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COVID-19 : des plaintes sur le manque de français au gouvernement

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La commissaire aux services en français de l’Ontario, Kelly Burke, indique avoir reçu plus d’une dizaine de plaintes qui portent principalement sur le manque de français lors des conférences de presse quotidiennes de la province.

Chaque jour, le premier ministre Doug Ford fait le point de la situation de la COVID-19 en Ontario et répond aux questions des journalistes, en anglais seulement. Il en va de même pour les autorités de la santé publique.

Kelly Burke se questionne sur la possibilité d'atteindre l’ensemble des Ontariennes et des Ontariens en français sans avoir la capacité d’offrir de l’information en français dans les points de presse quotidiens.

Accès restreint aux informations en direct

Les communiqués de presse de la province, les alertes et les communications écrites sont offerts en français et en anglais. La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, vient cette semaine de commencer à faire des capsules en français qui résument l’annonce gouvernementale du jour sur ses comptes Twitter et Facebook.

Mais pour ce qui est des conférences de presse, seuls quelques ministres ont pu lire des phrases préparées en français dans les dernières semaines.

Les points de presse télévisés sont des moments névralgiques pour faire en sorte que toute la population comprenne bien les instructions à suivre. Je pense aux aînés par exemple ou aux personnes en région éloignée, qui comptent beaucoup sur la télévision, soit parce qu’ils n’ont pas un accès fiable à Internet, ou par choix personnel.

Kelly Burke, commissaire aux services en français et ombudsman adjointe
Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

Le député néo-démocrate de Mushkegowuk-Baie-James Guy Bourgoin assure que nombre de résidents francophones de sa circonscription sont confrontés à cette problématique d'accessibilité. On parle de nos droits, là. C’est maintenant qu'il faut adresser ça, pour qu'on ait ces services-là en même temps [que les anglophones].

Les francophones sont pas immunisés à la COVID.

Guy Bourgoin, député NPD de Mushkegowuk-Baie-James

Il y a deux semaines, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, Carol Jolin, était étonné de voir qu’il n’y avait pas de porte-parole francophone pour informer les Franco-Ontariens dans leur langue.

Kelly Burke, commissaire aux services en français de l’Ontario, lors d’une conférence de presse.

Kelly Burke, commissaire aux services en français de l’Ontario

Photo : Radio-Canada / JULIA KOZAK

La commissaire aux services en français, Kelly Burke, note que la Loi sur les services en français et la Directive sur les communications en français, établie en 2011, après des ratés linguistiques du gouvernement lors de la crise du H1N1, n’obligent pas les élus à s’exprimer en français.

Protéger les citoyens

Dès lors, le choix de traduire repose plutôt sur la bonne volonté du gouvernement, rappelle le politologue Martin Normand.

Y a un problème important qui lui est prévu par la directive [sur les communications en français].. au-delà d’un point de presse, ça devrait être disponible en français et de qualité équivalente en tout temps. Là-dessus, le gouvernement a raté la cible ces dernières semaines.

Martin Normand, stagiaire postdoctoral à l’école d’études politiques de l’Université d’Ottawa

Les disparités dans la communication en français à travers le pays sont très grandes, observe de son côté la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.

Il n'y a pas d'élément d'uniformité par rapport à l'engagement aux services en français et pourtant dans un moment de crise on ne parle pas réellement de droit linguistique, on parle de l'importance de protéger les citoyens.

Jean Johnson, président de la FCFA

Kelly Burke assure qu’elle sera vigilante pour la suite des choses.

Je me questionne dès à présent sur le type de préparation à ces scénarios d’urgence extrême et sur les mécanismes en place afin d’assurer que les communications en français ne soient jamais compromises.

Kelly Burke, commissaire aux services en français et ombudsman adjointe
La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

La ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

La ministre Mulroney n’était pas disponible pour une entrevue au moment d'écrire ces lignes, mais elle indique dans une déclaration écrite être attentive aux besoins, aux préoccupations des francophones pendant cette pandémie.

Je partage un lien chaque jour sur mes comptes Facebook et Twitter pour que les francophones puissent regarder le point de presse du premier ministre Ford en français avec l’aide de la traduction simultanée en plus de partager des informations importantes sur les mesures gouvernementales.

Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones de l'Ontario

Le lien qu’elle partage est la traduction simultanée offerte sur le site de Radio-Canada ou celui de CPAC.

Avec les informations de Julie-Anne Lamoureux et Camille Feireisen

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