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Les pays de l’OPEP+ parviennent à un accord pour réduire la production mondiale

Des pompes installées sur des puits de pétrole.

La chute du cours du baril de brut a entraîné une baisse du prix du litre d'essence.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Radio-Canada

Après des semaines de discussion, le cartel pétrolier de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et la Russie, appelée OPEP+, ont finalement convenu un accord dimanche pour faire monter les prix du pétrole en réduisant la production de près de 10 millions de barils par jour, soit un dixième de l'approvisionnement mondial.

L’idée de réduire la production à hauteur de 10 millions de barils par jour a été soumise le 3 avril par le président russe Vladmir Poutine pour tenter de stabiliser le marché du brut.

Les négociations n'avaient pas porté fruits au cours des dernières semaines. Samedi, les ministres de l'Énergie des pays du G20 ont échoué à se mettre d'accord sur une baisse de la production.

Le président russe Vladimir Poutine, le président américain Donald Trump et le roi d'Arabie saoudite Salmane soutiennent tous l'accord, qui verrait la production mondiale de brut réduite de 9,7 millions de barils par jour, a déclaré dimanche le Kremlin.

Le ministre mexicain de l'Énergie a déclaré dimanche sur Twitter que le groupe de nations avait accepté de couper 9,7 millions de barils par jour à partir du 1er mai. Le ministre koweïtien du Pétrole, Khaled al-Fadhel, a aussi tweeté des informations similaires.

L'exception mexicaine

Le ministère iranien du Pétrole a également tweeté confirmant la réduction de 9,7 millions de barils pour mai et juin. Il a aussi déclaré que les pays de l'OPEP+  acceptent que le Mexique réduise sa production de 100 000 barils uniquement pour ces deux mois.

C'était l'unique pays de l'OPEP et ses partenaires à ne pas avoir accepté la réduction en mai et juin de la production mondiale à hauteur de 10 millions de barils par jour après de longues négociations, vendredi à l'aube.

Le président du Mexique Andres Manuel Lopez Obrador avait toutefois déclaré vendredi qu'il avait convenu avec le président américain Donald Trump que les États-Unis compenseraient ce que le Mexique ne pouvait pas ajouter aux réductions proposées.

« Les États-Unis aideront le Mexique et ils nous rembourseront à une date ultérieure lorsqu'ils seront prêts à le faire », a déclaré Donald Trump lors d'un point de presse à la Maison Blanche vendredi.

Réduction globale

L'OPEP+ a demandé aux producteurs extérieurs au groupe tels que les États-Unis, le Canada, le Brésil et la Norvège de réduire leur production d'un 5 % additionnel, soit 5 millions de baril par jour.

Le Canada et la Norvège ont indiqué leur volonté de réduire, mais le ministre fédéral des Ressources naturelles Seamus O'Reagan a indiqué que le Canada ne s'est pas encore positionné sur une quantité limite.

L'Alberta, qui est la province qui produit le plus de pétrole « a déjà limité sa production à 80 000 barils par jour », a ajouté le ministre.

Deux chevalets de pompage au nord de l'Alberta en hiver.

Face à la réduction du prix du baril, l'Alberta a limité sa production depuis plusieurs mois.

Photo : Radio-Canada / Genevieve Laurent

« L'accord de mise en œuvre des limites de production par l'OPEP + met les producteurs mondiaux d'énergie en conformité avec les mesures que l'Alberta a prises à contrecœur depuis janvier 2019 », rapporte une porte-parole de la ministre de l'Énergie de l'Alberta, Sonya Savage, dans une déclaration vendredi.

« Cependant, la demande reviendra alors que les économies du monde entier se remettront de cette pandémie. La vie reviendra à la normale, ajoute-t-elle. Entre-temps, nous espérons que les mesures prises par l'OPEP + stabiliseront le prix mondial du pétrole et éviteront de nouvelles tensions pour les travailleurs de l'énergie en Alberta. »

Les États-Unis, où la législation rend difficile d'agir en tandem avec des cartels tels que l'OPEP, a déclaré que sa production chuterait d'elle-même cette année en raison des prix bas.

Une baisse de 15 % de l'offre pourrait ne pas être suffisante pour arrêter la baisse des prix, ont prédit la banque Goldman Sachs et UBS la semaine dernière, affirmant que les prix du pétrole Brent retomberaient à 20 $ américain le baril, contre 32 $ actuellement et 70 $ au début de la année.

La prudence est de mise

Le professeur d'économie de l'Université Concordia, Moshe Lander, croit que même si les nouvelles devraient en théorie être bonnes pour les producteurs canadiens, il a peu de chance que cela change le marché en pratique.

« Je pense que les marchés sont en général assez méfiants à l'égard des annonces de l'OPEP, à moins d'une annonce claire de l'application et des conséquences pour la non-conformité ... peut-être que lorsque les marchés ouvriront mardi, vous pourriez voir les prix du pétrole augmenter un peu », hypothétise-t-il.

Bien que l'ampleur et la portée de l'accord soient sans précédent, ce n'est pas une solution suffisante au choc de la réduction de la demande en raison de la COVID-19, estime pour sa part Kevin Birn, analyste chez IHS Markit à Calgary.

Un homme avec masque protecteur à la Bourse de Shanghai, dans le district financier de Pudong. En toile de fond, un immense tableau numérique présentant l'évolution des cours boursiers.

L'indice de confiance des marchés est au plus bas avec la crise de la COVID-19.

Photo : Reuters / Aly Song

« Si les conditions économiques continuent de s'aggraver à l'échelle mondiale baisse de la demande peut dépasser toutes les réductions de production, laissant les installations de stockage continuer à se remplir », croit pour sa part Karl Schamotta, stratège en chef des marchés chez Cambridge Global Payments à Toronto

Des volumes supplémentaires devront encore sortir au cours de cette période, a déclaré Kevin Birn, ce qui implique qu'il reste encore un chemin difficile à parcourir pour les producteurs du monde entier et de l'Ouest canadien.

Avec les informations de l'Associated Press, Reuters et Joel Dryden

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