•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'impact de la crise sur les télécommunications régionales

Une femme utilise un téléphone devant un clavier d'ordinateur portable.

L'adoption soudaine du télétravail a entraîné une hausse de l'utilisation des forfaits Internet résidentiels et des appels téléphoniques.

Photo : Getty Images / vorDa

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Bien que le Québec soit sur pause, les fournisseurs de télécommunications sont toujours très en demande en ces temps de pandémie. Certains constatent même que la crise actuelle pourraient avoir des impacts positifs à long terme.

Distanciation physique oblige, les fournisseurs Internet ne permettent plus à leurs techniciens d'entrer dans les résidences des clients.

Ils doivent toutefois continuer d'offrir du soutien technique, particulièrement aux travailleurs de la santé. C'est ce que Daniel Gignac appelle les services à nos anges gardiens.

On entretient des réseaux de communication qui servent à la police, aux ambulances, aux infirmières, aux gens du réseau de la santé alors c'est très important que ce soit maintenu en service présentement, souligne le directeur général des Télécommunications de l'Est.

Plusieurs infirmières s'affairent dans un couloir d'hôpital. (Archives)

Le maintien des télécommunications utilisées dans le domaine de la santé est essentiel. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Avec l'adoption soudaine du télétravail, M. Gignac constate que plusieurs clients ont dû bonifier leur forfait Internet.

C'est aussi ce que remarque le directeur des ventes et technique chez Navigue.com, Sébastien Poirier Arsenault.

« Depuis la mi-mars, on voit la courbe, les enfants qui sont revenus de l'école, qui sont à la maison, les parents qui travaillent de la maison, il y a une augmentation de 20 à 30% du débit de la bande passante. »

— Une citation de  Sébastien Poirier Arsenault, directeur des ventes et technique chez Navigue.com

Or, tous n'ont pas la chance de travailler de la maison. Des clients qui se retrouvent soudainement en situation de précarité financière ont plutôt contacté le fournisseur pour remplacer leur forfait par une option plus économique, observe M. Poirier Arsenault.

Ce dernier remarque également que les détenteurs de forfaits saisonniers dans la région ont demandé leur activation plus tôt cette année.

Beaucoup de gens sont partis de l'extérieur pour venir passer le confinement en Gaspésie avant que les régions ne soient fermées donc il y a eu pas mal de réactivation Internet, explique-t-il.

Les régions, pas toutes égales face au télétravail

Si les besoins liés à Internet ont augmenté, ce sont toutefois les appels téléphoniques qui ont bondi en flèche depuis la mise en place des mesures de confinement.

Le nombre d'appels a doublé depuis le début de la pandémie, observe M. Gignac.

Surtout le jour, les réseaux sont vraiment surchargés. C'est pourquoi ça peut arriver quand vous appelez des gens que ça sonne occupé, indique-t-il.

Une affiche sur laquelle il est inscrit: Nous avons besoin du cellulaire pour notre développement

Une affiche installée à Saint-Mathieu-de-Rioux demande à ce que le réseau cellulaire soit étendu à ce coin du Bas-Saint-Laurent. (Archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

M. Gignac estime que cette situation met en lumière l'accès inégal aux télécommunications à travers le Québec, et par conséquent, l'urgence d'agir pour brancher toutes les communautés.

On est en train de travailler à présenter des offres au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'ici la fin avril pour améliorer les télécommunications dans les régions non desservies dans le cadre des programmes en place, affirme M. Gignac.

Plusieurs secteurs de l'Est-du-Québec, notamment, n'ont toujours pas accès à la téléphonie cellulaire, et très peu d'accès Internet.

« Je pense que tout le monde a réalisé que les télécommunications, c'est essentiel, alors on espère que le CRTC et le gouvernement vont débloquer des fonds plus rapidement que prévu pour combler le fossé numérique et cellulaire dans la région.  »

— Une citation de  Daniel Gignac, directeur général des Télécommunications de l'Est

Il y avait des fonds qui étaient prévus quand même sur plusieurs années, mais je crois qu'ils vont devancer ces fonds-là et approuver plus de projets pour permettre à toutes les entreprises du domaine du cellulaire de déployer des réseaux rapidement. Je crois qu'on a eu la preuve que c'est vraiment essentiel de nos jours d'avoir une couverture cellulaire adéquate sur l'ensemble du territoire, souligne le directeur.

L'achat local, l'espoir des fournisseurs régionaux

Les affaires continuent de rouler, mais les fournisseurs de télécommunications ne sont pas totalement épargnés pour autant par les contrecoups de la pandémie.

Aux Télécommunications de l'Est, environ la moitié des employés sont toujours en poste à temps plein, selon M. Gignac. Tous leurs services liés à la vente au détail ont été mis sur pause en raison de la fermeture des commerces non essentiels.

Une voiture identifiée aux couleurs de la compagnie

Navigue.com est une entreprise gaspésienne fondée en 2007.

Photo : Radio-Canada

Chez Navigue.com, les heures d'ouverture ont été réduites et deux employés ont été mis à pied de façon temporaire. La crise se fait sentir, admet M. Poirier Arsenault, qui espère que la montée de l'achat local pourra profiter à son entreprise, basée dans la Baie-des-Chaleurs.

Je vois déjà que les gens commencent à penser plus au local, et souvent ils se retrouvent à avoir de meilleurs prix, alors ils sont gagnants et ça aide les entreprises locales à mieux respirer. On est prêts à recevoir bien des demandes après la pandémie, assure-t-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !