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COVID-19 : l'Ontario teste bien en dessous de ses capacités

Un travailleur de la santé effectue des tests de COVID-19 au volant, dans une installation spécialement construite près de l'Hôpital général d'Etobicoke, à Toronto.

Un travailleur de la santé effectue des tests de COVID-19 au volant, dans une installation spécialement construite près de l'Hôpital général d'Etobicoke, à Toronto.

Photo :  CBC / Evan Mitsui

Radio-Canada

Les centres d'évaluation de la COVID-19 de l'Ontario sont la plupart du temps vides, seulement une poignée de personnes se présentant pour être testées chaque jour, selon une recherche effectuée par CBC.

Les hôpitaux de la province ont établi au moins 68 centres d'évaluation le mois dernier pour dépister le coronavirus, mais les professionnels de la santé ont dissuadé tous les demandeurs, sauf les plus prioritaires, de s'y rendre en raison de capacités de dépistage limitées.

Les centres ont refusé de tester 25 % à 30 % de ceux qui se sont présentés la semaine dernière, selon les chiffres fournis par le ministère de la Santé.

Une technicienne en laboratoire travaille sur des échantillons.

L'Ontario a augmenté sa capacité de tests pour la COVID-19 en utilisant des laboratoires privés, de sorte que la province peut désormais traiter 13 000 tests par jour. Cependant, le nombre de dépistages effectués chaque jour en Ontario est bien inférieur à ce nombre.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Cela soulève des questions sur la rapidité avec laquelle l'Ontario augmentera sa cadence de tests à 13 000 par jour, comme l'a demandé mercredi le premier ministre Doug Ford.

Jeudi, la province a annoncé 4097 nouveaux résultats de tests.

Contradictions sur les possibilités de dépistage

Les médecins des centres d'évaluation ont raconté à CBC qu'on leur a ordonné de limiter leurs tests aux groupes prioritaires tels que les travailleurs de la santé et de ne pas tester les membres du grand public, même s'ils présentent des symptômes.

Cette priorisation des dépistages des personnes considérées comme vulnérables, du personnel de la santé, des premiers répondants et des personnes vivant dans des communautés isolées a été officiellement réitérée jeudi dans une mise à jour des directives du ministère de la Santé.

Tout en rappelant ces priorités, le Dr David Williams, médecin hygiéniste en chef de l’Ontario, a prié les personnes inquiètes d’avoir contracté la COVID-19 de contacter leur médecin, qui après évaluation de leur état de santé leur procurera ou non une ordonnance pour faire un test.

Doug Ford en conférence de presse.

Le premier ministre ontarien, Doug Ford.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Le premier ministre Doug Ford a partagé ce point de vue jeudi lors du point de presse quotidien : Si ces personnes présentent des symptômes, elles doivent être dépistées. Nous voulons tester autant de personnes que possible dans toute la province.

Appel à élargir les critères

Les restrictions imposées sur les tests sont difficiles et frustrantes, a confié une responsable médicale d'un centre d'évaluation à Toronto.

Nous voulons tous faire de notre mieux pour nos patients et offrir le meilleur de nous-mêmes en ce qui concerne les tests et les soins, mais pour le moment, les directives ne nous permettent pas vraiment de le faire.

Camille Gauthier, directrice médicale du centre d'évaluation de la COVID-19 de l’Hôpital Toronto Western

Si quelqu'un se présente avec des symptômes d'infection au coronavirus, la première chose que je veux faire avec ce patient est d'essayer de confirmer s'il a ou non la COVID-19 et [je] veux pouvoir le tester.

Le centre d'évaluation dans lequel elle travaille ne teste que quelques dizaines de personnes par jour. Elle exhorte le ministère de la Santé à assouplir ses restrictions.

Refusés malgré des symptômes

Des dizaines de personnes développant des symptômes ont contacté CBC pour raconter qu'elles n'ont pu subir le test dans les centres spécialisés.

Diane Mossman, 77 ans, raconte ainsi son rendez-vous mercredi au centre d'évaluation de l'Hôpital Michael Garron de Toronto, après avoir signalé des symptômes de toux, de difficultés respiratoires, de fatigue extrême et de fièvre légère.

Il n'y avait pas de file d'attente. Une seule personne était devant moi et avait presque terminé sa visite. Il n'y avait personne dans la salle d’attente après moi, témoigne Mme Mossman dans un courriel.

Une femme subit un test de dépistage de la COVID-19.

Une femme subit un test de dépistage de la COVID-19.

Photo :  courtoisie / DeCode Genetics

Trois employés l'ont examinée avant de la diriger vers un médecin, qui, selon la retraitée, lui a dit en présentant ses excuses qu'elle ne satisfaisait pas aux critères pour subir le test, malgré ses symptômes.

J'étais tellement stupéfaite d'entendre cela et de réaliser que je ne pouvais pas passer le test, que je n'ai pas posé plus de questions, continue-t-elle.

Je suis bouleversée par cette situation. Je n'ai jamais ressenti ce genre de symptômes auparavant, et je crains d'avoir la COVID-19.

D'après les informations de Mike Crawley

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