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Image illustrant le concept de l'or.

L'or, ce minerai précieux, se négocie maintenant à près de 1700 dollars américains l’once, son plus haut sommet en sept ans.

Photo : iStock

Si la pandémie n’épargne personne sur le plan économique, certains entrepreneurs sont plus pressés que d’autres de reprendre leurs activités. C’est le cas de l’industrie minière, qui perd des millions en raison d’une crise qui, incidemment, pourrait valoir son pesant d’or.

Jamais nous ne risquerons la santé de notre personnel pour redémarrer l’extraction, insiste Mathieu St-Amant, de l'Association minière du Québec. Il admet cependant que beaucoup, beaucoup d’argent est en jeu.

On ne ferme pas une mine comme on ferme un magasin. Les exploitations minières doivent assurer un service de maintenance minimal pour s’occuper de l’équipement, et garder les fosses à sec. Non seulement la fermeture a un coût, mais sans extraction, l’entreprise n’a plus de source de revenus.

La crise et son pesant d’or

Dans le contexte actuel, ce repos forcé prive aussi les minières d’une opportunité de croissance considérable, reconnaît M. St-Amant.

Le fer et l'or font partie des minerais les plus exploités au Québec. Le premier peut représenter en lui-même une ressource stratégique essentielle en temps de crise.

Le second est une valeur refuge depuis des temps immémoriaux. C’est-à-dire qu’en temps de crise, lorsque les entreprises perdent de la valeur en bourse, l’or tend à en gagner.

D’ailleurs, l’agence Bloomberg rapportait jeudi que le minerai précieux se négociait maintenant à près de 1700 dollars américains l’once, son plus haut sommet en sept ans. Ici, l’expression « opportunité en or » prend tout son sens, et les exploitations minières québécoises en sont privées d’office.

Le Québec plus restrictif

Selon nos sources, les exploitations minières tentent par tous les moyens de convaincre le gouvernement Legault de leur permettre de reprendre leurs activités. D’autant plus que le Québec est la seule juridiction en Amérique du Nord à imposer une telle réduction des opérations.

En Ontario, les compagnies minières ont été ajoutées à la liste des services essentiels, et peuvent continuer leurs activités. Les mines québécoises, qui ont aussi un statut prioritaire, n’ont pas eu cette chance, et se retrouvent désavantagées dans un marché où la concurrence demeure très forte.

Comme toute entreprise au Québec, les exploitations minières peuvent demander une dérogation pour reprendre leurs activités si elles craignent de perdre des contrats importants, ou si la fermeture remet en question leur développement ou leur viabilité à long terme.

Cinq mines ont reçu une telle permission du gouvernement, en raison de leur rôle « essentiel » dans la chaîne d’approvisionnement. Quatre ont pu reprendre l’extraction en respectant des règles sanitaires minimales.

Mines en activités :

  • ArcelorMittal (Fer, Fire Lake et Mont-Wright)
  • Minerai de Fer Québec (Fer, Lac Bloom)
  • Rio Tinto Fer et Titane (Titane, Côte-Nord)
  • Imerys Graphite et Carbone (Mica, Laurentides, usine et expédition seulement)
  • Niobec (Niobium, Saguenay-Lac-Saint-Jean)

Au gouvernement, tant à l’Économie qu’aux Ressources naturelles, le mot d’ordre demeure de respecter à la lettre les consignes de la Direction de la Santé publique.

Nous souhaitons que l’économie reprenne graduellement dans les semaines à venir, mais pour le moment, notre priorité est la santé et la sécurité de tous les Québécois.

Claude Potvin, attachée du ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien

Le transport des ouvriers par avion vers les sites miniers, ou la descente des équipes au fond des puits, par exemple, sont difficilement conciliables avec les impératifs de distanciation sociale. Un défi, certes, mais qui n’est pas insurmontable, selon l’Association minière du Québec.

D’autant que les mineurs n’hésiteront pas à y mettre l’effort, selon Mathieu St-Amant. Quel que soit le coût d’un changement de pratique sur le terrain, il restera bien en deçà de celui d’une fermeture prolongée.

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