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L'accord « historique » de l'OPEP+ a peu d'effet sur les cours du pétrole

Une personne passe devant le siège de l'OPEP à Vienne.

Les cours du pétrole ont fluctué lundi, malgré l'accord de réduction historique de la production conclu durant le week-end.

Photo : Reuters / Leonhard Foeger

Reuters

Les cours du pétrole ont fluctué lundi, l'accord de réduction historique de la production conclu ce week-end entre l'Arabie saoudite, la Russie et d'autres producteurs majeurs se heurtant au plafond des inquiétudes toujours présentes.

Les intervenants redoutent en effet que cet arrangement difficilement trouvé entre grands pays producteurs ne suffise pas à réduire la surproduction de pétrole, car la pandémie continue de laminer la demande.

Selon Dan Pickering de Pickering Energy Partners, les coupes de l'alliance OPEP+ ne vont pas tirer d'affaire le secteur énergétique américain.

Wall Street n'a trouvé aucun soutien sur le marché pétrolier, qui a fini la journée sur une note mitigée après l'accord conclu par l'OPEP et ses alliés pour réduire la production mondiale de 9,7 millions de barils par jour, un volume jugé insuffisant par de nombreux observateurs.

En fin de séance, le Brent gagnait 0,8 % pour s'établir à 31,74 dollars le baril, mais le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perdait 1,5 % à 22,41 dollars, au plus bas depuis le 1er avril.

Après une réaction initiale positive sur les cours pétroliers, nous nous attendons à ce que la décision de l'OPEP+ se traduise au mieux par un court plancher, estime Harry Tchilinguirian de BNP Paribas dans une note.

Mais nous n'anticipons pas une reprise durable des cours du pétrole tant que la demande latente ne sera pas pleinement exprimée au troisième trimestre, ajoute-t-il.

Réduction record

L'accord conclu dimanche a pourtant pour effet d'enclencher une réduction de l'offre de pétrole quatre fois supérieure au précédent record en la matière, qui remonte à 2008, pendant la crise financière.

Après quatre jours de tractations dans le cadre du format dit OPEP+, les pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), la Russie et d'autres pays producteurs de premier plan se sont entendus pour réduire leur production de 9,7 millions de barils par jour à compter du 1er mai et pour deux mois, soit près de 10 % de la demande mondiale.

L'Arabie saoudite, le Koweït et les Émirats arabes unis ont même offert d'aller plus loin que ce que prévoit l'accord et de réduire davantage leur production. L'offre de pétrole globale au sein de l'OPEP+ pourrait de fait baisser de 12,5 millions de barils par jour, a indiqué le ministre saoudien de l'Énergie.

Du fait de la pandémie de coronavirus, la consommation de combustibles a chuté de près de 30 % dans le monde.

Un appel à la collaboration

L'OPEP+ a également indiqué qu'elle souhaitait que d'autres pays producteurs n'appartenant pas à ce groupe informel, à commencer par les États-Unis, le Canada, le Brésil et la Norvège, mettent eux aussi en oeuvre une baisse de leur production à hauteur, globalement, de 5 millions de barils par jour supplémentaires.

Le Canada et la Norvège ont laissé entendre qu'ils pourraient suivre cet appel.

Aux États-Unis, la loi anti-cartel ne facilite pas la mise en oeuvre d'arrangements de ce type. Mais la production américaine de pétrole devrait baisser de toute façon en raison de la chute des cours, peut-être jusqu'à 2 millions de barils par jour en moins.

Cet accord va permettre de sauver des centaines de milliers d'emplois dans le secteur de l'énergie aux États-Unis, a réagi le président américain sur Twitter.

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