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Les hôteliers demandent des aides financières spécifiques pour ne pas sombrer

Touchés de plein fouet par la pandémie, les hôteliers aimeraient, notamment, des allègements fiscaux.

Un homme marche dans une rue déserte du Vieux-Montréal.

Il n'y a presque personne actuellement dans le Vieux-Montréal, pourtant l'un des lieux touristiques les plus prisés au Québec.

Photo : Radio-Canada / Denis Wong

Au bout du fil, Christiane Germain insiste. « Je suis une entrepreneuse, j’aime créer des jobs, pas l’inverse. Ce sont les semaines les plus éprouvantes de ma vie », lâche la coprésidente de Germain Hôtels.

À travers le pays, 5 de ses 18 complexes hôteliers ont cessé de fonctionner. Les autres? Le taux d’occupation va de 0 à 7 ou 8 %, confie-t-elle. Résultat : son groupe a été contraint de mettre à pied un millier de personnes « sur environ 1300 », précise Christiane Germain.

Toute l’industrie touristique traverse actuellement une période critique et les interrogations sont nombreuses. Comment payer en ce moment les frais fixes comme les impôts fonciers, alors que les sources de recettes sont quasi nulles?

On sort de belles années et les évaluations foncières ont augmenté de 25 %, souligne Eve Paré, présidente de l’Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM).

Ce sont des sommes faramineuses qu’on doit payer. On parle de centaines de milliers de dollars.

Eve Paré, présidente de l’Association des hôtels du Grand Montréal

Pour nous, c’est extrêmement difficile. Les liquidités ne sont pas là, ajoute Christiane Germain, qui est en faveur, tout comme l’AHGM, d’un allègement fiscal et d’un recalcul des impôts fonciers.

C’est sûr qu’avec l’année difficile qu’on vit, la valeur foncière va baisser, mais ce sera dans plusieurs années. Or, c’est maintenant qu’on en a besoin. Ces frais fixes, c’est un gros morceau pour nous, soutient Eve Paré.

Des « réflexions » menées par Québec

Qu’en pensent les autorités? La Ville de Montréal, responsable de collecter ces taxes sur son territoire, indique avoir déjà permis un report d’un mois du paiement de l'impôt foncier « pour tous les contribuables ». La nouvelle date limite est le 2 juillet.

D’autres mesures pour relancer l’économie sont également à prévoir, note Youssef Amane, directeur des communications du cabinet de la mairesse Plante, en soulignant que les groupes particulièrement touchés par la crise, comme l'industrie touristique, seront consultés dans les meilleurs délais afin de préparer la reprise.

Plus tôt cette semaine, François Legault avait d’ailleurs admis qu’une « réflexion » sur ce sujet serait menée « avec les municipalités », afin de déterminer si une compensation du gouvernement sera possible.

Je n'ai aucun doute que le gouvernement va vouloir prêter l'oreille à ces demandes, espère Manuela Goya, vice-présidente de Tourisme Montréal, qui soutient les demandes des hôteliers.

Ottawa ouvert à des ajustements

Québec a lui aussi fait un pas vers l’industrie touristique, en annonçant jeudi le report du versement de la taxe sur l’hébergement du premier trimestre. Les établissements d’hébergement touristique auront jusqu’au 31 juillet pour s’acquitter de cette somme, à la place du 30 avril.

Je suis convaincue que cette nouvelle mesure les aidera temporairement à traverser cette période difficile, a mentionné la ministre du Tourisme, Caroline Proulx. Son équipe a d’ailleurs spécifié que « d’autres mesures » sont à venir.

Ces possibilités de report, bien qu’appréciées, ne séduisent cependant pas Christiane Germain. Un report, c’est pelleter en avant, assure-t-elle.

Si vous reportez une dette, vous ne faites que la reporter. Il faut trouver des mesures définitives pour ne pas augmenter cette dette. On a besoin d’un coup de main.

Christiane Germain, coprésidente de Germain Hôtels

Les hôteliers aimeraient notamment convaincre le gouvernement Trudeau de décaler la possibilité de bénéficier, pour leur secteur, de la subvention salariale. À l’heure actuelle, cette mesure permettrait de couvrir jusqu’à 75 % du salaire d’un employé, pour un maximum de 58 700 $.

Je veux bien engager du monde maintenant, mais il n’y a rien à faire, détaille Christiane Germain. Pouvoir utiliser cette subvention plus tard, quand la machine va reprendre, ça peut être une bonne idée. Ça allégerait le fardeau de la masse salariale.

La ministre fédérale du Tourisme, Mélanie Joly, ne ferme pas la porte.

Le programme s’adapte et s’ajuste, on regarde toutes les options, reconnaît Jeremy Ghio, porte-parole de la ministre. On sait que le secteur touristique a été l’un des premiers affectés. On en est conscient.

Sans ces différentes aides financières, des hôtels pourraient définitivement fermer leurs portes, concède la patronne de Germain Hôtels. Personne n’est à l’abri, il y a en a plusieurs qui vont avoir énormément de difficulté à se relever.

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