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En confinement avec un enfant autiste

Les visages rapprochés d'une mère et de son fils.

Lyanne Lavigne et son fils Zachary

Photo : Avec la gracieuseté de Lyanne Lavigne

« Les personnes autistes n’aiment pas le changement », avance Lyanne Lavigne, la maman de Zachary qui a 17 ans. Alors que l’école est fermée et que les habitudes de son fils sont bouleversées, elle ouvre la porte de sa maisonnée bruyante pour dévoiler les défis d’un quotidien dans lequel les éclats de rire et la musique résonnent... en alternance avec le chaos.

Zachary est dans le bain pendant que sa mère profite d’un petit moment de répit afin de raconter son histoire.

Lyanne Lavigne s’avoue heureuse que son fils de 17 ans soit assez autonome pour se laver seul et même préparer son propre petit déjeuner. Parce que tous les petits pas sont de grandes victoires pour les parents d’enfants qui vivent avec un trouble du spectre de l’autisme.

Il reste toutefois que l’adolescent a des besoins spéciaux nécessitant un encadrement de la part de ses parents. Et ces derniers ont peu de moments pour souffler depuis que l’école de Zachary est fermée et qu’ils n’ont plus de ressources vers lesquelles se tourner.

Il faut planifier les journées pour éviter le Ipad et la répétition de vidéos de Caillou... ou des vidéos des Petites Tounes! Je pense que ça fait vingt fois que je regarde Les Petites Tounes avec lui [rires].

Lyanne Lavigne, mère de Zachary

Je ne sais pas à quel nombre de jours de confinement on est rendus, mais je sais qu’il y en aura beaucoup encore alors j’ai arrêté de compter, confie la femme de 46 ans. Si elle essaie de s’en tenir à un horaire fixe, la mère concède aussi que le tiers de ce qu’elle prévoit faire dans sa journée tombe à l’eau plus souvent qu’autrement.

Il y a beaucoup de petits imprévus, même en confinement, dit-elle.

Parfois, Zachary se désorganise parce que son DVD d’Annie Brocoli a malencontreusement été oublié chez papa. D’autres fois, il a une envie irrépressible de tzatziki et il faut immédiatement aller acheter le sixième pot de la semaine. Et la plupart du temps, c’est son déficit d’attention qui lui fait oublier - ou plutôt délaisser - ses leçons scolaires au profit d’une « toune » qu’il se met à fredonner.

J’ai des chansons dans ma tête!, affirme gaiement Zachary.

Beaucoup de chansons, oui, rétorque sa maman en riant.

« On fait comme on peut »

Lyanne essaie tant bien que mal de travailler de la maison durant le confinement lié à la Covid-19.

Son fils et elle planifient ensemble les activités de leur journée, qui inclut une période de jeux libres pour Zachary. Ce moment, quoique limité, permet à la mère de se concentrer sur son emploi entre quelques interruptions du genre : C’est long un petit peu, maman!.

Lorsqu’elle réussit à extirper son « ado » de sa chambre, Lyanne essaie de l’emmener marcher au moins 30 minutes par jour.

Les promenades donnent lieu à plusieurs discussions autour du coronavirus, en plus d’être l’occasion parfaite pour pratiquer les notions de distanciation sociale nouvellement acquises par le jeune homme.

Je m’amuse à dire que c’est un paradoxe parce qu’il est un autiste extraverti , rigole Lyanne, qui s’efforce de retenir les élans de curiosité de son fils lorsqu’il croise de nouveaux visages dans la rue.

Les visages rapprochés d'une mère et de son fils.

Lyanne Lavigne et son fils Zachary

Photo : Avec la gracieuseté de Lyanne Lavigne

Les sourires

La mère fait valoir qu’il est difficile d’expliquer une pandémie à une personne autiste pour qui les changements sont déstabilisants et nécessitent une période d’adaptation plus longue que d’autres enfants.

La distanciation sociale, c’est un défi parce que le réflexe de Zac, c’est d’aller vers les gens pour leur faire des câlins, des bisous et de leur poser des questions.

LyanneLavigne, mère de Zachary

Quant à Zachary, il est triste de ne pas pouvoir participer à la Marche pour l’autisme cette année. Il trouve aussi difficile, tout d’un coup, de ne plus voir les gens qu’il aime et encore moins faire de « partys ».

Je m’ennuie de Stéphanie, lance-t-il à sa mère, entre deux airs fredonnés, pendant que cette dernière essaie tant bien que mal de savoir ce qu’il voudrait manger pour souper cette semaine.

Alors, attendant que la vie reprenne son cours, le jeune homme à la mémoire « phénoménale » demande à ses parents de reproduire le sourire des gens qui lui manquent ou qu’il a croisés sur son chemin.

Lors [d’une] marche, il m’a demandé de lui faire un sourire "comme la madame du Pub British [ndlr : un restaurant de Gatineau]". Il se rappelle de tout, note Lyanne.

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