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Analyse

Cuomo, le gouverneur qui mise sur les faits pour affronter la pandémie

En première ligne de la crise du coronavirus, le gouverneur de New York s’est imposé sur la scène politique nationale aux États-Unis.

Cuomo lors d'un point de presse.

Andrew Cuomo reproche au président Trump de se fier à ses opinions plutôt qu'aux faits scientifiques.

Photo : Reuters / Jeenah Moon

« Quand on voit comment il parle, quand il demande des choses, on a confiance en lui », lance De Guise Vaillancourt à propos de son gouverneur. Ce Montréalais installé à New York depuis 30 ans compare les points de presse d’Andrew Cuomo à ceux du premier ministre du Québec, François Legault.

Chaque jour à Albany, la capitale de l’État, le gouverneur démocrate se présente devant les caméras pour faire le point sur la situation à New York, l’épicentre américain de la pandémie.

Nombre de décès, utilisation des unités de soins intensifs, nombre de lits ou de respirateurs nécessaires : sur l’écran installé à côté de lui défilent les dernières statistiques sur l’état de la situation à New York.

Je ne suis pas intéressé par les opinions politiques. Je veux savoir ce que les experts ont à dire, a déclaré Andrew Cuomo lundi, évoquant une stratégie de relance de l'activité économique dans sa région.

Pour Dick Howard, professeur émérite en philosophie politique à l’Université Stony Brooks, cette approche factuelle contraste grandement avec les points de presse de la Maison-Blanche, où les arguments avancés par le président Donald Trump ne sont pas toujours les mêmes que ceux de ses experts de la santé publique.

Si on peut dire que Trump sucre beaucoup son café, Cuomo, lui, le boit noir.

Une citation de :Dick Howard, professeur émérite de philosophie politique

Malgré l’austérité de ses conférences de presse, le gouverneur mise également sur une approche personnelle dans sa gestion de crise.

Ces dernières semaines, il a par exemple multiplié les entrevues avec son frère, l’animateur de CNN Chris Cuomo, qui a lui-même été contaminé par la COVID-19. Certaines mesures mises en place pour protéger les aînés portent le nom de loi Matilda, en référence à sa mère de 88 ans.

Une femme porte un masque dans le métro de New York.

La pandémie a durement touché l'État de New York, et plus précisément sa célèbre métropole.

Photo : Reuters / Andrew Kelly

Si cette stratégie obtient l’appui de nombreux New-Yorkais, le gouverneur Cuomo fait aussi face à des critiques pour sa réponse initiale à la pandémie.

New York a par exemple appliqué ses mesures de confinement cinq jours après la Californie.

Puis, début mars, quand le premier cas de contamination à la COVID-19 a été confirmé dans son État, Andrew Cuomo déclarait que le meilleur système de santé au monde était ici même à New York. Il ajoutait ne pas croire que des scénarios dramatiques s’étant produits dans d’autres pays allaient survenir sur son territoire.

En un mois et demi, New York a dépassé les 190 000 cas de contamination. On y déplore maintenant plus de 10 000 décès.

L’approche adoptée par Andrew Cuomo dans les semaines qui ont suivi semble néanmoins avoir rassuré la population. Un récent sondage du Siena College montrait que son taux d’approbation est passé en quelques semaines de 44 % à 71 %.

Quel avenir politique pour Andrew Cuomo?

De tels appuis soulèvent nécessairement des questions sur l’avenir politique de cet élu, qui appartient à une véritable dynastie démocrate. Fils d’un ancien gouverneur de New York, Andrew Cuomo a été marié à l'une des filles de Robert Kennedy.

Secrétaire au Logement au sein du cabinet Clinton, il a occupé les fonctions de procureur général de l’État de New York, avant d’en devenir le gouverneur en 2011.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo.

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo.

Photo : Associated Press / Mary Altaffer

Quand vous êtes là depuis toujours, vous avez des ennemis, note le professeur Dick Howard.

L’universitaire, lui-même New-Yorkais, explique qu’Andrew Cuomo a la réputation d’être un politicien ambitieux, un politicard qui s’intéresse à son avenir.

Au sein même du Parti démocrate, les politiques économiques centristes de cet homme, qui se décrit lui-même comme un progressiste pragmatique, ne font pas l’unanimité.

Il est obsédé par la question des déficits budgétaires. Il était prêt, par exemple, à couper dans les budgets de l’éducation et de la santé, explique Dick Howard.

Une manifestation contre les politiques d'Andrew Cuomo en matière de logement, en 2015.

Une manifestation contre les politiques d'Andrew Cuomo en matière de logement, en 2015.

Photo : Associated Press / Seth Wenig

En 2018, lors des dernières élections, l’actrice Cynthia Nixon, associée à l’aile plus progressiste du Parti démocrate, s’est donc présentée contre lui aux primaires, obtenant 34 % des voix.

Depuis, la cote de popularité du gouverneur a grandement augmenté et il dispose désormais d’une tribune quotidienne sur les grands réseaux de télévision américains. Dans ce contexte, Andrew Cuomo envisagerait-il de se lancer tardivement dans l’aventure présidentielle en vue des élections de novembre?

Malgré l'insistance de son frère qui l’a plusieurs fois questionné à ce sujet sur les ondes de CNN, le gouverneur a répété qu’il entendait se ranger derrière l’ancien vice-président Joe Biden, le seul candidat encore en lice dans le cadre des primaires démocrates.

Peu importe le rôle qu’il jouera, il y a fort à parier qu’Andrew Cuomo n’a pas fini de faire parler de lui sur la scène politique américaine.

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