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Quatre artistes fransaskois, quatre façons de vivre la crise de la COVID-19

Quatre artistes fransaskois, quatre façons de vivre la crise de la COVID-19

Quatre artistes fransaskois, quatre façons de vivre la crise de la COVID-19

Photo : Radio-Canada

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Un mois après l’apparition du premier cas de COVID-19 en Saskatchewan, les artistes fransaskois font preuve de résilience et de créativité pour surmonter les contraintes et l'anxiété. Voici un portrait de la situation telle que vécue par Étienne Fletcher, éemi, Michèle Mackasey et Marie-Véronique Bourque.

Michèle Mackasey dit en riant qu’elle va très, très bien. Celle qui travaille la majorité du temps seule dans son studio semble être bien préparée pour passer au travers de la crise:

« Je me concentre tellement sur ce que je fais, sur ce que je crée, ça laisse les choses qui se passent dans le monde tomber en arrière. Oui je m'informe, mais en même temps je vais à mon studio et je crée. »

— Une citation de  Michèle Mackasey
Une oeuvre artistiques avec du verre et de multiples couleurs.

Michèle Mackasey crée présentement sur des oeuvres sculpturales, composées de minuscules fioles de verre remplies de liquide transparent coloré, qui forment une image pixélisée.

Photo : Michèle Mackasey

Son projet actuel l'amène à créer de grandes images composées de petites bouteilles remplies de colorant. Elle admet que la situation n'est pas sans défis; bien avant l'émergence du virus dans la province, l’artiste s’était mise à chercher un fournisseur pour obtenir des matériaux. J'étais en train de faire une commande en Chine de 7000 bouteilles, j’avais de la misère à cause du virus.  La compagnie avec qui je faisais affaire avait cessé de communiquer avec moi. J’attends encore du fil de métal, qui devait arriver début avril et ça retarde mon projet .

Celle qui fait une résidence artistique avec le collectif Sans-Atelier devait faire des voyages à Patuanak, Ile-à-La-Croix, et à Beauval afin de collaborer avec des jeunes des communautés autochtones. Cependant, elle a dû s’en remettre à la vidéoconférence pour rejoindre les jeunes avec qui elle collabore. Je n’aime pas Facebook, je me sens un peu intimidée, mais j'aime bien Snapchat. Les jeunes aiment voir ce que je crée et je me ressens une responsabilité à garder la communication avec ces jeunes que je connais depuis des années.

Une femme regarde la caméra en souriant devant un piano.

Marie-Véronique Bourque joue des morceaux de jazz en ligne pour rendre le confinement un peu plus agréable. Ces prestations sont diffusées tous les lundis, mercredis, et vendredis à 18h.

Photo : Radio-Canada / MIRIANE DEMERS-LEMAY

La flûtiste Marie-Véronique Bourque offre trois fois par semaine des morceaux de jazz en vidéo en direct sa page Facebook.  Malgré son initiative pour rejoindre son auditoire, elle dit ressentir une certaine angoisse:

« Je me sens paniqué de l’intérieur. Quand les gens me regardent, je peux paraître zen, mais c'est vraiment comme si un monde est en train de s'effondrer présentement. Tous les plans, toute la vision, tout l’ouvrage qu'on a mis dans les dernières années, qui commencent à porter fruit, sont en train de tomber. »

— Une citation de  Marie-Véronique Bourque

L’auteure-compositrice-interprète qui devait voir poindre la saison des festivals a plutôt vu deux enregistrements être compromis. Les annulations pèsent lourd pour elle: les événements les uns après les autres, les engagements, les enregistrements, et c'est ça, c'est difficile de gérer tout ça en même temps, et voir des conséquences à court, moyen et long termes.  Comment est-ce qu'on va se relever de tout ça alors?

Elle parvient cependant à continuer à travailler, bien qu’elle doive partager sa salle de musique avec sa famille. Je n’y ai pas tout le temps accès, alors j’ai tendance à faire ça vers 9:30 jusqu'à minuit, 1h du matin... Je vais m’isoler et créer

Etienne Fletcher est au clavier avec un micro lors d'une prestation musicale.

Étienne Fletcher et ses musiciens Sean McCannell et Gaelan Malloy font partie des artistes qui ont offert une prestation en direct diffusée par internet en collaboration avec le Centre national des Arts.

Photo : Radio-Canada / Claude Dubé

Étienne Fletcher voit son calendrier chamboulé: j'étais censé commencer ce mois-ci l'enregistrement des pistes pour mon nouvel album en français. Ça l'a complètement été mis en pause, mais de l'autre côté je suis très chanceux que je n'ai pas eu à annuler des tournées ou que je ne sois pas coincé en Europe ou quelque part au Québec 

« C'est non seulement du bon temps en famille mais c'est aussi un temps juste pour relaxer »

— Une citation de  Étienne Fletcher

Avec la fermeture des écoles la conciliation famille-créativité prend tout son sens pour l’auteur-compositeur-interprète: J’ai comme l'impression que la créativité va venir, mais pour le moment avec la famille, avec les deux garçons la maison, là c'est plus juste une adaptation familiale. Avec les garçons, à 6h du matin on commence à journée, puis à 9h le soir c'est fini. Par le temps que Michelle et moi on puisse s'asseoir, je n’ai pas trop trop envie d'aller dans le sous-sol travailler plusieurs heures.

une photographie d'éemi avec un éclairage aux couleur vives

L'artiste a choisi d'épeler le nom éemi avec deux « e », sans majuscule, pour représenter sa dualité linguistique.

Photo : Stephanie Kuse

L’auteure-compositrice-interprète éemi qui vient tout juste de lancer son simple La petite douleur vit cette situation plutôt sereinement: je suis secrètement introvertie, donc pour moi rester à la maison c’est agréable, mais c’est quand même super difficile.

Elle confie qu’elle trouve pénible d'être contrainte de ne pouvoir offrir de l’amour a ses proches que de façon virtuelle.

Lancer mon EP c’est vraiment ma manière virtuelle de pouvoir répandre un peu de joie et des choses positives, parce que en ce moment le moral est très bas. Si ca peut remonter le moral de quelques personne ben c’est super!

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