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Un yo-yo de distanciation sociale pendant 2 ans, suggèrent des chercheurs

L'objectif est de gagner du temps en attendant un vaccin.

Deux aînés portant un masque passent devant un musée fermé à Toronto.

De plus en plus de personnes portent un masque à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Des scientifiques ontariens recommandent des assouplissements périodiques des mesures de confinement actuelles pour lutter contre la COVID-19 sans tuer l'économie.

Ces chercheurs des universités de Toronto et de Guelph prédisent, grâce à une modélisation mathématique, que 56 % des Ontariens vont contracter le coronavirus d'ici 2 ans.

Si rien n'est fait, jusqu'à 107 000 Ontariens seraient hospitalisés au sommet de la courbe, y compris 55 000 nécessitant des soins intensifs, selon l'étude.

Or, la province n'a qu'environ 2000 lits aux soins intensifs actuellement.

Pour éviter que le système de santé soit débordé, la professeure en épidémiologie de l'Université de Toronto et auteure principale de l'étude Ashleigh Tuite recommande de coordonner tout assouplissement des mesures de distanciation sociale avec le taux d'occupation des lits aux soins intensifs.

En d'autres mots, la santé publique pourrait relâcher partiellement les restrictions lorsqu'il y a moins de malades et les resserrer quand les hôpitaux deviennent engorgés.

Plutôt que d'avoir une courbe avec des hauts et des bas prononcés, on étalerait ces variations dans le temps.

Ashleigh Tuite, auteure principale de l'étude

L'étude a été soumise au Journal de l'Association médicale canadienne à la fin du mois de mars, mais n'a pas encore été révisée par des pairs.

En attendant un vaccin

La chercheuse Amy Greer, de l'Université de Guelph, explique que cette approche du yo-yo du confinement vise à gagner du temps, jusqu'à la mise au point d'un vaccin contre le coronavirus, ce qui pourrait prendre plus d'un an.

On ne peut pas maintenir des mesures strictes de distanciation physique à long terme et attendre qu'un vaccin soit disponible.

Amy Greer, spécialiste en modélisation des maladies à l'Université de Guelph

Des centaines de milliers de Canadiens ont déjà perdu leur emploi à cause des mesures de confinement. La COVID-19 frappe de plein fouet l'industrie touristique, notamment, et a déjà mené à l'annulation d'événements majeurs comme le festival Caribana à Toronto cet été.

Comment décider quand?

Le professeur en mathématiques et en biologie Ben Bolker, de l'Université McMaster, qui n'a pas participé à l'étude, est d'accord avec ses recommandations, mais il reste à voir, souligne-t-il, comment le gouvernement et les bureaucrates pourront mettre en place de tels assouplissements périodiques.

C'est la partie difficile, note-t-il.

Une solution possible selon lui serait de modifier les directives concernant le maximum de personnes pouvant se trouver ensemble. Actuellement, tout rassemblement de plus de cinq personnes est interdit en Ontario.

Les professeurs Bolker et Tuite affirment que l'augmentation des tests de dépistage promise par la province permettra aux autorités de mieux identifier les éclosions et donc de cibler ses mesures d'isolement.

C'est épouvantable de voir que l'économie devra être bouclée pendant encore un certain temps, affirme le professeur Bolker. Mais durant cette période, nous pourrons recueillir des données et déterminer comment sortir de la crise.

Pour sa part, le professeur d'économie à la retraite Atif Kubursi affirme que l'étude est un point de départ, mais il la trouve « un peu simpliste ».

Je ne sais pas à quel point il est possible de redémarrer puis d'éteindre l'économie à répétition, dit l'ancien professeur de l'Université McMaster. Mais j'imagine qu'on pourrait désigner plus de commerces comme étant essentiels.

Il espère voir d'autres chercheurs se pencher sur la question.

Avec les informations de La Presse canadienne

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