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Loger les sans-abri, une priorité, selon une rapporteuse spéciale de l’ONU

Une femme parle dans un micro, on la voit de profil.

La crise de la COVID-19 démontre qu'il est grand temps d'éliminer l'itinérance, dit Leilani Farha, la rapporteuse spéciale pour les Nations unies sur le logement adéquat.

Photo : Reuters / Amr Abdallah Dalsh

Les hôtels et les chambres vides doivent être réquisitionnés au niveau national pour loger les personnes itinérantes durant la crise de la COVID-19, affirme Leilani Farha, rapporteuse spéciale des Nations unies pour le logement convenable.

Le gouvernement devrait aussi acquérir des immeubles pour loger les gens durant la crise, dit-elle.

Ces immeubles pourraient, après la crise, être convertis en logements abordables pour ceux qui sont dans le besoin, estime-t-elle.

Leilani Farha se réjouit notamment du financement du gouvernement fédéral de 157,5 millions de dollars pour aider les personnes en situation d’itinérance.

Le fédéral a versé ces fonds au programme Vers un chez-soi qui vise à éliminer l’itinérance au niveau municipal, la meilleure plateforme pour verser ces deniers, dit-elle.

Mme Farha déplore cependant un manque de leadership de la part du gouvernement fédéral dans ce dossier.

Ce que j’aurais aimé voir, c’est une ligne directrice plus ferme d’Ottawa qui dirait : " Comme tout le monde doit rester à la maison, nous voulons que toutes les personnes itinérantes aient un toit sur la tête."

Leilani Farha, rapporteuse spéciale des Nations unies pour le logement convenable

Si des villes comme Vancouver disent avoir déployé des lits dans des centres communautaires municipaux pour loger temporairement des sans-abri, le respect de la distanciation sociale demeure crucial.

Nous savons que le virus se propage très facilement, et des situations à aire ouverte, malgré une distance entre les lits, ne sont pas sécuritaires, dit-elle.

Pas assez de mesures pour les locataires

Qui voulons-nous voir sortir gagnants de cette crise?, demande la rapporteuse spéciale.

Leilani Farha, qui lance la question aux dirigeants, dit vouloir voir les ménages et les personnes itinérantes protégés durant la crise.

Quand je parle de gagnants, je veux dire qu’on veut voir la population sortir intacte de cette crise et non pas criblée de dettes.

Leilani Farha, rapporteuse spéciale des Nations unies pour le logement convenable

Elle avance par ailleurs que le pire pourrait être à venir pour les locataires si les mesures d’aide ne sont pas maintenues en place assez longtemps.

On aperçoit les dernières tentes encore debout dans le campement de Tent City.

L'aide gouvernementale est cruciale en temps de crise, selon Leilani Farha.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Nadeau

Je ne pense pas qu’il y ait assez de mesures mises en place pour les locataires et les propriétaires, estime-t-elle.

Elle recommande que les locataires touchés par la crise de la COVID-19 ne déboursent pas plus de 30 % de leur revenu pour leur loyer.

Le gouvernement fédéral viendrait compenser les propriétaires de ces revenus perdus, particulièrement les plus petits propriétaires, dit Mme Farha.

Elle voudrait aussi qu’Ottawa soit plus ferme et présente un plan national pour empêcher les évictions.

On ne peut pas demander aux gens de négocier avec les institutions bancaires ou leur propriétaire.

Leilani Farha

À son avis, les mesures adoptées par la Colombie-Britannique pour protéger les locataires doivent être applaudies, notamment en ce qui a trait au gel des loyers et l'interdiction des évictions pour les prochains mois.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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