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Aide de 900 $ : le gouvernement Higgs accusé de limiter l’accès

Blaine Higgs place un écouteur dans son oreille droite.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, écoute la traduction simultanée d'une question qui lui est posée, le 3 avril 2020 à Fredericton.

Photo : Radio-Canada

Au Nouveau-Brunswick, les personnes qui ont perdu leur emploi ou un revenu à cause du coronavirus ont jusqu’à 20 h jeudi pour faire leur demande pour une aide d’urgence de 900 $ du gouvernement provincial. Malgré les critiques, la province ne repousse pas cette date limite.

Notre dossier : La COVID-19 en Atlantique

À minuit moins une, les libéraux réclament un prolongement de la période d’inscription. Par voie de communiqué, le député libéral de Moncton-Centre, Robert McKee, explique avoir été inondé, comme plusieurs autres députés provinciaux, d’appels de citoyens incapables de s’inscrire en raison des failles du processus de demande.

Ces personnes ont eu des problèmes à la fois avec les demandes en ligne et en essayant de joindre quelqu'un au téléphone. Lorsque la prestation a été annoncée, le premier ministre a déclaré qu'elle serait disponible jusqu'au 30 avril.

Robert McKee, député provincial de Moncton-Centre

L’opposition officielle reproche au premier ministre Blaine Higgs d’avoir fait volte-face et d'avoir devancé la date limite au 9 avril.

Nous demandons au premier ministre de prolonger ce délai, jusqu'à ce que nous soyons convaincus que toutes les personnes admissibles à cette prestation aient eu la possibilité de faire traiter leur demande, indique le député libéral.

Robert McKee, député libéral de Moncton-Centre.

Robert McKee, député libéral de Moncton-Centre, en 2018.

Photo : Radio-Canada

Il y a beaucoup de cas à régler encore, renchérit Kevin Arseneau, député du Parti vert dans Kent-Nord. Ça serait sage et responsable du gouvernement de repousser la date.

Nous sommes dans une situation exceptionnelle et donc on aurait dû avoir un programme exceptionnel et le rendre accessible à tout le monde, soutient-il.

Kevin Arseneau face à sa webcam.

Le député de Kent-Nord, Kevin Arseneau, en entrevue par webcam le 9 avril 2020.

Photo : Radio-Canada

La prestation de 900 $

Le gouvernement provincial ne laisse entrevoir aucune intention d’accommoder les travailleurs admissibles qui n’auraient pas encore fait de demande.

Dans un communiqué émis en après-midi jeudi pour annoncer ses projections du nombre de cas de COVID-19 durant cette pandémie, le gouvernement a rappelé que les demandes pour cette prestation de 900 $ ne seront plus acceptées après 20 h.

Plus de 66 000 personnes se sont inscrites, indique la province.

Dans les dernières semaines, des milliers de travailleurs de la province ont perdu leur emploi en raison des nombreuses mises à pied liées à la déclaration de l’état d’urgence.

Afin d’amortir la chute vertigineuse des revenus des ménages qui attendent leurs prestations fédérales, la province a mis sur pied un programme d’aide financière d’urgence.

Un homme avec un masque sur le nez et la bouche marche dans une rue sale en transportant plusieurs sacs de plastique.

Les quatre provinces de l'Atlantique signalent plusieurs dizaines de cas de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Ainsi, s’ils répondent à certains critères, les travailleurs ayant perdu leur emploi peuvent recevoir la somme de 900 $ du gouvernement provincial.

Le montant est versé par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, et la réception de cette prestation unique est prévue entre la perte de l’emploi ou la fermeture de l’entreprise et la réception de la prestation du fédéral.

L’inscription n’est plus disponible en ligne. Les intéressés doivent maintenant faire leur demande par téléphone avant 20 h le 9 avril pour le faire.

Les intéressés doivent répondre à tous les critères suivants :

  • Avoir perdu son emploi après le 15 mars 2020, date de la déclaration de l’état d’urgence.

  • Être un particulier ou un travailleur autonome.

  • Être résident du Nouveau-Brunswick et âgé de 18 ans et plus.

  • Avoir présenté une demande d’aide financière à l’un des deux programmes du gouvernement fédéral suivants : Prestations d’assurance-emploi ou Prestation canadienne d’urgence.

  • Avoir eu des gains bruts d’au moins 5000 $ durant les 12 derniers mois. Ces revenus peuvent provenir de plusieurs sources.

Si les failles du processus sont critiquées par les libéraux, les critères d’admissibilité ne font pas l'unanimité non plus.

C’est toujours la même rengaine quand ça arrive à l’accès [et] que ça se gâte à cause des critères. Les critères, ce sont toujours des critères d’exclusion, déplore le travailleur social et militant Claude Snow.

Les problèmes d’accès à cette aide financière, plus que nécessaire en cette période difficile, ne font qu’exacerber les inégalités et augmenter le nombre de citoyens voués à la précarité, s'indigne-t-il.

 Portrait de Claude Snow.

Claude Snow en février 2020.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le député Kevin Arseneau aurait préféré une aide financière universelle, qui n'aurait pas été rattachée à des critères. La majorité des demandeurs auraient été des gens qui avaient besoin de cette aide, croit-il, et la minorité qui aurait tenté d'abuser du système auraient remboursé au temps des impôts.

En créant des critères, tu laisses des gens tomber dans des craques. Tu prends des gens qui ont des situations exceptionnelles et tu les laisses tomber.

Kevin Arseneau, député du Parti vert du Nouveau-Brunswick

Pour l’instant, il n’est pas question d’augmenter la somme des prestations d’aide sociale, a indiqué le premier ministre Blaine Higgs en conférence de presse mercredi. Toutefois, des solutions supplémentaires seraient étudiées par le ministère du Développement social.

Je m’attendais à ce que la province soit plus généreuse du côté de l’aide sociale. Ça me surprend qu’ils ne veuillent pas donner de l’argent de plus, souligne Claude Snow.

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