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L'économie canadienne perd plus d'un million d'emplois

Le nombre de chômeurs s'est accru de 413 000 (+36,4 %) de février à mars. Cette variation mensuelle de 36,4 % est sans précédent depuis 1976.

Des gens font la file dans un bureau.

Des Montréalais faisaient la file devant un bureau de Service Canada, le 19 mars. Il était alors toujours possible de présenter une demande d'assurance-emploi en personne. Les bureaux ont finalement été fermés le 28 mars.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Radio-Canada

Le taux de chômage au Canada est passé à 7,8 % en mars, en hausse de 2,2 points de pourcentage par rapport à février, révèle jeudi Statistique Canada. Un million d'emplois ont été perdus.

Il s'agit de la plus forte hausse mensuelle jamais enregistrée, portant le taux de chômage à un niveau observé pour la dernière fois en octobre 2010, indique l'agence fédérale.

Le nombre de chômeurs s'est accru de 413 000 de février à mars. Cette variation mensuelle de 36,4 % est sans précédent depuis 1976, année où ces données comparables ont commencé à être publiées.

Presque toute la hausse du nombre de chômeurs est attribuable aux mises à pied temporaires, ce qui signifie que les travailleurs envisageaient de reprendre leur emploi dans les six mois à venir, ajoute Statistique Canada.

L'emploi a cependant diminué de plus de 1 million (-5,3 % par rapport à février), de sorte que le taux d'emploi atteint maintenant son plus bas niveau depuis avril 1997.

Ce taux, qui mesure la proportion de personnes de 15 ans et plus qui occupent un emploi, a baissé de 3,3 points de pourcentage pour s'établir à 58,5 %.

CHÔMAGE

Les pertes d'emploi les plus importantes sont signalées dans le secteur privé. Les Canadiens occupant des emplois précaires et de moindres qualités, et particulièrement les jeunes de 15 à 24 ans, sont les plus touchés.

Les secteurs les plus touchés sont les services d'hébergement et de restauration (-23,9 %), l'information, la culture et les loisirs (-13,3 %), l'enseignement (-9,1 %) ainsi que le commerce de gros et de détail (-7,2 %).

Le Québec durement touché

Dans les provinces, les hausses les plus marquées du taux de chômage sont observées au Québec (8,1 %, +3,6 points de pourcentage), en Colombie-Britannique (7,2 %, +2,2 points) et en Ontario (7,6 %, +2,1 points).

Au Québec, 264 000 emplois ont été perdus, un recul de 6 % ce qui en fait la province la plus touchée à ce chapitre. L'emploi à temps partiel s'est effondré de plus de 21 % en un mois comparativement à 2,6 % pour l'emploi à temps plein.

Le taux de chômage a aussi augmenté dans les trois provinces des Maritimes. Il est passé à 8,8 % au Nouveau-Brunswick (+1,9 point), à 9 % en Nouvelle-Écosse (+1,2 point) et à 8,6 % à l'Île-du-Prince-Édouard (+0,6 point).

La situation n'est plus rose dans les Prairies, avec des taux de chômage de 8,7 % en Alberta (+1,5 point), de 7,3 % en Saskatchewan (+1,1 point) et 6,4 % au Manitoba (+1,4 point) 6,4 %.

À Terre-Neuve-et-Labrador, Statistique Canada signale que le taux de chômage a reculé, de 12 % en février à 11,7 % le mois dernier.

Le pire est à venir

Statistique Canada souligne que la période de référence utilisée dans son Enquête sur la population active va du 15 au 21 mars, date à laquelle des mesures draconiennes visant à endiguer la propagation de la COVID-19 étaient en vigueur.

Ces mesures – fermetures d'entreprise, restriction des voyages, distanciation sociale, etc. – ont provoqué un ralentissement spectaculaire de l'activité économique et un choc soudain sur le marché du travail.

N'empêche, les économistes préviennent d'ores et déjà que les chiffres seront encore plus élevés en avril, des millions de Canadiens ayant dû demander une aide d'urgence du gouvernement fédéral.

Cette aide ne passe cependant plus nécessairement par l'assurance-emploi, le gouvernement Trudeau ayant créé une nouvelle Prestation canadienne d'urgence pour les gens touchés par la COVID-19.

Statistique Canada signale en outre qu'au chapitre des heures perdues, une donnée qu'elle compile depuis 1997, la baisse soudaine de l'activité économique observée en mars est sans précédent depuis la tempête du verglas de 1998.

Les Américains au chômage par millions

Aux États-Unis, le département du Travail a pour sa part dévoilé que 6,6 millions d'Américains ont présenté une demande d'assurance-emploi lors de la semaine qui s'est terminée le 4 avril.

Ce nombre de nouveaux demandeurs d'allocations est bien supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient sur une augmentation de 5 millions.

Il s'agit d'une très légère baisse par rapport à la semaine précédente, qui détient toujours le record historique de plus de 6,8 millions de nouveaux demandeurs d'assurance-emploi, selon un chiffre revu à la hausse par le département.

En trois semaines, ce sont donc 16,7 millions de personnes qui ont soumis une demande d'assurance-emploi, du jamais vu.

Le président de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a convenu jeudi que le taux de chômage monte à une vitesse alarmante, mais a jugé que cela n'était que temporaire.

Il y a toutes les raisons de penser que la reprise économique sera solide aux États-Unis une fois que la crise sera terminée, a-t-il affirmé lors d'une intervention vidéo auprès de la Brookings Institution.

Les investisseurs semblent être de son avis jusqu'à nouvel ordre. Malgré les nouvelles données sur le chômage, les marchés boursiers ont ouvert en hausse, tant à New York qu'à Toronto.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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