•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une application d'évaluation de symptômes de la COVID-19 au groupe Bruyère

La devanture de l'Hôpital Élisabeth-Bruyère.

La devanture de l'Hôpital Élisabeth-Bruyère

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Les Soins continus Bruyère permettent depuis mardi à leurs 2169 employés répartis sur plusieurs campus de faire une autoévaluation des symptômes de la COVID-19 avant de commencer leur quart de travail. Une application pour téléphone cellulaire a été développée par l’entreprise Macadamian de Gatineau.

Autant le dire d’entrée de jeu, l’application ne détecte pas la COVID-19. Elle offre plutôt un outil au groupe Bruyère pour faciliter la récolte de données sur l’état de santé de ses employés.

En effet, le ministère de la Santé et les autorités de santé publique de l’Ontario exigent que les employés de la santé répondent à une batterie de questions avant de se rendre sur leur lieu de travail. Jusqu’ici, les employés de Bruyère travaillant dans ses hôpitaux et maisons de soin de longue durée devaient répondre à un questionnaire papier en arrivant au travail, ce qui pouvait provoquer de longues files au début d’un quart de travail.

On a vu que le processus était assez lourd, alors on a demandé à quelques-uns de nos chercheurs et médecins de travailler avec des compagnies pour voir si on pourrait avoir une application pour faciliter le dépistage quand les employés entrent au travail, a indiqué Guy Chartrand, le président-directeur général de Bruyère.

Une application pour éviter les files

L’hôpital a fait appel à l’entreprise gatinoise Macadamian pour transposer ces questions sur une application que l’on peut ouvrir sur son téléphone intelligent.

Maintenant avec l’application, ça prend 30 secondes pour remplir le questionnaire [...] quand ils répondent oui à l'une des questions, un membre de notre équipe [de médecine du travail] leur donne une entrevue. Si c’est minime, on leur donne l’équipement dont ils ont besoin pour aller travailler, sinon on les envoie chez eux par précaution, précise M. Chartrand.

Gros plan sur un masque de protection N95.

Le personnel soignant a accès à des masques pour travailler.

Photo : Radio-Canada / Tyson Koschik

Entre 150 et 200 employés ont déjà été renvoyés à la maison en isolement préventif au cours des dernières semaines, mais aucun cas de COVID-19 n’a été recensé à Bruyère jusqu’ici, que ce soit parmi les employés ou les patients des hôpitaux et des foyers de longue durée. M. Chartrand précise que les employés en auto-isolement continuent à être payés.

Comment cela fonctionne-t-il ?

Frédéric Boulanger est le président-directeur général de Macadamian Technologies, l’entreprise spécialisée en solutions numériques dans le domaine de la santé, qui a développé l’application en deux semaines à peine. Il considère qu’il s’agit d'un outil dans un arsenal qui doit aider les organisations de la santé à fonctionner en pleine crise de la COVID-19.

Fred Boulanger sourit à la caméra.

Frédéric Boulanger est président-directeur général chez Macadamian (archives).

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Cet outil va aider à identifier les gens qui pourraient éventuellement avoir des symptômes. On est capables de dire si la personne est capable de rentrer au travail. Ce sont des questions simples, avec aussi une prise de température, a indiqué M. Boulanger.

Une fois qu’on a la réponse, on a un bel écran vert qui dit qu’on peut entrer dans l’édifice, et ces données-là sont enregistrées pour être ensuite compilées et pour calculer les statistiques éventuellement transférées au ministère de la Santé.

Frédéric Boulanger, président-directeur général de la société Macadamian

Des données précieuses pour Bruyère

L’idée est donc aussi de fournir des données en temps réel à l’administration de Bruyère pour qu'elle connaisse l'état de santé de ses effectifs au fil du temps.

Cela permet à l'hôpital de comparer avec les prises de température précédentes et les réponses précédentes, et de faire une meilleure planification des demandes pour avoir des employés la prochaine journée ou le prochain quart de travail, a précisé M. Boulanger.

Il a ajouté : Les questions de l'application sont mises à jour avec les changements de réglementation qui sont faits assez régulièrement.

Le PDG de Bruyère estime qu’il est peu probable que 100 % des employés utilisent l’application, qui exige de posséder un téléphone intelligent, mais il espère que 75 % à 80 % des employés l’utiliseront avant de commencer leur quart de travail.

L'Hôpital Saint-Vincent d'Ottawa fait partie du réseau des Soins continus Bruyère.

L'Hôpital Saint-Vincent d'Ottawa fait partie du réseau des Soins continus Bruyère.

Je pense qu’on va voir d’ici une semaine comment ceci va fonctionner, mais je crois que ça va aider, ça va diminuer les lignes et faciliter la manière dont les gens vont rentrer au travail. Ils ne seront pas obligés de venir une demi-heure plus tôt pour entrer dans leur quart de travail, a-t-il prédit.

Le but est de faciliter leur vie quotidienne, parce qu’on sait que les choses sont très compliquées, conclut le PDG de Bruyère, qui estime tout de même qu’il y a suffisamment d’employés pour assurer les services de soin pour le moment au sein des différents pôles du groupe.

De son côté, la société Macadamian, qui compte environ 80 employés au Canada et 180 dans le monde, confirme être en discussion avec d'autres établissements de santé pour être en mesure de leur offrir ce service.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Avec les informations d'Antoine Trépanier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Coronavirus