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COVID-19 : un service de texto et clavardage pour aider les victimes de violence conjugale

Une femme regarde à travers un rideau.

Les organismes cherchent des moyens de rejoindre les femmes victimes de violence conjugale en temps de confinement.

Photo : iStock

Radio-Canada

La Coalition d'Ottawa contre la violence faite aux femmes présente un nouveau service qui permettra aux victimes de violence conjugale d'envoyer des textos et des messages en ligne plutôt que d’appeler à l’aide par le biais d’un appel téléphonique.

Dillon Black, qui coordonne la prévention au sein de la coalition, s'inquiète pour les femmes qui appellent les refuges et les organismes communautaires en ces temps de confinement, à la recherche d'une échappatoire aux abus - mais aussi pour celles qui n'appellent pas.

Les victimes n’appellent pas à l’aide comme d'habitude. Faire des courses, pouvoir aller au bureau, c'étaient toutes des occasions où les survivantes pouvaient demander de l'aide de manière privée et sécuritaire. Et maintenant, elles ne peuvent pas le faire parce qu'elles sont coincées à la maison, a déclaré Dillon Black.

C'est la raison pour laquelle la coalition, conjointement avec l’organisme Prévention du crime Ottawa, la Maison Interval et le Centre de ressources de l'Est d'Ottawa, a lancé un nouveau service de messagerie par texto et clavardage.

Dillon Black pose devant un ordinateur. Sur l'écran, on peut lire "unsafe at home Ottawa, text + chat line".

Dillon Black, de la Coalition d'Ottawa contre la violence faite aux femmes, a cherché un moyen pour les femmes de communiquer en toute confidentialité avec les services communautaires.

Photo : CBC

Une technologie “cryptée”

Dillon Black s’est lancé à la recherche des meilleures pratiques à travers le pays, pour finalement trouver une technologie qui avait déjà été développée par un travailleur anti-violence à Victoria.

Dillon Black l’a contacté, puis a adapté le service pour qu’il fonctionne à Ottawa.

Pendant la pandémie, ils mettent cette plateforme à la disposition gratuite des organisations de lutte contre la violence à l'égard des femmes, en raison de la demande pour ce type de service, a déclaré Dillon Black.

Des conseillers ou des travailleurs qualifiés seront à l'autre bout du chat, aidant les femmes en détresse à créer des plans de sécurité pour réduire leurs risques, à trouver des mécanismes d'adaptation, des ressources ou simplement à parler de ce qu'elles ressentent.

Il s'agit d'une plateforme cryptée de bout en bout, ce qui signifie qu'aucune information n'est stockée sur un serveur. Aucune information n'est enregistrée et les conversations sont supprimées automatiquement par la suite, a expliqué Dillon Black.

Baisse des signalements à la police

À la Maison Interval, un refuge pour les victimes de violence conjugale, la directrice générale Keri Lewis affirme recevoir quelques appels de plus que d'habitude. Elle remarque surtout une hausse du nombre de textos envoyés pour appeler à l’aide.

Les travailleurs de première ligne dans toute la ville constatent un besoin de pouvoir communiquer autrement que par téléphone, car il est vraiment difficile de passer un appel lorsque votre partenaire violent est avec vous dans la maison.

Keri Lewis, directrice de la maison Interval

Le Service de police d'Ottawa constate pour sa part une baisse du nombre de signalements d'abus, comme l'a souligné le chef de police Peter Sloly lors d'une assemblée municipale virtuelle la semaine dernière.

Peter Sloly dans une mêlée de presse.

Le chef du Service de police d'Ottawa Peter Sloly (archives).

Photo : Radio-Canada / Lorian Bélanger

C’est préoccupant, car nous savons que les abus se poursuivent et pourraient augmenter. Pour cette raison, nous avons lancé un certain nombre de campagnes de sensibilisation publique qui ciblent en particulier les femmes, les jeunes et ceux qui sont les plus vulnérables à la violence domestique, à la violence contre les enfants et au trafic d’êtres humains, a déclaré Peter Sloly.

« Nous devions agir rapidement »

De nouveaux fonds fédéraux affluent également vers les refuges pour femmes et les centres d’aide aux victimes d'agression sexuelle à travers le Canada. L'objectif est d'aider les organismes qui ont souvent soulevé des préoccupations concernant le sous-financement et la surcapacité.

Tout ce que nous pouvons faire, c'est offrir des options aux gens. [Le service de clavardage] est nouveau, mais nous étions vraiment convaincus que nous devions agir rapidement, car passer des appels téléphoniques ne fonctionne tout simplement pas pour beaucoup de gens, a précisé Mme Lewis.

Le service de texto et la ligne de discussion sont disponibles sept jours par semaine, de 8 h 30 à minuit. Il est possible d’envoyer un texto au (613) 704-5535 ou de se connecter en toute sécurité à unsafeathomeottawa.ca (Nouvelle fenêtre)

Si vous êtes en danger immédiat ou si vous craignez pour votre sécurité, appelez le 911.

Avec les informations de Julie Ireton de CBC

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