que lundi.

Montréal demeure la région la plus touchée, suivie de la Montérégie, de Laval et de Lanaudière.

À l'heure actuelle, 936 personnes sont hospitalisées, dont 230 aux soins intensifs.

Et plus de 98 % des décès liés à la COVID-19 touchent toujours les personnes âgées de 60 ans et plus, alors qu'ils ne représentent que 29,8 % des malades.

Aux dernières nouvelles, 2394 personnes étaient toujours en attente de leurs résultats et 2146 autres étaient considérées comme rétablies.

Depuis le début de la pandémie, pas moins de 137 451 tests ont été effectués par la santé publique. La grande majorité d'entre eux se sont révélés négatifs.

Avec les informations de La Presse canadienne

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