•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Coronavirus : plus de 500 000 cas recensés aux États-Unis

Des ambulanciers américains s’apprêtent à transporter un patient potentiellement atteint de la COVID-19.

Le nombre de cas du nouveau coronavirus ne cesse d'augmenter aux États-Unis.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Radio-Canada

Les États-Unis ont franchi vendredi la barre symbolique du demi-million de cas déclarés du nouveau coronavirus, selon le comptage de l'université Johns Hopkins.

Depuis la fin mars, ils sont devenus le pays qui compte le plus d'infections recensées. Avec plus d'un quart des cas officiellement déclarés dans le monde, ils menacent de devenir le nouvel épicentre de la pandémie devant l'Europe, qui compte quant à elle plus de 850 000 malades, selon un comptage de l'AFP.

Au cours de la même période, le pays est devenu le premier au monde à dépasser les 2000 morts de la COVID-19 en une journée, avec 2108 décès supplémentaires enregistrés en 24 heures, selon l'université Johns Hopkins.

Le nombre total de morts qui y sont recensés est de 18 586, soit très proche du pays le plus endeuillé, l'Italie, qui déplore 18 849 décès, mais avec une population cinq fois moins importante.

Depuis le milieu de la semaine dernière, les États-Unis comptabilisent plus de 1000 nouveaux décès quotidiens, et avaient déjà enregistré mardi et mercredi près de 2000 morts en 24 heures.

À Chicago, des personnes patientent avant de passer un test de dépistage.

En 24 heures, les États-Unis ont enregistré 35 000 cas déclarés positifs à la COVID-19.

Photo : Reuters / Joshua Lott

Plus de 2,1 millions de tests ont été réalisés, a indiqué le vice-président américain Mike Pence vendredi lors de la conférence de presse quotidienne de la cellule de crise de la Maison-Blanche sur le virus.

Le président Donald Trump répète régulièrement qu'il s'agit du plus grand nombre de tests effectués par un pays, ce qui explique selon lui le nombre de cas recensés bien supérieur aux États-Unis qu'ailleurs.

Selon le site ourworldindata.com, c'est effectivement le cas en valeur absolue, mais proportionnellement à leur population, l'Italie et la Corée du Sud ont réalisé plus de tests que les Américains.

Lors de son point de presse quotidien, le gouverneur de l'État de New York Andrew Cuomo a affirmé : Nous avons besoin de tests diagnostiques et de tests sérologiques, et il nous en faut plusieurs millions, en faisant référence à cette technique de dépistage à grande échelle qui permettrait de confirmer que la pandémie est maîtrisée avant d'autoriser un retour à la vie normale.

Toujours d'après M. Cuomo, ces tests devraient être impérativement livrés d'ici des semaines, pas des mois, tout en reconnaissant que cette forme de dépistage n'existe pas aux États-Unis pour l'instant.

À la différence du test diagnostique, qui détermine si une personne est malade, un test sérologique révèle si un individu a été atteint par le virus, même s'il n'est plus malade ou qu'il n'a jamais présenté de symptômes.

Nous voulons remettre neuf millions de personnes au travail, a poursuivi le gouverneur.

Enterrés dans une fosse commune

Selon plusieurs médias locaux vendredi, des dizaines de corps de victimes du coronavirus non réclamés par des proches sont par ailleurs enterrés sur une île de New York, surnommée depuis longtemps « l'île des morts ».

Située au nord-est du Bronx, Hart Island est utilisée comme fosse commune de New York depuis 1869.

Plus d'un million de personnes non identifiées, non réclamées ou pour qui des proches n'ont pu payer des funérailles sont déjà enterrées sur l'île.

Nous allons continuer à utiliser l'île à cette fin durant la crise et il est probable que des gens morts des suites de la COVID-19 et qui relèvent de l'un de ces cas seront enterrés là dans les jours à venir, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Ville de New York.

Des ouvriers installent des cercueils dans une fosse commune située sur Hart Island, une 'île new-yorkaise.

Les autorités new-yorkaises ont engagé des ouvriers pour enterrer les corps non réclamés alors que le taux de mortalité quotidien de la ville dû à la COVID-19 bat de sinistres records.

Photo : Reuters / Lucas Jackson

Des images filmées cette semaine par drone pour le New York Post montrent des dizaines de cercueils sommaires en train d'être enterrés sur Hart Island.

Cité par plusieurs médias, un porte-parole des services pénitentiaires de la Ville qui gèrent le lieu a indiqué qu'environ 24 personnes étaient enterrées chaque jour actuellement, contre 25 en moyenne par semaine avant la pandémie.

Vendredi, le maire de New York, Bill de Blasio, a aussi reconnu de manière implicite que les corps de personnes décédées des suites du nouveau coronavirus étaient enterrés à Hart Island.

Ce sont ordinairement des détenus, extraits de la célèbre prison de Rikers Island toute proche, qui s'occupent des enterrements. Mais compte tenu des risques de contamination et des inquiétudes quant à la propagation du virus en détention, la tâche est actuellement assurée par les employés d'un sous-traitant, a indiqué un porte-parole de la Ville de New York.

Les services pénitentiaires ont ouvert un registre qui recense toutes les personnes enterrées sur l'île depuis 1977 et dont l'identité est connue.

La gestion de l'île a été régulièrement critiquée, les services pénitentiaires étant accusés de ne pas entretenir correctement les lieux.

Avec près de 160 000 cas signalés et plus de 7800 morts depuis le début de la pandémie, l'État de New York – et surtout la ville de New York elle-même – serait l'équivalent du pays le plus touché du monde, après les États-Unis.

Qu'est-ce qui explique que la maladie se répande si rapidement dans la capitale financière américaine?

D'abord, la densité : avec 10 000 habitants au kilomètre carré, en moyenne, il s'agit d'une concentration de gens propice à la transmission de virus et d'infections.

Ensuite, les populations pauvres sont fortement représentées à New York, notamment dans des immeubles densément peuplés, ce qui accentue les risques de transmission. Et ces gens n'ont bien souvent pas les moyens d'accéder à des soins de santé abordables et disposant des ressources nécessaires pour traiter tous les patients convenablement.

De 200 000 à 300 000 morts

Les experts ne s'entendent pas non plus sur la responsabilité du maire de New York et du gouverneur de l'État en ce qui concerne la vitesse de réaction des autorités face à la pandémie. Le premier cas d'infection a été recensé le 2 mars dans la Grosse Pomme, mais le maire Bill de Blasio n'a fermé les bars, restaurants et écoles publiques que le 16 mars. Quant au gouverneur, il a décrété la suspension des activités non essentielles le 22 mars.

Le New York Times, de son côté, relaie les projections mises au point par le département de la Sécurité intérieure; selon ces données, l'absence totale de mesures de confinement et de partage des équipements médicaux, dont les respirateurs artificiels, entraînerait la contamination de 195 millions d'Américains, dont 5,3 millions auraient besoin d'être hospitalisés, y compris 965 000 aux soins intensifs. On compterait aussi 300 000 décès.

Dans le « meilleur » scénario, soit une période de confinement de 30 jours accompagnée d'un partage de l'équipement médical, le tout suivi de mesures de protection progressivement allégées, notamment la fermeture des écoles jusqu'à l'été, le télétravail pour le quart de la main-d'œuvre et le maintien de certaines normes de distanciation sociale, 105 millions de personnes tomberaient malades, 4,2 millions seraient hospitalisées, dont 740 000 en soins intensifs, et l'on recenserait 200 000 décès.

Avec les informations de Agence France-Presse, et New York Times

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Politique américaine

International