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Évacuations printanières : des municipalités du Nord inquiètes de leur capacité d'accueil

Une femme militaire porte un enfant évacué pour le faire débarquer de l'avion.

L'an passé, la Première Nation de Pikangikum avait été évacuée vers Thunder Bay en raison d'un immense incendie.

Photo : La Presse canadienne / LS Dan Bard

Radio-Canada

Chaque printemps, des Premières Nations sont évacuées vers des municipalités du Nord de l’Ontario en raison de feux de forêts et d’inondations. Or, avec l’éclosion de la COVID-19, l’Association des municipalités du Nord-Ouest de l’Ontario (NOMA) craint que cela soit impossible.

La présidente de l’association, Wendy Landry, explique que les villes ont dû licencier plusieurs de leurs employés et travaillent donc avec une main-d’oeuvre extrêmement réduite.

Il n'est pas possible de faire face à la lourde charge de travail de la gestion des évacuations d'urgence normalement assurée par le personnel de la municipalité d'accueil.

Une citation de :Wendy Landry, présidente de l’Association des municipalités du nord-ouest de l’Ontario

La NOMA précise que les installations municipales normalement utilisées dans le cadre des évacuations, telles que les bibliothèques et les parcs, sont fermées en raison de la COVID-19. Les dirigeants municipaux sont également préoccupés par le fait que les services de soutien dans des secteurs tels que la santé mentale, les services à l'enfance et à la famille, fonctionnent à une capacité réduite.

Certaines municipalités, comme Thunder Bay, ont déjà indiqué à la province ne pas pouvoir accueillir d'évacués jusqu'à nouvel ordre.

Portrait de Wendy Landry.

Wendy Landry est également la mairesse de la ville de Shuniah.

Photo : Radio-Canada / Cathy Alex/CBC

Protéger les Premières Nations

Mme Landry craint également que le déplacement des Premières Nations vers des municipalités potentiellement contaminées soit risqué. Elle explique que plusieurs d'entre elles s'isolent volontairement afin d'empêcher le virus de pénétrer dans leurs communautés.

C'est notamment le cas de Kashechewan, sur la côte ouest de la baie James, qui demande au gouvernement de lui offrir le soutien nécessaire afin que la communauté puisse demeurer sur son territoire durant les inondations printanières.

Si une Première nation isolée du Nord n'a pas de cas au moment où une évacuation est nécessaire, il semble peu logique de mettre en danger sa population en évacuant vers une municipalité où le virus s'est déjà propagé, soutient Mme Landry.

Elle demande à la province de travailler de concert avec les Premières Nations, le gouvernement fédéral et les municipalités afin d’élaborer un plan d’évacuation tenant compte des limites des villes du Nord-Ouest.

On veut être tous assis à la même table afin de trouver une solution ensemble. Ce n'est pas une question politique, c'est une question de sécurité.

Une citation de :Wendy Landry, présidente de l’Association des municipalités du Nord-Ouest de l’Ontario

La NOMA propose notamment de déplacer les communautés vers des bases militaires ou des parcs provinciaux.

La province répond que le Centre provincial des opérations d’urgence (CPOU) élabore, en collaboration avec le fédéral et les municipalités, une planification d'urgence en prévision des inondations et de la saison des feux de forêt.

Selon un porte-parole du ministère du Solliciteur général, le CPOU travaille directement avec les communautés autochtones et le ministère fédéral des Services aux Autochtones pour répondre aux demandes d'aide au sujet de la COVID-19 et des inondations.

Le centre est aussi en contact avec les municipalités pour déterminer leur capacité d'accueil et examiner d'autres possibilités.

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