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Des organismes d'aide humanitaire internationale en mission... au Canada

Plusieurs bénévoles, portant des turbans, des masques et des gants, dans une cuisine communautaire, mettent de la nourriture dans des boites blanches et les placent dans un grand conteneur.

Des bénévoles de United Sikhs, à Brampton, préparent et emballent des repas chauds à distribuer.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

Ils sont parmi les premiers sur le terrain après un tremblement de terre, un ouragan, ou en zone de conflit. Irak, Philippines, Bahamas : leurs bénévoles ont été déployés aux quatre coins du monde. Or, en pleine pandémie, ces organismes humanitaires deviennent un service essentiel ici, chez eux.

Lundi matin, dans une cuisine communautaire de Brampton, en banlieue de Toronto. Des bénévoles d'United Sikhs préparent des dizaines de repas chauds qui seront distribués à des personnes dans le besoin.

Cet organisme d’aide humanitaire et de défense des droits civiques, établi dans une dizaine de pays, vient de lancer une banque alimentaire d’urgence.

Le principe est de rendre service à ceux qui sont encore plus isolés par les mesures de distanciation physique, en ces temps de COVID-19 : aînés; familles à faibles revenus avec enfants; personnes qui ont des conditions médicales préexistantes... On ne veut pas que les gens souffrent chez eux, souligne Jagdeep Singh, directeur général pour la région de Toronto.

Alors on fournit des repas chauds, mais aussi des aliments secs et des médicaments.

Un homme, qui porte un turban, un masque et des gants, prépare des galettes dans une cuisine communautaire.

Un bénévole de l'organisme United Sikhs, muni d'un masque et de gants, prépare de la nourriture pour des personnes dans le besoin dans le Grand Toronto.

Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay

On a aussi, par exemple, un service de soutien vétérinaire avec des consultations gratuites au téléphone. On tire profit de l’expérience variée des bénévoles. C'est une assistance générale, et la nourriture n’est qu’un aspect, résume-t-il.

Pour faire connaître ses services, United Sikhs s’associe à des municipalités, des groupes communautaires et des travailleurs sociaux, mais mise aussi les médias sociaux.

Si l’organisme a rapidement pu mettre ce projet sur pied, c’est qu’il peut compter sur des années d’expérience, notamment à l’étranger.

United Sikhs a participé à plus 75 activités de secours aux sinistrés de tous types dans environ 25 pays dans le monde. Des cyclones, tremblements de terre, inondations, aux Philippines, aux Bahamas et autres : nos bénévoles étaient là pour aider. Donc cette expérience est vraiment utile, souligne Jagdeep Singh.

On peut aussi s’inspirer et importer les meilleures pratiques de nos différentes divisions locales. On communique beaucoup.

Même mission, à la maison

L’organisme torontois GlobalMedic a aussi l’habitude de travailler dans ces mêmes pays. GlobalMedic a exécuté 219 missions dans 73 pays et a fourni de l’aide à 3,4 millions de personnes dans le monde, déclare fièrement Rahul Singh, directeur général. Mais dans le contexte actuel, ces missions internationales sont un peu mises sur « pause », et l’organisme déploie ses ressources au Canada.

Dans les dernières semaines, GlobalMedic a par exemple distribué de la nourriture aux banques alimentaires du pays – céréales, lentilles, pois chiches, haricots... – ainsi que des savons et des trousses d’hygiène aux familles vulnérables et aux sans-abri, sans oublier du désinfectant aux premiers répondants.

Nous avons aussi mis toutes nos tentes rigides et gonflables à la disposition des hôpitaux et banques alimentaires, ajoute Rahul Singh. Plusieurs banques les ont utilisées pour pouvoir continuer à fournir leurs clients, et les équipes médicales détermineront la meilleure façon de les utiliser. C’est simplement pour leur donner plus d’espace et de capacité.

Environ 5 personnes tirent la toile d'une grande tente rigide brune. Autour de la tente, un ruban jaune d'urgence a été installé.

Des bénévoles de l'organisme GlobalMedic installent une tente d'urgence à côté d'un hôpital du Grand Toronto.

Photo : Radio-Canada

Normalement, nous utilisons ces tentes pour remplacer les infrastructures critiques endommagées, comme un hôpital ou une école. Récemment, nous les avons aussi utilisées pour héberger des animaux aux Bahamas après l’ouragan Dorian.

Peu importe le lieu géographique, la mission reste la même, selon lui. 

On donne une assistance aux agences qui sont en place pour livrer cette aide, qui travaillent avec les personnes vulnérables. C’est la même chose si on travaille en Syrie, au Bangladesh... Notre devise, c'est : "The right aid to the right people at the right time". Autrement dit : l’aide appropriée, aux bonnes personnes, au bon moment.

Cette crise-ci, c’est une crise invisible, et le deuxième impact, c'est les gens qui ont perdu leur revenu, leur emploi, qui manquent de nourriture.

Une citation de :Rahul Singh, GlobalMedic

Or, si le mandat reste le même, le sentiment est tout de même un peu différent.

« C’est un peu bizarre pour nous, reconnaît Rahul Singh. J’ai été déployé dans bien des pays et j’ai l’habitude de me lever tôt pour aller travailler toute la journée, aider, mais je n'ai certainement pas l’habitude d’ensuite revenir chez moi le soir. Là, on retourne à nos maisons chaque jour pour visiter nos familles. »

Défi des bénévoles

Dans le contexte présent, GlobalMedic fait aussi face à un défi : la perte de nombreux bénévoles. Nos bénévoles sont normalement des premiers répondants : les pompiers, policiers, ambulanciers, docteurs. Donc c’est difficile pour nous dans cette crise, parce que ces gens doivent travailler.

Un homme, chauve, portant un chandail bleu avec le logo de GlobalMedic, dans un bureau.

Rahul Singh est directeur général de l'organisme de bienfaisance GlobalMedic, établi à Toronto.

Photo : Skype

Aussi, si les bénévoles sont un peu plus vieux ou ont des problèmes médicaux, on ne peut pas les mettre à risque. Alors on utilise seulement une petite portion de nos bénévoles.

La sécurité de ceux qui aident est en effet un enjeu prioritaire, estime United Sikhs.

Si les bénévoles vont livrer de la nourriture ou quelque chose, c’est de porter les gants, les masques, désinfecter les choses, prendre des précautions. En ce moment, il faut vraiment penser à chaque étape, dit Daya Kaur, une jeune membre de l’organisme.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Tous nos bénévoles sont passés par un programme de formation. On a travaillé avec le bureau de gestion des urgences de Brampton, ajoute Jagdeep Singh. Quand ils viennent cuisiner, on prend leur température.

La dernière chose que vous voulez, c’est de rendre vos bénévoles malades, ou, encore pire, qu’ils transmettent la maladie.

Une citation de :Jagdeep Singh, United Sikhs

Puisque le confinement risque encore de durer, les organismes comme United Sikhs se préparent pour un long marathon, et ils espèrent même élargir leur offre de services.

Par exemple, la bénévole Daya Kaur travaille, elle, à traduire du matériel en français. Avoir l’opportunité d’inviter ces gens sans la barrière de langue sera une bonne façon d'étendre nos activités.

Juste donner ces services, même s’ils sont de base, ça fait une différence dans la vie des gens.

Une citation de :Daya Kaur, bénévole pour United Sikhs

La crainte de la prochaine catastrophe

La situation actuelle a mis en suspens les activités à l’étranger de groupes comme GlobalMedic. On a rappelé tous les Canadiens qui sont en mission, explique Rahul Singh. On travaille toujours à distance pour aider des missions, on a des partenaires qui sont là et qui continuent, mais ce n’est pas aussi rapide que si on était là. Je veux retourner nos gens dans ces pays le plus tôt possible, mais maintenant, c’est pas le temps pour ça.

Il espère, entre-temps, ne pas voir de grosse catastrophe survenir. Si on avait un tremblement de terre dans un pays maintenant, on n’est pas capable de répondre, déplore-t-il. Il n'y a aucun avion, aucune méthode de répondre.

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