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COVID-19 : « les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression », dit le FMI

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, anticipe au mieux une « reprise partielle » en 2021.

Photo : Reuters / Remo Casilli

Agence France-Presse

« Les pires conséquences économiques depuis la Grande Dépression » qui a suivi le krach de 1929. C'est le sombre pronostic posé par la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) sur l'impact de la pandémie du coronavirus sur l'économie mondiale.

La croissance mondiale va devenir fortement négative en 2020 , a déclaré Kristalina Georgieva, sans avancer de chiffres.

Il y a tout juste trois mois, nous nous attendions à une croissance du revenu par habitant pour 160 de nos pays membres en 2020. Aujourd'hui, [...] nous projetons que plus de 170 pays vont expérimenter une contraction du revenu par habitant, a-t-elle précisé lors de son discours prononcé en amont des réunions de printemps qui se tiendront en mode virtuel, par vidéoconférence, la semaine prochaine.

Alors que le coronavirus, parti de Chine fin 2019, n'en finit pas de se propager dans le monde, les pays sont confrontés à une incertitude extraordinaire sur la profondeur et la durée de cette crise , a insisté Mme Georgieva.

En conséquence, le FMI anticipe au mieux une reprise partielle en 2021, à condition que la pandémie s'estompe au second semestre de cette année et que les mesures de confinement puissent être levées pour permettre une réouverture des commerces, des restaurants, une reprise du tourisme et de la consommation.

Mais si la pandémie devait durer, 2021 pourrait s'avérer pire que 2020.

Un homme portant un masque et une caisse marche à Singapour.

Partout sur la planète, ce sont les travailleurs précaires qui sont le plus à risque d'attraper la COVID-19.

Photo : Reuters / Edgar Su

Les travailleurs précaires fragilisés

Sans surprise, ce sont les travailleurs les plus précaires qui souffrent le plus. Aux États-Unis, ce sont 10 millions de personnes qui ont touché au chômage pour les deux dernières semaines de mars.

Les pays à faibles revenus ou émergents en Afrique, en Amérique latine et en Asie sont à haut risque , a en outre poursuivi Mme Georgieva.

Au cours des deux derniers mois, les sorties de capitaux depuis les économies émergentes se sont élevées à quelque 100 milliards de dollars, soit plus du triple que pour la période équivalente de la crise financière de 2008.

Bien que l'impact économique soit particulièrement sévère, Kristalina Georgieva a estimé qu'il n'y avait pas de dilemme à avoir entre sauver la vie des populations et sauvegarder les moyens de subsistance.

Nous devons combattre le virus et protéger les gens, c'est d'abord et avant tout une tragédie humaine, a insisté la dirigeante lors d'une conférence virtuelle. C'est la priorité numéro 1.

Parce qu'il s'agit d'une crise sanitaire, il faut tout faire pour soutenir le personnel soignant et les systèmes de santé, a-t-elle opiné.

Plus nous combattons le virus rapidement, plus la reprise peut commencer rapidement, a-t-elle poursuivi.

Et parce que c'est un événement si dramatique, si gigantesque – virtuellement, un arrêt de l'économie mondiale –, il faut des mesures massives ciblées, a-t-elle estimé, citant les subventions salariales, les reports d'impôts, l'extension de l'assurance chômage et l'aide aux entreprises les plus fragiles.

Elle a aussi souligné l'apport des Banques centrales, dont l'institution américaine, la Fed, qui font un travail héroïque en injectant des milliers de milliards de dollars.

Nous devons éviter que des pressions sur les liquidités ne se transforment en problème de solvabilité, ce qui laisserait une cicatrice sur l'économie mondiale qui rendrait bien plus difficile la reprise.

Elle a aussi appelé les gouvernements à préparer la reprise. Ceci nécessite d'envisager « avec prudence » le moment où les restrictions seront levées.

Selon elle, à mesure que les plans de stabilisation de l'économie vont prendre effet et que l'activité des entreprises va commencer à se normaliser, il faudra agir rapidement pour dynamiser la demande , via une action budgétaire coordonnée.

1000 milliards disponibles

Le FMI a rappelé qu'il disposait de 1000 milliards de dollars de capacités de prêt.

Le Fonds a aussi comptabilisé que les pays avaient pris des mesures d'aide économique représentant au total environ 8000 milliards de dollars.

Aux États-Unis, première économie du monde, le président Donald Trump a déjà promulgué un gigantesque paquet d'aides de 2200 milliards de dollars. Pour autant, avec l'arrêt forcé de l'activité d'une multitude de petites entreprises, certains économistes s'attendent à une contraction du produit intérieur brut (PIB) allant jusqu'à 15 % au deuxième trimestre.

En France, les premières données ont fait apparaître un effondrement du PIB de 6 % au premier trimestre, soit la pire performance trimestrielle depuis 1945.

Parallèlement, les principaux instituts économiques allemands ont prévu que l'Allemagne, principale économie de la zone euro, plonge de 9,8 % au deuxième trimestre, soit le double de la contraction enregistrée au premier trimestre 2009 ayant suivi la crise financière.

Le FMI doit publier mardi prochain ses prévisions chiffrées pour les principaux pays et régions du monde.

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