•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’arc-en-ciel, un symbole d’espoir depuis belle lurette

De nuit, les couleurs se reflètent dans l'eau du fleuve.

Le pont Jacques-Cartier illuminé aux couleurs de l'arc-en-ciel

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Radio-Canada

Affiché dans les fenêtres des maisons, peint ou dessiné par des enfants, ou illuminant les structures des ponts qui relient Montréal à la Rive-Sud, l’arc-en-ciel est devenu un emblème d’espoir pendant la pandémie de COVID-19. Mais d’où vient l'idée de cette arche multicolore pour incarner l’espérance, répandue depuis des siècles?

L’arc-en-ciel figure dans de nombreux mythes à travers l'histoire. Dans la mythologie grecque, l’arc-en-ciel est incarné par la déesse Iris qui est une messagère entre le ciel et la terre. La grande idée est que les dieux qui vivent dans la lune veulent communiquer avec les hommes qui sont sur terre, explique l’historien Laurent Turcot en entrevue avec la chroniqueuse culturelle de Tout un matin, Eugénie Lépine-Blondeau.

Un arc-en-ciel peint sur une fenêtre.

Un enfant a peint un arc-en-ciel dans la fenêtre de sa maison de Saguenay.

Photo : Radio-Canada

En Irlande, on croyait qu’au bout de l’arc-en-ciel, il y avait un petit leprechaun, une sorte de lutin symbolisant la richesse. Dans la mythologie scandinave, l'arc-en-ciel représente un lien entre ciel et terre.

Dans les films de Thor, on voit cette espèce d’image multicolore sur laquelle avancent les personnages. C'est ce qui fait le lien entre le ciel et la terre. Ça a toujours été le passage de l'un à l'autre et qui permet de voir ce qu’il y a au-delà de ce qu'on vit actuellement, raconte Laurent Turcot.

Les couleurs se reflètent dans le fleuve.

Le pont Samuel-De Champlain, le soir, éclairé aux couleurs de l'arc-en-ciel.

Photo : Radio-Canada / Daniel Thomas

Ce symbole est donc une projection dans l’avenir, quelque chose de beau et d’agréable. C’est la pluie qui passe au soleil; après la pluie le beau temps. Tout ça est un mélange de sagesse populaire, de mythologie, de spiritualité, mais qui est détourné aujourd’hui avec le “Ça va bien aller”. [...] S’il y a un mot qu’il faut accrocher dans les maisons du Québec, c’est celui d’espoir, pense l’historien.

Laurent Turcot mentionne également divers exemples dans la culture populaire où l'arc-en-ciel figure, notamment la chanson Somewhere Over the Rainbow dans le film Le magicien d’Oz, et le jeu Mario Kart, avec sa fameuse course arc-en-ciel, qui se déroule dans un monde fantasmagorique et enchanteur.

Un homme devant un arc-en-ciel peint sur la neige.

Patrick Paulin voulait lancer un message d'espoir aux résidentes et résidents de Port-Cartier en dessinant un arc-en-ciel sur la neige.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

L’arc-en-ciel est aussi devenu le symbole officiel du mouvement LGBTQ+ le 25 juin 1978, avec la création de son fameux drapeau imaginé par l’artiste américain Gilbert Beker pour les premières célébrations de la fierté gaie. Ça avait été inspiré par la chanson Somewhere Over the Rainbow, interprétée par Judy Garland, qui est devenue une immense icône pour la communauté gaie, raconte Stéfane Campbell, directeur des communications de Village Montréal.

Judy Garland assise chez elle en 1944.

Judy Garland au sommet de sa gloire, en 1944

Photo : Getty Images / Hulton Archive

La même année à San Francisco, il y a eu une marche pour protester contre l’assassinat d’Harvey Milk, un homme politique et militant pour les droits des personnes homosexuelles. Le drapeau y a été très populaire, car le tissu de couleur rose n’était pas disponible pour en confectionner un spécial pour l'occasion.

C’est le drapeau officiel du mouvement, un symbole d’appartenance, de fierté, de rayonnement, positif et porteur d’espoir pour tout le monde. Il est très utilisé par les organisations, les commerces, et très ancré dans la conscience collective pour représenter la communauté, ajoute Stéfane Campbell.

Le mouvement #Cavabienaller au Québec

Au Québec, c’est Gabriella Cucinelli, qui travaille dans un centre de la petite enfance (CPE), qui a lancé le mouvement de l’arc-en-ciel avec les mots Ça va bien aller.

Elle a même enregistré la marque de commerce pour que les profits amassés par l’exploitation de ce symbole soient redistribués à La Cantine pour tous, un organisme de bienfaisance en sécurité alimentaire.

Des dessins d'arc-en-ciel sur une porte à l'extérieur.

Partout dans le monde, des citoyens dessinent des arcs-en-ciel pendant le confinement imposé par la crise de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Martin Rose

Des dessins d'arc-en-ciel sur une porte à l'extérieur.

Partout dans le monde, des citoyens dessinent des arcs-en-ciel pendant le confinement imposé par la crise de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Martin Rose

Ça n’a pas été créé dans un but lucratif. Que des familles et des enfants se l’approprient, c’est ça le but, mais que des entreprises ou des personnes se l’approprient pour en faire du profit, ça m’a fait comprendre que je pouvais faire quelque chose, et j’ai décidé de l’enregistrer. Je veux juste qu’on sache qu’à partir du 31 mars, il y a un logo officiel qui est rattaché à une cause. [...] La Cantine pour tous peut donner l’autorisation d’utiliser le logo en échange d’un don, a-t-elle expliqué en entrevue avec Patrick Masbourian à l'émission Tout un matin.

D’origine italienne, Gabriella Cucinelli a obtenu l’autorisation d'exploiter cette idée au Québec auprès de l’organisme italien qui l'a mise de l'avant en premier. On avait demandé aux enfants en Italie de dessiner des arcs-en-ciel et de les exposer sur leur balcon ou leur fenêtre pour envoyer un message d’espoir.

Quand Gabriella Cucinelli a commencé à dessiner des arcs-en-ciel avec ses enfants, elle voulait montrer sa solidarité envers les gens en Italie. C'est maintenant devenu un symbole de réconfort au Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Arts visuels

Arts