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Transfert du personnel de l'éducation vers la santé : les syndicats déplorent le flou

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Une confusion règne quant à l'application de l'arrêté ministériel.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Il était passé presque inaperçu. Un arrêté ministériel publié vendredi par la ministre de la Santé Danielle McCann permet au gouvernement de « redéployer » le personnel de l’éducation dans le réseau de la santé, où les besoins pour faire face à la COVID-19 sont criants. Mais pour les syndicats, de nombreuses questions demeurent.

Selon cet arrêté, « l’ensemble du personnel des commissions scolaires et des collèges » pourrait être redéployé au sein du réseau de la santé et des services sociaux, malgré leurs conventions collectives. Une exception est faite pour le personnel dont le travail est jugé essentiel pour le maintien des services éducatifs par le ministère de l'Éducation.

Est-ce que toutes les catégories d'emplois sont concernées? Ce n’est pas clair. Le gouvernement devrait publier mardi un guide d'application concernant cet arrêté ministériel. Mais en attendant, les contours de la mesure sont flous.

Selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN), ce sont principalement des milliers d’enseignants du collégial qui pourraient être forcés par le gouvernement Legault d'aller travailler dans les hôpitaux et les CHSLD.

Près de 3700 travailleurs du collégial pourraient être mobilisés, d’après des données obtenues par La Presse canadienne.

En grande majorité, il s'agit de professeurs en soins infirmiers (1797), mais il y a aussi des professeurs de biologie (549), de technique d'éducation à l'enfance (448), de travail social (229) et de radiologie (119).

Selon la Fédération du personnel de soutien scolaire, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), l’arrêté ministériel s’adresserait au contraire à tous les travailleurs du préscolaire au collégial, en passant par la formation professionnelle et la formation générale des adultes.

Le 18 mars, le gouvernement du Québec avait publié un arrêté ministériel qui suspendait certaines dispositions des conventions collectives des employés du milieu scolaire, dans un contexte de pandémie.

La mesure avait été prise pour assurer le maintien des services de garde d'urgence pour les enfants dont les parents assurent des services essentiels.

Le gouvernement avait également suspendu partiellement les conventions collectives dans la santé et les services sociaux le 21 mars.

Naviguer à vue

Au sein des deux centrales syndicales, les préoccupations sont grandes et de nombreuses questions restent en suspens.

La CSN s'inquiète des règles de mise en œuvre de l'arrêté ministériel, contenues dans le guide d'application qui devrait être rendu public mardi. Le syndicat demande ce qui adviendrait, par exemple, des enseignants qui refuseraient d'être affectés dans un centre hospitalier.

On met la charrue avant les bœufs, lance Caroline Quesnel, la présidente de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ), affiliée à la CSN. Est-ce que ça va être obligatoire ou du volontariat? Ça jette une certaine confusion, déjà qu'on n'en manquait pas.

L'enseignement à distance fait partie de la liste des services essentiels, donc le personnel enseignant dans le domaine de la santé est en train de finir l'année scolaire à former des cohortes d'étudiants.

« Qui va être requis [à aller travailler dans le réseau] à court terme? Va-t-on considérer ceux qui sont à mi-temps avant ceux qui sont à plein temps? Par ordre de priorité? D'ancienneté? Par ordre alphabétique? On n'en sait rien. »

— Une citation de  Caroline Quesnel, présidente de la FNEEQ

L'annonce de l'arrêté ministériel a aussi créé de l'inquiétude chez les membres de la CSQ, qui représente la majorité des enseignants au Québec, mais aussi les professionnels de l'éducation et les employés du soutien scolaire.

Les membres du syndicat se demandent quels titres d'emplois seront touchés, dans quel ordre, dans quelles régions et quand.

Est-ce qu'un enseignant pourrait être conscrit comme préposé aux bénéficiaires? On ne le sait pas, on n'a aucune idée comment ça va se traduire, a dit Sonia Éthier, présidente de la CSQ.

La CSQ avait déjà dénoncé le manque de communication en amont de la part du gouvernement lors de la publication de l'arrêté ministériel du 18 mars.

Avec les informations de La Presse canadienne

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