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Une enseignante du primaire devient une vedette du web

Chaque matin, Marie-Ève Lévesque se rend dans un petit studio de Montréal d’où elle donne des cours virtuels.

Photo : La Presse canadienne / Jean-Philippe Robillard

Alors que le pays traverse une crise sanitaire et que les établissements scolaires sont fermés, une enseignante québécoise fait fureur sur le web avec des cours en ligne. Des milliers d’élèves du primaire écoutent quotidiennement les cours de français et de mathématiques donnés par Madame Marie-Ève dans Internet.

Les journées de Marie-Ève Lévesque, une enseignante de quatrième année, ne sont plus ce qu’elles étaient depuis que les écoles ont fermé leurs portes. Chaque matin, elle se rend dans un petit studio de Montréal, d’où elle donne des classes virtuelles sur YouTube aux élèves du primaire.

Marie-Ève donne vie à son studio – où l'on trouve deux écrans d’ordinateur, un clavier et un tableau interactif – et en fait une classe virtuelle.

Madame Marie-Ève, comme l’appellent les enfants, donne des cours pour chaque année du primaire de 8 h 15 à 12 h 30. Chaque classe virtuelle dure environ 30 minutes et propose en alternance des cours de mathématique et de français.

On fait simplement de la révision. On ne veut pas enseigner de nouveaux acquis nécessairement.

Marie-Ève Lévesque

Conserver les acquis et encourager la persévérance

On vise à rejoindre les enfants qui n’ont peut-être pas le support à la maison d’être bien encadrés, d’être supportés dans leurs études. L’autre chose [que] la crise pourrait apporter, [c'est] une perte de motivation scolaire, ajoute-t-elle.

L’enseignante croit qu’il est important de maintenir les notions que les élèves ont apprises depuis le début de l’année. Les acquis peuvent se perdre rapidement. Il y a un risque de perdre des acquis.

Elle estime que ses cours en ligne permettent d’aider les élèves en difficulté et d’encourager la persévérance scolaire.

S’ils sont fragiles au niveau académique, je leur offre des outils. Ceux qui ont envie de lâcher l’école ou qui sont moins motivés, c’est leur donner le petit plus pour qu’ils continuent, explique-t-elle.

Faire la classe sur YouTube

Des cours de plus en plus populaires

Avec sa personnalité colorée et ses talents de pédagogue, la magie opère. Le nombre d’élèves qui écoutent les classes virtuelles de Madame Marie-Ève ne cesse d’augmenter. Mercredi, ils étaient environ 10 000 à la suivre en direct.

On peut recevoir plus de 300 messages par jour.

Madeleine Domaschio, coordonnatrice pour la classe de Marie-Ève

Madeleine Domaschio s’occupe des médias sociaux, comme Instagram et Facebook, pendant que Marie-Ève donne ses cours. Elle remarque l’engouement que suscite l’enseignante tant chez les enfants que chez les parents.

Signe de l’enthousiasme que l’enseignante soulève sur le web, Marie-Ève a reçu 4000 courriels depuis une semaine et demie. Au cours de la même période, ses capsules vidéo ont été vues 265 000 fois.

Madeleine Domaschio affirme qu’en cette période de confinement, les parents recherchent ce genre de coup de pouce pour faire l’école à la maison.

Les parents se sentent tellement aidés, se sentent appuyés.

Madeleine Domaschio

Il y a eu beaucoup de ressources en ligne, mais qui demandaient aux parents et aux élèves d’être autonomes dans l’apprentissage. Je crois qu’ils attendaient vraiment d’avoir quelqu’un en direct qui travaille les stratégies d’apprentissage avec eux, donc on est venu combler ce besoin-là, affirme-t-elle.

C’est l’entreprise Succès scolaire qui est à l’origine du projet. Ça permet aux familles un certain répit, donner une routine à l’enfant et bien sûr le stimuler dans un contexte agréable, selon le président de l’entreprise Benoit Archambault.

Des enfants et des parents de partout au Canada se branchent quotidiennement sur les classes de Madame Marie-Ève. Son enseignement et sa passion sont contagieux et n’ont plus de frontière.

On a des gens de partout qui nous écoutent, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et beaucoup au Québec, souligne Mme Domaschio.

Je vous avoue qu’on a une grosse dose d’amour et que je ne m’y attendais pas. J’ai l’impression de faire partie de leur famille. Je peux dire que je suis comme leur nouvelle prof temporaire, remplaçante pour l’instant.

Marie-Ève Lévesque

En Ontario, à Oakville, Emy-Rose, une élève de 9 ans, écoute l’enseignante québécoise tous les matins. Pour sa mère, Julie Larivée, c’est un soulagement de voir son enfant poursuivre son parcours scolaire en cette période de crise.

Avec le télétravail de mon conjoint et moi qui suis infirmière à l’hôpital, j’avais besoin de quelque chose auquel elle pouvait accéder d’elle-même et qu’il n’y avait pas besoin d’avoir un parent à côté d’elle, souligne Mme Larivée.

On a besoin de savoir qu’ils ne sont pas juste plantés devant la télévision, qu’ils font des travaux éducatifs.

Julie Larivée, mère d'Emy-Rose

À Sudbury, toujours en Ontario, la petite Sophie, qui est âgée de 7 ans, ne peut plus se passer des capsules vidéo, tout comme ses parents.

Pour sa mère, Izabel Amaral, les classes de Marie-Ève sont un véritable baume en cette période de crise.

Ça nous aide aussi à garder le moral haut et à relever le défi d’enseigner à la maison, même si on n'a pas tous les jours la patience et la force de le faire.

Les classes virtuelles de Marie-Ève doivent se poursuivre pour encore au moins trois semaines.

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