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La nature tirera-t-elle profit du confinement?

Un coyote surplombe une vallée, alors que quelques accumulations de neige sont visibles ici et là.

Certains animaux circulent davantage dans des régions désormais désertées par les humains.

Photo : Getty Images / David McNew

Le confinement instauré partout sur la planète a permis aux animaux, çà et là, de reprendre leurs droits, mais ses effets seront-ils visibles à long terme?

Retour des poissons dans les eaux de Venise, apparition d’un cougar à Santiago, familles de canards qui déambulent dans Paris : les exemples de réappropriation des territoires par les animaux ont été vus dans plusieurs endroits de la planète, ces dernières semaines.

Certains animaux peuvent en effet s’adapter rapidement à des changements d’environnement, confirme le biologiste Daniel Dupont. S’il y a moins d’humains dans les centres urbains et sur les routes, et donc moins de prédateurs dans une région, ils seront plus à même de s’y aventurer. C’est une question de risque, dit-il.

Kristyn Ferguson, directrice des programmes pour l’organisme Conservation de la nature Canada, pense que certaines espèces en danger pourront tirer profit de ces zones désertées par les humains, même s’il est encore un peu tôt pour tirer des conclusions.

Selon elle, cela pourrait notamment être le cas des tortues, vulnérables aux collisions de voitures.

Si on peut sauver ne serait-ce que quelques tortues, une fois à maturité, elles pourront pondre des œufs pendant des décennies et avoir des centaines de petites tortues, alors que leur population est critique au Canada, soutient-elle.

Le biologiste Daniel Dupont confirme qu’une baisse de mortalité de certaines espèces pourrait se faire sentir à cause de la réduction de la circulation sur les routes. Il doute toutefois que quelques mois de confinement soient suffisants pour que des espèces en danger s’épanouissent de nouveau.

Pour un animal en particulier, oui ça peut avoir des avantages, mais quand on pense aux différentes populations d'animaux, à long terme, il est peu probable qu’il y ait des effets observables.

Daniel Dupont, biologiste de la faune

Ouvrir l’œil sur la faune urbaine

Kristyn Ferguson explique que certains oiseaux sont davantage visibles dans les villes, car ils viennent nicher dans les parcs publics maintenant calmes et déserts. lls ont moins de chance de se faire déranger, dit-elle.

Ces changements de comportement sont possibles, dit Daniel Dupont, mais selon lui, cela pourrait aussi s'expliquer par le fait que les gens prennent en ce moment le temps de les observer.

La plupart de ces espèces sont souvent déjà dans les villes, mais se font discrètes, ajoute Jacques Bourgeois, coordonnateur des communications et du marketing du marais Oak Hammock.

La nature « changée profondément »

Si certains animaux reprennent les devants, d’autres espèces dépendent des activités humaines et peuvent pâtir du confinement, souligne Kristyn Ferguson.

Les humains ont changé profondément la nature, maintenant on peut difficilement ne plus s’en occuper du tout.

Kristyn Ferguson, directrice des programmes, Conservation de la nature Canada

À cette période de l’année, elle explique que les biologistes de la conservation devraient être en train de faire du brûlage dirigé dans les prairies à hautes herbes. C'est aussi le moment où ils retirent des espèces envahissantes de ces écosystèmes sensibles. L'impact de la COVID-19 sur leur travail habituel pourrait avoir un effet négatif sur certains insectes et oiseaux qui se nourrissent dans ces zones, dit Kristyn Ferguson.

Au Manitoba, peu d’espèces animales sont dépendantes des hommes, ajoute cependant Daniel Dupont.

Les lapins, ratons laveurs et oiseaux urbains trouveront toujours de quoi se nourrir, ou adapteront leur alimentation.

La situation pourrait susciter par contre des changements de comportement de la part des humains, qui voudront réduire leur impact sur la nature et l’environnement à l’issue du confinement. Ses effets à long terme seront à ce moment-là évidents, conclut le biologiste. 

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