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Québec annonce de nouvelles primes pour des employés de résidences privées pour aînés

Une infirmière au chevet d'un patient âgé.

L'une des nouvelles primes touche les infirmières des résidences privées pour aînés.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Le gouvernement Legault augmente maintenant la rémunération des « autres » employés dans les résidences privées pour personnes âgées, après y avoir haussé la rémunération des préposés aux bénéficiaires.

L'annonce a été faite jeudi par les ministres des Finances, Eric Girard, et des Aînés, Marguerite Blais. Elle touche les résidences pour aînés qui sont exploitées par des entreprises privées, les ressources intermédiaires, les ressources de type familial et les CHSLD « non conventionnés ».

Ainsi, les infirmières et infirmières auxiliaires y toucheront une prime de 8 % et les autres employés y toucheront une prime de 4 %. Le salaire des préposés aux bénéficiaires y avait déjà été haussé de 4 $ l'heure.

Les nouvelles hausses pour les « autres » employés sont toutefois loin de satisfaire le Syndicat québécois des employés de service, affilié à la FTQ, qui les représente.

En entrevue, la présidente du SQEES, Sylvie Nelson, fait valoir qu'une hausse de 4 % du salaire de 13 $ l'heure d'un préposé aux services alimentaires ou à l'entretien ménager donne 52 cents d'augmentation par heure.

Les sous-traitants de l'entretien demandent aussi une prime

Des travailleurs dans des entreprises privées qui font le nettoyage et la désinfection en sous-traitance dans les établissements de santé demandent à leur tour une « prime de risque » de 2 $ l'heure, dans le cadre de la crise du coronavirus.

Ils font un travail similaire à celui des employés de l'entretien ménager directement embauchés par les établissements de santé publics, mais leur rémunération est moindre, a souligné en entrevue jeudi Raymond Larcher, président de l'Union des employés de service (UES-800), affiliée à la FTQ.

Et ils ne touchent pas non plus la prime de 4 % qui a été annoncée, au cours des derniers jours, pour les employés de l'entretien ménager du secteur public.

L'Union des employés de service représente 10 000 préposés à l'entretien ménager dans l'ensemble du Québec. Ces employés du privé gagnent environ 18 $ de l'heure, précise M. Larcher.

Il demande une prime de risque de 2 $ l'heure pour ses membres qui travaillent dans les situations « à risque » dans les hôpitaux, les Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Ces travailleurs nettoient les sièges de toilettes, interrupteurs, poignées, rampes, éviers, portes et comptoirs. On rentre dans des endroits où on doit tout nettoyer, désinfecter. C'est déjà difficile d'avoir du monde qui va travailler dans les milieux à risques, fait valoir M. Larcher.

Le dirigeant syndical rapporte que lorsqu'ils les ont sollicités en ce sens, les employeurs leur ont répondu qu'ils ne pouvaient pas leur accorder cette prime, parce qu'ils doivent soumissionner pour décrocher un contrat dans un établissement de santé et que cette soumission a été calculée en fonction du salaire actuel.

Il leur faudrait refiler la facture aux clients. Eux, ils soumissionnent au pied carré. S'ils rajoutent une prime… a expliqué M. Larcher.

Qui plus est, ces salariés de l'entretien ménager du privé, s'ils travaillent au moins 30 heures par semaine, ne peuvent pas non plus toucher le montant de 100 $ par semaine que Québec a annoncé pour ceux qui ont un salaire si peu élevé qu'ils toucheraient davantage avec la prestation d'urgence fédérale de 2000 $ qu'en continuant à travailler.

Ces travailleurs de l'entretien ménager du secteur privé sont régis par un décret de convention collective. Un tel décret est négocié par une partie patronale et une organisation qui représente des travailleurs, avant d'être étendu à tous les salariés d'une industrie, qu'ils soient syndiqués ou non-syndiqués. Le décret est ensuite géré par un comité paritaire.

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