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Quels sont les scénarios de déconfinement envisagés au Québec?

Les autorités de santé publique au Québec évaluent actuellement les décisions prises par d’autres pays européens, qui viennent d’annoncer des plans progressifs de « déconfinement ».

La rue Saint-Hubert en chantier.

Le secteur de la construction pourrait être le premier à reprendre dans les prochaines semaines.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« On a fermé d’un coup, on ne peut pas rouvrir d’un coup. » Le Dr Horacio Arruda l’a clairement indiqué jeudi : il est hors de question, pour les autorités sanitaires québécoises, de reprendre une vie quotidienne et économique telle qu’on la connaissait avant le début de la pandémie.

Le danger, si tout le monde commence à ressortir partout, c’est d’avoir un autre pic. Un pic qu’on aurait évité, aplati dans un premier temps et qui reviendrait, a précisé le directeur national de santé publique.

Le gouvernement Legault et la Direction de la santé publique étudient cependant, en ce moment, divers scénarios pour assurer une reprise progressive des activités. Depuis mercredi, le premier ministre du Québec a d'ailleurs ouvert la porte à un prochain redémarrage du secteur de la construction, alors que la province serait en passe d’atteindre le pic de la contamination dans les prochains jours, a admis François Legault.

« Que des gens plus jeunes aillent travailler dans le secteur de la construction, s’ils ne vont pas proche des personnes de 60 ans et plus, les risques sont limités. »

— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Un déconfinement, étape par étape, pourrait-il se faire par régions ou selon les professions? La question a été posée aux autorités politiques et sanitaires.

Rien n’est exclu, a répété le premier ministre, qui a reconnu que les chiffres de chômage et les problèmes financiers de centaines de milliers de Québécois poussent le gouvernement à envisager une reprise économique dans les secteurs où il n’y a pas trop de risques, notamment si la distance de deux mètres peut être respectée.

C’est ce qu’on va suivre dans les prochains jours. On va se donner un plan, a déclaré François Legault, en admettant néanmoins que pour certaines activités, comme la coiffure, ça va venir plus tard en raison de la proximité avec la clientèle.

Et concernant la Ville de Montréal? J’ai posé la question [à la santé publique] : "Étant donné que Montréal est peut-être déjà au pic, est-ce qu’on commence par Montréal ou on commence par les régions?" Ils m’ont dit que c’est une très bonne question.

Ce que je comprends, étant donné qu’il y a plus de cas à Montréal, même si on commence à être sur la pente descendante, on va peut-être avoir plus de cas que ceux qui n’ont pas atteint le pic dans certaines régions, a-t-il ajouté, en spécifiant que d'autres données sont encore nécessaires avant d'envisager une telle décision.

L’Autriche et l’Allemagne planifient un déconfinement progressif

En Autriche, où le port du masque est désormais obligatoire dans les supermarchés, le gouvernement a annoncé un assouplissement des mesures à partir du 14 avril.

Les petits commerces vont dans un premier temps rouvrir, puis ce sera au tour des autres magasins et des restaurants, à la mi-mai. Les grands rassemblements resteront quant à eux interdits jusqu’au mois de juillet, au minimum.

En Allemagne, on évoque une reprise des activités à partir du 19 ou du 20 avril, selon différents médias. De nombreux clubs professionnels allemands de soccer ont d'ailleurs déjà redémarré les entraînements. L’objectif du gouvernement Merkel serait de poursuivre un dépistage massif afin d'isoler rapidement une personne contaminée du reste de la population.

On réalise environ un demi-million de tests par semaine, actuellement. Toute proportion gardée, le Québec n'aurait cependant pas les moyens d'imiter le modèle allemand, glisse une source qui travaille à la Direction de la santé publique.

Une pression du milieu économique

En début de semaine, des scénarios pour prévoir l’évolution de la COVID-19 au Québec ont été présentés, évoquant les cas observés dans des pays comme l’Allemagne, le Portugal et l’Italie. Un plateau est envisagé autour du 18 avril.

Les autorités sanitaires de la province continuent d'observer avec assiduité ce qui se passe actuellement en Europe.

On fait une synthèse de ce qui existe, confie une source travaillant au sein de la Direction de la santé publique de Montréal, qui n'est pas autorisée à parler publiquement.

Désormais, explique-t-elle, les regards sont tournés vers les décisions prises récemment par l’Autriche, le Danemark, mais aussi l’Allemagne, les premiers pays du Vieux Continent à évoquer un déconfinement.

Au sein des autorités sanitaires de la métropole, l'ouverture qu'a montrée François Legault aurait cependant étonné. Mais c’est normal, il y a des décisions politiques à prendre pour sauver l’économie, concède cette source. Il y aurait une pression, assure-t-elle, de certains milieux qui veulent rouvrir.

Mais même si on présume qu’on est au sommet de la contagion, il n’y a rien qui nous permet de dire que l’on peut se relâcher. Il faut être prudent. On parle de semaines, et pas de jours, avant de reprendre des activités, soutient-elle.

Un besoin de reprendre la construction

Un élu montréalais abonde dans le même sens. Il y a des enjeux financiers et des gens ont hâte que ça reprenne, a souligné à Radio-Canada ce conseiller municipal, qui souhaite rester anonyme, tout en évoquant la pression pour une reprise du secteur de la construction.

« La construction, c’est vraiment la plaque tournante. Elle fait tourner toute une industrie qui est périphérique. C’est un investissement levier. »

— Une citation de  Un élu de la Ville de Montréal

C’est clair qu’il y a un besoin pour la construction résidentielle, souligne de son côté Yves-Thomas Dorval, le président du Conseil du patronat.

« Si on envisage une reprise pour le 4 mai, il faut entrevoir la possibilité de laisser travailler, avant, ceux qui sont dans les chaînes de fabrication. Un couvreur ne pourrait pas poser une toiture si le fabricant de tôle n’a pas pu travailler. C’est la même chose pour les portes et les fenêtres. »

— Une citation de  Yves-Thomas Dorval, président du Conseil du patronat

À ses yeux, les propos de François Legault sont rassurants. Il faut regarder comment reprendre graduellement certaines activités, tout en protégeant la clientèle la plus fragile, reprend-il.

Et les écoles?

Faut-il prochainement rouvrir les écoles et les garderies, fermées pour le moment jusqu'au 4 mai? Sans évoquer de date précise, François Legault a fait preuve d'ouverture.

Pour les enfants, a-t-il dit, les risques sont très minimes de conséquence grave si jamais ils attrapaient la COVID-19.

Selon le Conseil du patronat, une reprise des activités économiques doit s’accompagner d'un retour des enfants dans une école ou un service de garde pour limiter les risques, quitte à trouver des solutions inédites.

On pourrait imaginer la moitié des étudiants le matin, l’autre moitié l’après-midi, propose Yves-Thomas Dorval.

Des analyses et des recommandations [...] secteur par secteur et région par région seront prochainement réalisées, a d’ailleurs mentionné Horacio Arruda.

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