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Notre-Dame : un an après l'incendie, un chantier en sommeil

Des échafaudages sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Un an après l'incendie de Notre-Dame de Paris, le chantier avance très lentement, accumulant retards et blocages.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Un an après l'incendie de Notre-Dame de Paris, une immense grue à l'arrêt surplombe une cathédrale toujours prisonnière de son échafaudage comme dans une toile d'araignée : c'est l'image figée que renvoie le « chantier du siècle », en plein confinement lié au nouveau coronavirus.

Depuis son incendie qui a ému le monde, Notre-Dame, joyau gothique orpheline de sa flèche, sans charpente, avec une voûte fragilisée, reste en urgence absolue, selon l'équipe qui veille sur elle, même s'il est très improbable qu'elle s'écroule. Autour du parvis ceinturé de barrières, les touristes japonais, chinois ou américains ont cessé de venir faire des selfies.

Une cérémonie, la deuxième depuis l'incendie, doit être célébrée à huis clos en ce Vendredi saint et sera retransmise à la télévision. L'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, vénérera notamment la couronne d'épines, sauvée des flammes.

Depuis le spectaculaire incendie, dans la soirée du 15 avril, qui avait saisi d'effroi Paris et le reste de la planète, et poussé des mécènes et des quidams du monde entier à promettre plus de 900 millions d'euros pour la reconstruction, le chantier a connu des avanies et l'enquête patine.

Les travaux ont d'abord été retardés durant l'été par des mesures contre la contamination au plomb. Puis à l'automne et à l'hiver, les intempéries ont bloqué le chantier, chaque fois notamment que les vents dépassaient 40 km/h.

Et alors que le printemps se profilait et que le démarrage du démontage des 10 000 tubes de l'échafaudage tordus et soudés par le feu était imminent, la pandémie de COVID-19 et le confinement général en France ont plongé le chantier dans le sommeil.

Chef d'orchestre du chantier, le général Jean-Louis Georgelin, ancien chef d'état-major des armées françaises, étudie désormais la possibilité de faire reprendre partiellement, progressivement et de manière ciblée ce chantier aux multiples facettes, qui mobilisait avant la mi-mars entre 60 et 70 ouvriers.

Par exemple pour les cordistes, ces équilibristes au bout de leurs cordes, la distanciation sociale [exigée face au coronavirus] est évidente, souligne-t-il.

Chantier de la cathédrale Notre-Dame.

Des ouvriers dans la cathédrale Notre-Dame pendant les travaux préliminaires trois mois après l’incendie.

Photo : Reuters

Si des robots ont déblayé la nef, il faut encore retirer les débris au-dessus de l'immense voûte. Des opérations qui s'achèveront en principe à l'été, tandis que le démontage et le dépoussiérage du grand orgue seront effectués d'ici 2024.

Des capteurs sont chargés partout d'identifier le moindre mouvement éventuel. Ça ne bouge pas, rassure une source proche du dossier.

Quand pourra-t-on entrer dans la phase de restauration? Le général Georgelin assure à l'AFP qu'elle devrait commencer en 2021.

L'architecte en chef Philippe Villeneuve effectue les études de restauration, qui conditionneront les travaux. Une consolidation des voûtes pourrait être encore nécessaire. J'espère que tout cela sera terminé à l'automne 2020, affirme le général.

Les options seront soumises à la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture.

Malgré la mise en sommeil, nous ne dormons pas, je sollicite la réflexion de tout le monde, insiste le général qui estime tenable le délai de cinq ans souhaité par Emmanuel Macron pour restaurer ce joyau du patrimoine français.

Supposons que le sommeil dure de l'ordre de deux mois. Sur une durée de 68 mois, on devrait être capables de l'absorber, estime le général Georgelin.

Des échafaudages sur le chantier de la cathédrale Notre-Dame

Les travaux ont d'abord été retardés durant l'été par des mesures contre la contamination au plomb. Puis à l'automne et à l'hiver à cause des intempéries

Photo : Reuters

Rien ne permet encore de discerner la forme finale qu'aura le joyau gothique.

Devra être tranchée l'alternative qui divise les amoureux de ce symbole national et religieux : reconstruire à l'identique la flèche dont l'avait dotée l'architecte Viollet-Le-Duc au XIXe siècle, ou concevoir un geste architectural contemporain, comme l'a souhaité Emmanuel Macron, au risque de se mettre en infraction avec l'UNESCO?

Certains ont proposé une flèche en verre, ou de créer sur le toit un parc-jardin bio, voire une terrasse panoramique pour les touristes...

L'architecte Philippe Villeneuve plaide la fidélité à l'ouvrage génialement retouché dans le style gothique par Viollet-le-Duc, dont sont conservés tous les plans. Il a estimé qu'une reconstruction à l'identique permettrait mieux de tenir les délais. Une option qui semble être celle d'une majorité de Français.

Dernière inconnue : l'enquête de trois juges d'instruction sur cet incendie dont l'origine est vraisemblablement due à des dysfonctionnements et négligences, qui devra établir les éventuelles responsabilités des entreprises impliquées sur le chantier et de l'État.

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