•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Barrage du site C : le nombre de travailleurs augmente, les inquiétudes aussi

Plan éloigné d'un chantier de construction, près d'une rivière.

Les travaux de construction se poursuivent sur le chantier du barrage du site C.

Photo : Site C Clean Energy Project

Radio-Canada

Près de 1000 travailleurs poursuivent la construction du barrage hydroélectrique du site C, dans le nord-est de la Colombie-Britannique, alors que la plupart des activités sont suspendues dans la province pour limiter la propagation de la COVID-19.

Dix personnes sont actuellement en isolement sur le chantier en raison du développement de symptômes semblables à ceux de la maladie à coronavirus, ce qui inquiète des habitants de la petite ville de Fort St. John, située à proximité.

Si quelque chose tournait mal, nous n’aurions pas la capacité [d’y faire face], dit le conseiller municipal Trevor Bolin.

Il affirme que la ville de 20 000 personnes dispose seulement de 7 respirateurs, et craint que le système de santé local ne soit débordé si une éclosion de COVID-19 se déclare au campement de travail du site C.

Près de 2000 personnes ont signé une pétition qui appelle à la fermeture complète de ce chantier de BC Hydro, ainsi qu’aux autres grands campements de travail toujours en activité dans le nord de la province.

979 ouvriers sur le chantier

Parmi les 979 ouvriers qui se trouvent présentement au site C, plusieurs centaines sont arrivés dans les dernières semaines, certains de l’étranger.

BC Hydro affirme que tous ceux qui arrivent d’autres pays doivent s’isoler avant de s’établir au campement et que des contrôles sont effectués avant leur arrivée, notamment en prenant leur température corporelle.

Le 30 mars, le chantier de construction comptait un peu moins de travailleurs, soit 819.

Le nombre total d’ouvriers est toutefois beaucoup moins élevé que ce qu’il serait en temps normal, à cette période de l’année, indique BC Hydro.  

Les travaux de construction sont considérés comme un service essentiel par la province, qu’elle soit résidentielle, commerciale ou industrielle.

La médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, défend la poursuite des activités sur les grands chantiers. Je pense qu’il est important de reconnaître qu’on ne peut pas simplement abandonner une grande mine ou un grand chantier industriel. Ce n’est pas sécuritaire, tant pour les communautés locales que pour l’environnement, a-t-elle déclaré la semaine dernière.

Dépistage sur place

BC Hydro souligne qu’une clinique qui se trouve sur le chantier du barrage hydroélectrique peut effectuer des tests de dépistage de la COVID-19. La société d’État affirme n’avoir été avisée d’aucun cas confirmé de COVID-19 au site C.

Un responsable des relations avec les communautés à BC Hydro, David Conway, affirme que la distanciation physique est en place sur le chantier. De ce que je comprends, tous nos maîtres d’oeuvre et sous-traitants appliquent [cette distanciation] au travail spécifique qu’ils font, a-t-il déclaré à CBC.

Des ouvriers qui ont accepté, de façon anonyme, de parler avec CBC, assurent de leur côté que ce n’est pas le cas.

Aperçu d'un chantier de construction et du percement d'un tunnel dans une colline.

Les travaux de construction dans les chantiers de la province sont considérés comme « essentiels » et peuvent se poursuivre, malgré la pandémie.

Photo : Site C Clean Energy Project

Selon un entrepreneur qui a travaillé dans le passé sur le chantier du site C, le travail est impossible à effectuer seul.

On ne peut pas construire un barrage, on ne peut pas construire un café, on ne peut pas bâtir une maison, rien de tout ça en travaillant à 2 mètres d’écart, dit-il.

Un soudeur qui était sur le site C à la mi-mars a raconté à CBC que, lorsqu’il s’y trouvait, des ouvriers travaillaient toujours côte à côte.

David Conway affirme que, si un ouvrier ne se sent pas en sécurité, il devrait arrêter le travail et mentionner ses craintes à l’employeur ou directement à BC Hydro. Nous encourageons les gens, s’ils sentent que la situation n’est pas sécuritaire, à parler, dit-il.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Inquiétudes liées à la salle à manger

Le soudeur qui ne souhaite pas être identifié explique que, lorsqu’il travaillait au campement, il y a trois semaines, environ 200 personnes mangeaient ensemble à la cafétéria.

Ils essayaient de limiter le nombre de personnes par table à trois, explique-t-il, mais les tables sont si petites qu’on ne pouvait pas le faire : peu importe où l'on va, la règle des [2 mètres] n’est pas respectée.

BC Hydro fait remarquer que le nombre de chaises dans la salle a été réduit et que l’espace entre les tables a été augmenté, pour permettre l'éloignement physique.

La société d’État admet toutefois qu’il est possible que plus de 50 personnes se retrouvent dans la cafétéria en même temps.

Les autorités sanitaires de la Colombie-Britannique ont interdit les rassemblements de plus de 50 personnes dans la province.

Le soudeur qui a vécu sur le chantier du site C est inquiet de ce qui pourrait se produire si on y confirme la présence d’une personne infectée par la COVID-19.

Quand quelqu’un tombe malade dans ce genre de campement de travailleurs, la maladie peut se propager comme une traînée de poudre, dit-il. On met ces travailleurs en danger, là-bas.

Avec les informations de Joseph Loiero, The Fifth Estate

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Colombie-Britannique et Yukon

Emploi