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L'industrie du transport aérien appelle à l'aide avant de tomber en faillite

Des avions inutilisés ont été stationnés le long d'une piste d'aéroport.

La quasi-totalité du secteur du transport aérien est à l'arrêt en raison de la pandémie.

Photo : Reuters / Nick Oxford

Radio-Canada

Avec des compagnies membres paralysées par l'arrêt des activités économiques et des déplacements provoqué par la pandémie, l'Association internationale du transport aérien (IATA) appelle les gouvernements à venir rapidement en aide à l'industrie, dont les réserves financières disparaissent à vue d’œil.

En entrevue à l'émission Bien entendu, sur les ondes d'ICI Première, le directeur de l'IATA, Alexandre de Juniac, dresse un portrait sombre de l'avenir à court terme de l'industrie du transport aérien.

Ainsi, selon lui, les 290 transporteurs et compagnies aériennes qui sont membres du regroupement, et qui représentent environ 80 % du trafic aérien mondial, envisagent des pertes financières de l'ordre de 252 milliards de dollars américains cette année.

Il s'agit de 40 % du chiffre d'affaires [de l'industrie], a-t-il indiqué.

Nous n'avons plus de passagers, plusieurs compagnies ont tous leurs avions au sol; la plupart ont entre 60 et 90 % de leurs avions au sol, et il faut quand même payer 50 % de nos coûts fixes, a poursuivi M. de Juniac.

Et en raison de cet arrêt des activités, les compagnies vont consommer, au deuxième trimestre de 2020, 61 milliards de dollars en trésorerie.

Le risque immédiat, c'est un besoin de trésorerie absolument massif; on est à court d'argent.

Alexandre de Juniac, directeur de l'IATA

En temps normal, ces transporteurs aériens disposent de réserves financières suffisantes pour couvrir deux mois de dépenses, avec des variations pouvant aller de deux semaines seulement, pour les entreprises moins rentables, à six mois, pour celles qui sont à l'aise sur le plan financier, a encore expliqué M. de Juniac.

Dans le contexte actuel, et si le retour à la normale doit prendre encore plusieurs semaines, voire plusieurs mois, bon nombre de transporteurs risquent la faillite. En fait, a précisé M. de Juniac, si les gouvernements ne leur viennent pas en aide, la moitié des compagnies seront en faillite d'ici juin.

Pire encore, quelque 25 millions d'emplois, liés de près ou de loin au secteur du transport aérien, notamment en tourisme, sont menacés de disparaître si l'industrie du transport aérien s'effondre, affirme le directeur de l'IATA.

Pour garder la tête hors de l'eau, l'organisation a contacté « près de 90 % des gouvernements » pour réclamer une aide financière destinée au secteur. Plusieurs dizaines de milliards de dollars ont ainsi été annoncés dans le cadre de divers plans de sauvetage, mais après avoir annoncé l'argent, il faut que l'argent rentre dans nos caisses. Il sort tellement vite, en ce moment. C'est une question de jours [avant de manquer de fonds], a déclaré M. de Juniac.

Je n'ai jamais vécu une situation comme ça. Je n'ai pas de très bons souvenirs de ma dernière vraie nuit de sommeil.

Alexandre de Juniac

Préparer la relance

L'IATA a toutefois déjà un plan de relance dans les cartons, un plan qui doit maintenant être présenté aux divers gouvernements et aux autorités sanitaires avant d'aller de l'avant.

Nous pensons que le transport aérien est un aspect essentiel de l'activité économique, mais aussi de la reprise. Sinon, celle-ci sera plus lente et plus molle, avance M. de Juniac.

Beaucoup de choses doivent encore être déterminées : quelles seront les nouvelles politiques en matière de tests? Faudra-t-il respecter les consignes de distanciation, quitte à perdre de l'argent en faisant voler des avions qui ne sont pas pleins? Qu'en est-il du nettoyage?

Les choses seront différentes, et le secteur du transport aérien saura y répondre. On aura besoin de la collaboration des gouvernements et de la patience des passagers, a ajouté le directeur de l'IATA.

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