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L'autrice de Station Eleven n'aurait jamais imaginé certains aspects de la pandémie

La jeune femme pose et regarde devant elle.

Emily St. John Mandel est l'autrice de « Station Eleven »

Photo : The Canadian Press / Sarah Shatz

Radio-Canada

Dans son roman Station Eleven, sorti en 2014, l’écrivaine canadienne Emily St. John Mandel a mis en scène une pandémie dans un monde imaginaire. Mais elle reconnaît qu’elle n’aurait pu imaginer la réaction de certains politiciens en ce qui concerne la COVID-19.

Le roman de l’écrivaine, qui connaît une hausse des ventes dernièrement, raconte la quête d’une troupe de théâtre en Amérique du Nord, 20 ans après une pandémie de grippe géorgienne. Mais, contrairement à la COVID-19, ce virus grippal imaginaire s’est propagé très rapidement dans la population mondiale. Deux semaines après les premiers cas, la civilisation s’est effondrée.

La couverture du livre <em>Station Eleven<em>

Phénomène littéraire, Station Eleven a été publié dans une vingtaine de pays.

Photo : Alto

Évidemment, pour une écrivaine, réfléchir et écrire une fiction sur une pandémie est une tout autre expérience que de la vivre. Emily St. John Mandel, qui habite New York, une ville gravement touchée par la COVID-19, souligne qu’elle n’aurait pu imaginer certains aspects de cette pandémie, notamment la période de déni et le manque de préparation gouvernementale.

« On voyait ce virus arriver, mais on ne voulait pas le croire. C'est un échec massif de l'imagination, ce que je trouve vraiment intéressant. »

— Une citation de  Emily St. John Mandel

L’écrivaine, qui a récemment publié son nouveau roman The Glass Hotel pense aussi que c’est une période politique dangereuse. Nous sommes dans une ère de dirigeants populistes, qui donnent des faits alternatifs. Sous [le président américain Donald] Trump, mais aussi au Royaume-Uni, et même en Australie, la réalité est un sujet de débat et de faits alternatifs, se surprend Emily St. John Mandel, qui a grandi en Colombie-Britannique.

Elle ajoute que la réaction politique américaine rend la situation plus dangereuse qu’en 2003 lors de l’épidémie de SRAS. Il y avait au moins une sorte de consensus. Vous n'aviez pas un président des États-Unis qui disait que la pandémie était un canular.

Une pandémie parsemée de fausses nouvelles

L’auteur américain Jeff VanderMeer vit à Tallahassee, en Floride. Il a écrit sur les questions environnementales dans ses livres précédents et traitera de la pandémie actuelle dans son prochain roman, Hummingbird Salamandre. Il est aussi surpris du climat politique actuel aux États-Unis.

« Comme auteur qui imagine des histoires du futur, je n’aurais jamais pu prévoir le niveau élevé de stupidité et de transmissions de fausses nouvelles. »

— Une citation de  Jeff VanderMeer

Un professeur de l’Université d’Ottawa, Robert Smith? [il écrit son nom avec un point d'interrogation], qui écrit des romans de science-fiction, est surpris du temps écoulé entre la pandémie actuelle et celle de la grippe espagnole en 1918.

Il a aussi été étonné de voir la pandémie toucher l’Amérique du Nord et l’Europe, alors qu’au cours des dernières décennies, les autres épidémies sont restées cantonnées aux continents asiatiques et africains.

Par ailleurs, l’écrivain a décidé d’intégrer la COVID-19 dans ses prochains livres. Il pense que les écrivaines et écrivains pourront grandement s’inspirer de la pandémie actuelle. Entre des scénarios catastrophes et les effets psychologiques du confinement, il y a de la matière, pense-t-il.

Toutefois, Emily St. John Mandel espère qu’on ne se fera pas envahir par une horde de romans à saveur de pandémie grippale. Je crois qu’il est difficile d’imaginer une histoire que tout le monde a déjà vécue, conclut-elle.

Avec les informations de La Presse canadienne

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