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Des scientifiques craignent la transmission de la COVID-19 vers la chauve-souris

Des chauves-souris dorment dans une caverne.

Un passage du virus vers la chauve-souris pourrait créer un nouveau foyer d'infection animale en Amérique du Nord, selon des experts.

Photo : iStock

Radio-Canada

La transmission de la COVID-19 de l’homme vers les chauves-souris est peu probable, mais pourrait être potentiellement désastreuse en Amérique du Nord selon des spécialistes de cette espèce. Des biologistes et des bénévoles dans des organismes de protection de la faune ont déjà été avertis de ne pas manipuler ces animaux.

Le Réseau canadien pour la santé de la faune (RCSF) va recommander la suspension de tous les travaux scientifiques sur le terrain avec des chauves-souris selon Craig Willis, qui est professeur à l’Université de Winnipeg spécialisé dans les maladies fauniques. Une recommandation déjà lancée aux États-Unis par la U.S. Fish and Wildlife Service.

La crainte de ces organismes est que des millions de chauves-souris ne deviennent des hôtes de la COVID-19.

Le SRAS-CoV-2, le coronavirus à l’origine de la maladie, a des similarités génétiques avec un coronavirus présent chez des chauves-souris asiatiques.

Ce virus aurait ensuite été transmis de la chauve-souris vers un autre animal avant d’infecter les humains.

C’est pour cela que Craig Willis craint que les espèces nord-américaines ne deviennent elles aussi une source d’infection.

Nous savons que ce virus peut infecter une multitude d’espèces. Et la question est : si celui-ci revient chez les chauves-souris ou d’autres animaux, pourrions-nous nous retrouver avec une autre source d’infection animale qui peut revenir chez l’homme?

Craig Willis, professeur à l’Université de Winnipeg spécialisé dans les maladies fauniques

Craig Willis rappelle que les chauves-souris d’Amérique du Nord transportent des coronavirus comme beaucoup d’autres espèces, mais que pour le moment le nouveau coronavirus n’est pas présent chez les animaux du continent.

Des animaux plus fragiles que d’autres

Une autre inquiétude de Craig Willis et de certains de ses collègues de l’Université de la Saskatchewan concerne le syndrome du museau blanc, une maladie qui a tué des millions de chauves-souris en Amérique du Nord. Ils ont en effet réussi à prouver que les animaux en proie à ce syndrome sont plus vulnérables face au nouveau coronavirus.

Nous avons étudié des chauves-souris souffrant du syndrome du museau blanc et celles-ci étaient 60 fois plus exposées aux virus que des chauves-souris en bonne santé.

Craig Willis, professeur à l’Université de Winnipeg spécialisé dans les maladies fauniques

Craig Willis juge aussi que la transmission des virus d’origine animale vers l’humain est une conséquence de l’empiétement de l'homme sur les habitats naturels. Il explique que les animaux étant confinés dans de petits espaces, cela favorise le passage des virus d’une espèce à l’autre.

Le professeur ajoute aussi que les changements climatiques peuvent aggraver cette transmission avec des animaux qui se déplacent dans des environnements qui leur étaient autrefois inhospitaliers.

Avec les informations de Bartley Kives

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