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Les camionneurs au front pendant la crise

Une route se trouve dans le milieu d'un désert.

Le paysage change au fur et à mesure que le couple se déplace. Parfois, il traverse de longues étendues désertiques.

Photo : Radio-Canada

Mélissa Paradis

Exercer le métier de camionneur en temps de pandémie n'est pas une mince affaire, spécialement quand il faut se rendre aux États-Unis, le pays le plus touché par la COVID-19. Pourtant, chaque jour, des routiers traversent la frontière canado-américaine pour approvisionner le Canada en produits essentiels.

Un couple de la région n'hésite pas à le faire, mais non sans craindre de contracter le virus. D'ailleurs, Isabelle Gaudreault et son conjoint, Dominic Gaulin, reviennent tout juste d'un voyage de quelques milliers de kilomètres pour livrer des croissants à Salt Lake City, aux États-Unis. À son retour au pays, le couple a dû passer par Montréal pour y déposer une cargaison de salade avant de rentrer à la maison.

Sur la route, les décors ont parfois quelque chose d'apaisant, mais chaque sortie au pays de l'oncle Sam demeure une source de stress en raison notamment du comportement de certains Américains.

On arrive ici. Ils n'ont rien. C'était la même affaire où on a ''dumpé'' [la marchandise] hier. Ils n'ont pas de protection. Ils n'ont rien. C'est décourageant.

Isabelle Gaudreault, camionneuse

Pour limiter ses sorties, le couple a aménagé un coin à l'arrière de la cabine du camion. La plupart des repas qu'il y mange ont été préparés à l'avance. Une nouvelle cafetière est venue s'ajouter au petit réfrigérateur qui était déjà sur place. Une toilette portative et une cuvette font aussi désormais partie du décor.

Une camionneuse regarde sa cafetière.

Au fil du temps, le couple s'est efforcé de devenir aussi autosuffisant que possible.

Photo : Radio-Canada

Il faut dire que plusieurs haltes routières et commerces sont fermés. Dans ce contexte, il devient difficile d'accéder à une toilette ou à un endroit où se doucher. Les équipements de protection se font aussi rares.

Nous sommes au front. C'est nous qui allons chercher la nourriture et le matériel médical.

Isabelle Gaudreault, camionneuse

Son conjoint aimerait bien que les gouvernements du Québec et du Canada soutiennent davantage les routiers. Dominic Gaulin souligne que lorsqu'il y a un camionneur de moins sur la route, ce sont 80 000 livres de denrées de moins qui vont être acheminées.

Des inquiétudes grandissantes

Selon le président du syndicat des Teamsters du Canada, François Laporte, les camionneurs sont de plus en plus inquiets à l'idée de se rendre aux États-Unis. Ils accusent les Américains de manquer de prudence devant une crise sanitaire sans précédent.

M. Laporte affirme avoir lancé un message clair au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau et à sa collègue du Travail, Filomena Tassi.

Je leur ai dit : "Le jour où les gens vont dire que c'est trop dangereux, vous n'aurez plus d'alternative et l'ensemble de la chaîne de logistique va s'effondrer".

François Laporte, président du syndicat des Teamsters du Canada

Selon lui, il est important que le message se rende également aux États-Unis.

Prime demandée

Le premier ministre du Québec, François Legault, avait salué le travail des camionneurs en mars. Plusieurs d'entre eux demandent aujourd'hui à Québec et à Ottawa que cette reconnaissance se traduise par une prime.

Mme Gaudreault estime que le versement de cet argent supplémentaire serait logique puisque chaque camionneur, qui se rend aux États-Unis, joue avec sa vie.

Comme plusieurs de leurs collègues, Isabelle Gaudreault et Dominic Gaulin continuent quand même d'approvisionner le Canada en espérant ne pas contracter la COVID-19.

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Saguenay–Lac-St-Jean

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